20 Minutes France n°3484 22 nov 2019
20 Minutes France n°3484 22 nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3484 de 22 nov 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'embarras politique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ActuAlité Des politiques très frileux Engagement Les lanceurs d’alerte se heurtent souvent à l’immobilisme des élus A l’occasion du salon « Des livres et l’alerte », qui commence ce vendredi à Montreuil, 20 Minutes consacre une série aux lanceurs d’alerte. Il y a six mois, le Conseil de l’Europe a organisé un colloque sur les lanceurs d’alerte, à Strasbourg. Il avait même invité Edward Snowden, l’ex-employé de la NSA, l’agence américaine de renseignement. Mais bien sûr, il était en visioconférence. En 2013, après avoir révélé l’existence d’un système mondial de surveillance des télécommunications par les Etats-Unis, l’Américain a demandé l’asile à une dizaine d’Etats européens, dont la France, en vain, avant de se réfugier en Russie. « On est en décalage complet par rapport aux valeurs qu’on porte. » Nathalie Loiseau, eurodéputée « Aucun pays européen n’a donné l’asile à Snowden. On est en décalage complet par rapport aux valeurs qu’on porte », a reconnu l’eurodéputée La République en marche Nathalie Loiseau. Le cas Snowden, aussi exceptionnel soit-il, est emblématique du sort réservé aux lanceurs d’alerte par le monde politique. Entre réticences, frilosité, ou récupération, les élus et dirigeants politiques ont parfois du mal avec l’irruption de ces nouveaux acteurs démocratiques. En France, il y a pourtant eu des avancées législatives avec notamment la loi un rassemblement, à lyon, contre la pauvreté étudiante, le 12 novembre. H. Amaral/Sopa Images/Sipa U F. Giraud/Sipa Edward Snowden en visioconférence au Web Summit le 4 novembre. Sapin 2, qui définit leur statut. « Une partie des politiques est plutôt hostile aux lanceurs d’alerte, car elle préfère des formes d’expertises plus verticales », analyse Olivier Leclerc, directeur de recherche au CNRS. Autre facteur de réticence, la question du principe de précaution. « Les lanceurs d’alerte en France ont d’abord révélé des risques pour la santé et l’environnement, ce qui s’inscrit dans ce principe de précaution, auquel une partie de la classe politique est très hostile, estimant qu’il nuit à l’innovation. » Dans la même optique, le chercheur souligne les inquiétudes d’élus vis-àvis « de l’activité économique mise en danger par des dénonciations qui pourraient s’avérer farfelues ». « Le point commun des Etats frileux sur le sujet, c’est la peur qu’une surprotection des lanceurs d’alerte expose injustement des intérêts puissants », abonde le député de la majorité Sylvain Waserman, qui travaille à renforcer leur protection, au niveau européen. « C’est la peur d’un grand bazar, mais c’est injustifié », assure-t-il. L’Union européenne a adopté en octobre une directive prévoyant de renforcer la protection des lanceurs d’alerte en leur évitant des représailles. « On a deux ans pour la transposer, et je pense qu’il faut la surtransposer », affirme Sylvain Waserman, qui prépare déjà le terrain législatif. Laure Cometti La réforme des allocations logement va « davantage précariser les jeunes » Solidarités A partir de janvier 2020, les aides personnalisées au logement (APL) seront calculées sur la base des revenus des douze mois précédents et seront réévaluées chaque trimestre. Ce nouveau système va pénaliser les jeunes ayant tout juste commencé à travailler, estime Claude Garcera, président de l’Union nationale pour l’habitat des jeunes (Unhaj). Ainsi, « un jeune isolé de moins de 25 ans entrant dans la vie active avec un revenu de 750 € , qui paye 400 € pour son logement, perdrait de l’ordre de 1 200 € d’APL sur l’année avec la réforme, explique Claude Garcera. Certains jeunes vont se retrouver dans des situations très délicates, notamment ceux qui ont souscrit un crédit ». « A cause de cette réforme et celle de l’assurance chômage, davantage de jeunes seront précarisés et assignés à résidence chez leurs parents », dénonce-t-il. Le président de l’Unhaj plaide pour un régime dérogatoire pour les moins de 25 ans ayant un revenu mensuel moyen sur un an inférieur à 1 326 € . Delphine Bancaud 8 Vendredi 22 novembre 2019 Nétanyahou inculpé pour corruption Israël Après des mois de suspense, Benjamin Nétanyahou est devenu jeudi soir le premier chef de gouvernement de l’histoire d’Israël inculpé pour corruption pendant son règne, le plus long pour un Premier ministre depuis la naissance de l’Etat hébreu (treize ans au total). Cette annonce du procureur général Avichaï Mandelblit, un électrochoc en Israël, intervient quelques heures à peine après que le président du pays a mandaté le Parlement pour trouver un Premier ministre, Nétanyahou et son rival Benny Gantz ayant chacun échoué à former un gouvernement. Le procureur « a décidé d’inculper Benjamin Nétanyahou pour corruption, fraude et abus de confiance dans « l’affaire des 4000 » ». Le Premier ministre a réagi en dénonçant de « fausses accusations motivées politiquement ». La justice le soupçonne d’avoir accordé des faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars au patron de Bezeq, un groupe de télécoms, en échange d’une couverture médiatique favorable d’un des médias de ce groupe, le site Walla. Feu vert de l’Assemblée nationale à un amendement « Lubrizol ». L’Assemblée nationale s’est prononcée jeudi en faveur d’une information des maires par le préfet lorsqu’il prend la direction des opérations de secours en cas d’événement grave, une « des premières réponses concrètes » à « l’après-Lubrizol », selon le gouvernement. La CFDT-Cheminots approuve la grève reconductible. A l’issue d’une réunion infructueuse avec le hautcommissaire aux Retraites, Jean- Paul Delevoye, la CFDT-Cheminots a annoncé jeudi son intention de déposer, à partir du 5 décembre, un préavis de grève reconductible. L’objectif est de « peser dans le rapport de force en cours » contre la réforme des retraites. Coup d’envoi du processus d’attribution des fréquences 5G. L’Autorité française de régulation des télécoms a lancé, jeudi, la procédure d’enchères attendue par les opérateurs pour les fréquences qui seront utilisées en 5G.
