20 Minutes France n°3476 8 nov 2019
20 Minutes France n°3476 8 nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3476 de 8 nov 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'Est muré dans ses doutes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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P. Guyot/AFP 20 MINUTES AVEC Francis Hallé, défenseur d’un écosystème oublié Le botaniste souhaite recréer une forêt qui n’aura pas été défrichée, exploitée ou modifiée de quelconque façon par l’homme. Ce vendredi est inauguré le onzième parc national français, celui des Forêts de Champagne et Bourgogne. Une bonne nouvelle, huit ans après celui des Calanques ? Le botaniste Francis Hallé, spécialiste des arbres, porte un projet plus ambitieux  : celui de recréer en Europe des forêts primaires, en sanctuarisant 65 000 hectares. Avec 3 100 hectares de réserve intégrale, la création de ce nouveau parc national va-telle dans le bon sens ? Bien entendu, c’est une bonne nouvelle. Il n’y a jamais trop de zones naturelles protégées. En France, il y a 17 millions d’hectares de forêt, qui couvre 31% du territoire. Cette superficie progresse de 0,7% par an depuis les années 1980. La forêt française se porte-t-elle bien ? Si on reste à l’échelle de l’Europe, disons qu’on s’en sort plutôt bien. Le Royaume-Uni est aujourd’hui quasiment dépourvu de forêts. Celles-ci ne couvrent que 11,76% du territoire. C’est pire encore aux Pays-Bas (8,79%). Mais ce qui m’inquiète surtout est la quasi-disparition des forêts primaires en Europe. J’entends par « primaires » des forêts qui n’ont été ni défrichées, ni exploitées, ni modifiées de façon quelconque par l’homme. A l’échelle du globe, elles sont en nette régression  : en Amazonie, dans le bassin du Congo et en Indonésie. Mais elles ne sont pas réservées aux zones tropicales. On en trouve aussi dans le Grand Nord canadien ou dans le nord de la Russie. Dans la plaine européenne, il n’y en a « Ce sont des sommets de biodiversité et d’esthétique. » plus depuis les années 1850 environ. Nos ancêtres ne les ont pas protégées. On avait besoin de bois, de terres agricoles, de terrains pour l’urbanisation. Il n’y a qu’une seule exception  : la forêt primaire de Bialowieza, dans l’est de la Pologne. Mais bien qu’inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, l’actuel gouvernement polonais autorise aujourd’hui son exploitation malgré les rappels à l’ordre de l’Union européenne. C’est le sens de votre appel à reconstruire de grandes forêts primaires en Europe, lancé dans les colonnes du Monde en octobre ? Tout à fait. Les Européens ne savent plus ce qu’est une forêt primaire. La conscience même qu’il y en avait en Europe a disparu. C’est bien dommage. Il suffit de marcher cinq minutes dans la forêt de Bialowieza pour se rendre compte qu’une forêt primaire n’a rien à voir avec celles que nous connaissons. Ce sont des sommets de biodiversité et d’esthétique. Vous êtes entourés d’arbres immenses et d’une faune incroyable. Quel serait votre plan pour r econstruire des forêts primaires en Europe ? Déjà, il n’est jamais trop tard pour reconstruire une forêt primaire, et il n’est pas obligatoire de repartir d’un sol nu. Une forêt existante que l’on préserverait quasiment de toutes activités humaines pourrait retrouver son caractère primaire. Nous proposons, avec l’association Francis 10 Vendredi 8 novembre 2019 « Il n’est jamais trop tard pour reconstruire une forêt primaire en Europe » « On parle d’un projet avec un suivi sur plusieurs siècles. » Hallé pour une forêt primaire, de sanctuariser un ensemble de forêts déjà existantes sur 65.000 ha, soit la superficie de la forêt de Bialowieza. Cet espace forestier serait laissé en libre évolution. Il n’y aurait ainsi ni plantation de jeunes arbres, ni évacuation de troncs tombés, ni chasse, ni braconnage, ni récolte, pas d’ouvertures de pistes, et les visites seraient réglementées. Où en est le projet ? Nous avons envoyé deux courriers pour exposer notre projet à Emmanuel Macron et à Antonio Guterres [secrétaire général des Nations unies] fin septembre, à l’occasion du sommet de l’ONU sur le climat. La réponse du premier a Environnement Chaque vendredi, un témoin commente un phénomène de société Le contexte Avec ce onzième parc national, Emmanuel Macron avance vers sa promesse d’atteindre 30% d’aires protégées sur le territoire d’ici à 2022. Un rapport alarmant de l’ONU a estimé à un million le nombre d’espèces animales et végétales menacées de disparition. été satisfaisante. Il nous a fait savoir qu’il envisageait de porter ce projet au niveau européen. C’est l’un de nos souhaits en effet  : que ces 65 000 ha de forêts primaires soient à cheval sur plusieurs pays. Il reste à identifier un site qui pourrait l’accueillir. On parle d’un projet intergénérationnel qui nécessitera un suivi de plusieurs siècles. Si on échoue, cela voudrait dire que l’être humain est vraiment nul. Mais je reste optimiste, nous en sommes capables ! Propos recueillis par Fabrice Pouliquen
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