20 Minutes France n°3476 8 nov 2019
20 Minutes France n°3476 8 nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3476 de 8 nov 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'Est muré dans ses doutes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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J.-F. Tessier ActuAlité Une réunification, des inégalités Allemagne Trente ans après la chute du mur de Berlin, l’est du pays se sent toujours un peu à l’écart Des ouvriers s’affairent, une grue grince. A Erfurt, capitale de la Thuringe, dans le centre de l’Allemagne, la mosaïque de l’artiste communiste Josep Renau a retrouvé sa place. Elle est l’un des seuls vestiges du centre culturel qui faisait la fierté du quartier, au temps de la République démocratique allemande (RDA). Il est aujourd’hui remplacé par un immense centre commercial, dont les clients semblent indifférents au retour de la fresque monumentale, trente ans après la chute du mur de Berlin, célébrée samedi. Autre rare vestige de l’ère communiste, une ancienne prison de la Stasi, la police politique du régime, transformée en musée très pédagogique. A sa sortie, on croise Matthias Sengewald, un des militants qui a participé aux manifestations dès l’automne 1989. Aujourd’hui, il se « Ici, les gens ont l’air moins heureux qu’à l’Ouest. » Levin, étudiant sent le « devoir de s’impliquer » pour la démocratie, et contre l’Alternative pour l’Allemagne (AfD). Aux élections régionales, fin octobre, le parti, situé à l’extrême droite, a engrangé 22% des voix dans le land, en deuxième position derrière le parti de gauche Die Linke. Signe que l’idée de l’AfD selon laquelle l’Etat fédéral a « abandonné » les régions de l’Est a porté ses fruits ? « Ici, les gens ont l’air moins heureux qu’à l’Ouest, et ils le 9 novembre 1989, des Allemands de l’Ouest accueillent ceux de l’Est. J. Meyer/AFP/Sipa ##JEV#114-79-https://tinyurl.com/y3brlc74##JEV# la mosaïque de l’artiste communiste Josep Renau a retrouvé sa place d’origine à Erfurt, ex-commune de RDA, dans le land de thuringe. blâment le système », observe Levin, étudiant de 22 ans. Le système a un nom  : le Treuhand, qui a privatisé les biens de l’ex- RDA après la réunification  : « De nombreux habitants d’ici se sont retrouvés au chômage, le Treuhand est un traumatisme collectif », estime Volker Hinck, militant de 39 ans de Die Linke. Professeure d’histoire à Erfurt, Christiane Kuller développe  : « La réunification a été un processus bien plus douloureux pour les habitants de l’Est qu’on a voulu le dire pendant longtemps. Maintenant, les gens veulent faire entendre leur voix, raconter leur histoire, voir leur expérience personnelle soit reconnue. » Même s’il est tombé il y a trente ans, le Mur existe encore  : les salaires sont plus bas dans les régions de l’Est, tout comme les pensions de retraite. L’écart de revenu médian annuel entre les deux Allemagnes était toujours de 3 623 € en 2016. « Ma tante fait une heure de « L’histoire avec un grand H était en marche » Si les images de l’effondrement du Mur ont fait le tour du monde et font désormais partie de l’histoire commune, de nombreuses anecdotes jalonnent les histoires personnelles. En 1989, Jean-François Tessier effectuait son service militaire à Berlin. « J’avais participé à une patrouille le long du avec vous Mur quelques mois auparavant, je pensais que l’ouverture était impossible, se souvient ce lecteur de 20 Minutes. Je pense que personne ne s’y attendait. L’allégresse a duré plusieurs jours  : des gens voiture chaque jour pour aller travailler à l’Ouest, car elle y est bien mieux payée qu’elle ne le serait ici », raconte Elisa, 24 ans. Autre décalage, pointé par tous les habitants d’Erfurt que nous avons rencontrés  : les Allemands de l’Est sont sous-représentés dans les élites économiques, politiques, scientifiques. Pour Christiane Kuller, cela peut expliquer en partie le succès des discours antisystème portés notamment par l’AfD, contre les deux partis traditionnels, la CDU et le SPD. Pourtant, Erfurt et la Thuringe s’en sortent plutôt bien économiquement. Après 1990, la région a développé son industrie automobile et des technologies optiques. En 2017, le taux de chômage s’élevait à 4,4%, à peine au-dessus de la moyenne nationale (3,8%). Sebastian, 30 ans, venu de la banlieue d’Eisenach pour travailler dans la restauration, voit la différence avec sa ville d’origine  : « Les grosses villes s’en sortent bien, mais les s’embrassaient sur le Mur, on accueillait les personnes venues de l’Est… J’ai eu longtemps des frissons en pensant à cette joie, cette liberté. » L’ex-sousofficier se souvient également des files d’attente près des distributeurs, où les Allemands de l’Est pouvaient retirer des « deutsche marks de bienvenue ». Côté Est, justement, Gérard Mady, directeur commercial responsable des pays de cette zone dans l’industrie du lait, avait été reçu par les autorités  : « On sentait un net flottement, les cadres du parti dansaient d’un pied sur l’autre, ne sachant trop ce qu’il se passait. Le soir, nous sommes allés 8 Vendredi 8 novembre 2019 la campagne célébrant les 30 ans de la chute du Mur (enh.). De jeunes Allemands de l’Ouest, venus étudier à Erfurt. plus petites ont des routes abîmées, des transports mauvais, il y a moins de travail… Moi, je suis bien chanceux de ne pas avoir connu la RDA ! Mais je peux comprendre que pas mal de gens aimeraient revenir à cette époque. » Selon une enquête parue en 2018, environ 40% des Thuringeois âgés de 35 à 59 ans pensent que la RDA « avait plus de bons côtés que de mauvais », et près de 50% de ceux âgés de 60 ans et plus. En revanche, deux tiers des 18-25 ans pensent le contraire. Les jeunes, justement, que nous avons croisés sur le campus d’Erfurt, se disent peu concernés par un régime tombé avant leur naissance. Ils ont toutefois conscience que les « inégalités Est- Ouest » perdurent. Mais tous croient, à l’image de Denis, 24 ans, « qu’elles finiront par disparaître… Enfin, j’espère. » De notre envoyée spéciale à Erfurt (Allemagne), Laure Cometti avec quelques collègues français à la porte de Brandebourg. De l’autre côté du Mur, une forte rumeur, des chants et des coups de marteau incessants se faisaient entendre ! Les VoPos [la police] étaient complètement désorganisés et paniqués. Ne sachant trop à qui se vouer, ils partaient puis revenaient au gré des ordres et contre-ordres ! Nous sentions que l’histoire avec un grand H était en marche. » La suite lui aura donné raison. Pierre Cloix A lire aussi S’il n’était pas tombé, à quoi ressemblerait le Mur ? L. Cometti/20 Minutes
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