ActuAlité L’alibi de Michel Fourniret contredit Affaire Estelle Mouzin Monique Olivier est revenue, jeudi, sur son témoignage, qui mettait hors de cause son ex-mari le jour de la disparition C’était il y a tout juste un an... Jugée avec son ex-mari Michel Fourniret pour le meurtre de Farida Hammiche, Monique Olivier venait d’avouer à la cour d’assises des Yvelines, à Versailles, qu’elle n’en pouvait plus d’être « hantée » chaque nuit par « les cris des petites filles ». Dans une supplique plus que dans une plaidoirie, l’avocate Corinne Herrmannl’avait alors invitée à parler, à balancer pour « faire enfin cesser ces cris ». « Il faut garder la tête froide » Il aura donc fallu un an. Mais finalement, Monique Olivier l’a prise au mot. Ce jeudi, devant la juge Khéris, elle a donc contredit l’alibi dont disposait son ex-mari, Michel Fourniret, le jour de la disparition de la petite Estelle Mouzin, 9 ans, survenue le 9 janvier 2003, à Guermantes (Seine-et-Marne). Il a toujours expliqué qu’il ne pouvait pas être en région parisienne ce jour-là puisqu’il avait passé un coup de téléphone depuis sa maison belge de Sart- Custinne à son fils, Jean-Christophe, afin de lui souhaiter un joyeux anniversaire. Monique Olivier a indiqué que c’était en fait elle qui avait passé le fameux appel. « Il faut garder la tête froide », a immédiatement réagi Didier Seban, l’avocat d’Eric Mouzin, le père de la petite Estelle. Et pourtant, il y a beaucoup de raisons de penser que Monique Olivier n’a pas parlé pour rien devant la juge. D’abord parce que c’est elle qui, en 2004, a pour la première fois balancé les premiers meurtres commis par son mari au bout du… 121 e interrogatoire. Surtout parce que Monique Olivier avait annoncé son coup. Selon nos informations, elle avait indiqué à la juge F. Nascimbeni/AFP Khéris le 5 février 2018 qu’elle souhaitait désormais parler du dossier Estelle Mouzin « compte tenu du temps qui passe » et « pour les familles des victimes ». Là encore, ce n’était pas par hasard  : la magistrate parisienne a su tisser un lien de confiance avec l’exfemme du tueur… Aujourd’hui âgée de 71 ans, Monique Olivier a changé. Elle n’est plus la femme soumise chargée de « livrer des vierges » à son pervers de mari. La preuve ? Lors de la récente reconstitution des meurtres de Joanna Parrish et de Marie-Angèle Domèce, elle s’est permis de sermonner l’Ogre des Ardennes. « Bon ! Tu vas dire 9 Vendredi 22 novembre 2019 Monique Olivier, en 2008, à la cour d’assises de charleville-Mézières. ce que tu sais maintenant ! Que l’on puisse passer à autre chose... », lui a-t-elle balancé en substance. Le tueur en série n’a pas cillé. Affaibli par l’âge, souffrant d’une légère dégénérescence, Michel Fourniret n’existe plus aujourd’hui qu’à travers les rendez-vous que lui offre la justice, qui n’a pas fini de compter ses victimes. Mercredi 27 novembre, ce sera donc à son tour de se poser dans le bureau de la juge pour parler d’Estelle Mouzin. La magistrate est aussi parvenue à le mettre en confiance. De quoi le faire passer aux aveux ? Vincent Vantighem



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