20 Minutes France n°3481 18 nov 2019
20 Minutes France n°3481 18 nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3481 de 18 nov 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : proscrire plus, guérir mieux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ActuALité Manœuvres contre l’antibiorésistance Santé Le mésusage des antibiotiques et la tolérance aux bactéries qui en résulte pourrait provoquer d’ici à 2050 des millions de morts « Les antibiotiques, c’est pas automatique. » La campagne de prévention lancée en 2002 par le gouvernement avait plutôt bien marché. Pourtant, aujourd’hui encore, les Français restent accros à ces médicaments qui ralentissent la croissance des bactéries et se classent à la 8 e place des pays les plus gros consommateurs au monde, selon des chiffres de 2015. Un attachement qui n’est pas sans conséquence, puisque le mésusage des antibiotiques favorise l’antibiorésistance  : les bactéries évoluent et deviennent résistantes aux traitements antibiotiques. Les infections sont alors bien plus difficiles à soigner. Or, l’antibiorésistance « constitue l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale », avertit l’Organisation mondiale de la santé (OMS), alors que débute ce lundi la Semaine mondiale pour le bon usage des antibiotiques. Chaque année, en France, l’antibiorésistance serait la cause de 12 500 décès, selon les chiffres du rapport Consommation d’antibiotiques et antibiorésistance en France en 2017, présenté par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Et, en Europe, ce sont 33 000 patients qui perdent la vie chaque année des suites d’une infection antibiorésistante. Sans politique globale adaptée, elle ce mésusage se transformera en bombe à retardement. Vaccination, hygiène... Si l’on ne parvient pas à trouver des solutions efficaces, « en 2050, l’antibiorésistance pourrait provoquer jusqu’à 10 millions de morts », alerte Suneet Varma, président de l’activité hôpital chez Pfizer Monde. Pour accompagner une utilisation plus juste des antibios, J. Pouzet/Sipa La délivrance à l’unité est une piste pour limiter l’automédication. « peut-être faut-il revoir leur packaging, avec une délivrance à l’unité, pour éviter de conserver un stock que l’on réutilise en automédication, suggère France Roblot, cheffe de service de l’unité des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Poitiers. C’est pourquoi il faut prescrire moins, mieux, avec les justes doses et durée de traitement, et sensibiliser les patients à une meilleure observance thérapeutique. » Une autre piste pour réduire la consommation d’antibiotiques serait de développer l’usage des Trod, les tests rapides d’orientation diagnostique. Boudés aujourd’hui, ils permettent pourtant au médecin de savoir en quelques minutes si 8 Lundi 18 novembre 2019 une angine est bactérienne (auquel cas les antibiotiques sont nécessaires) ou virale. Autre possibilité  : s’attaquer au mal par la racine. « L’hygiène des mains est un principe simple, mais extrêmement efficace dans la lutte contre les bactéries résistantes », souligne la P r France Roblot. Prévenir l’antibiorésistance implique aussi « de développer de nouveaux antibiotiques », comme les antitoxines ou encore la phagothérapie, qui consiste à utiliser des virus tueurs de bactéries. France Roblot insiste toutefois  : « L’un des meilleurs outils de prévention reste la vaccination, de la population générale et des personnels soignants. » Anissa Boumediene Les twittos, vigies des séismes Internet Le hasard. La semaine passée, trois séismes (l’un en Ardèche, deux consécutifs à Strasbourg) se sont produits alors que le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) présentait Suricate-Nat*, plateforme qui a pour principe de transformer Twitter en véritable détecteur de catastrophes naturelles. Les concepteurs du site ont créé un algorithme permettant de repérer, regrouper et analyser tous les « gazouillis » des personnes qui font face à un séisme ou à une inondation. Les internautes agissent alors comme des veilleurs, d’où le nom de la plateforme  : la contraction de « suricate », petit animal considéré comme une « vigie du désert », et de « Catnat », désignation française de « catastrophe naturelle ». Dans le même temps, les twittos identifiés comme témoins reçoivent des conseils pour se mettre à l’abri, comme « Evacuez d’abord, vous twitterez après. » Ensuite, d’éventuels ajouts d’informations leur sont réclamés. Notamment des images, pour se rendre compte des effets de la catastrophe. A terme, tous ces retours pourraient apporter une aide précieuse dans l’organisation et les besoins des secours. « Mais ils ne remplacent pas l’expertise humaine (sismologue, pompiers…). J. Pachoud/AFP Car le ressenti des témoins est souvent biaisé », insiste Eléonore Stutzmann, sismologue à l’Institut de physique du globe de Paris. Samuel Auclair, sismologue du projet Suricate-Nat, encourage les citoyens à se rendre sur le site de Suricate-Nat et à participer au classement des messages. Ils contribueront ainsi à l’apprentissage de l’intelligence artificielle derrière l’algorithme. Romarik Le Dourneuf * http://www.suricatenat.fr/Suricate-Nat/A teil, lundi dernier, après le séisme.



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