20 Minutes France n°3449ES 10 sep 2019
20 Minutes France n°3449ES 10 sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3449ES de 10 sep 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 10

  • Taille du fichier PDF : 1,5 Mo

  • Dans ce numéro : le remède passe mal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 2 - 3  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
2 3
ActuAlité Une plateforme de salut méconnue Violences sexuelles Plus de 4 000 signalements ont été traités par le portail gouvernemental lancé il y a un an Quelques mots qui lui ont peut-être sauvé la vie. Le 7 août, Julie* se connecte à la plateforme de signalement de violence sexuelle ou sexiste**, lancée par le gouvernement en novembre. Elle livre à la policière avec qui elle tchate son calvaire. Celui d’une femme victime d’un mari qui devient violent lorsqu’il boit, avec elle, mais aussi avec leurs deux enfants, et même leurs chiens. Cette situation, Julie n’en a jamais parlé à la police. « Il lui interdisait de toucher au téléphone et de sortir de chez elle », explique à 20 Minutes la commandante Sandrine Masson, qui dirige la plateforme. La fonctionnaire s’inquiète quand Julie se déconnecte une première fois, puis une seconde. Est-elle en danger ? Immédiatement, les policiers se mettent en branle pour la localiser, via son adresse IP. Ils découvrent qu’elle se connecte depuis la Somme et contactent leurs collègues d’Amiens. « Comme on était dans le cadre du flagrant délit, on a décidé d’interpeller cet homme », indique le brigadier major Michael Savoye, chef du groupe de protection des personnes vulnérables. L’époux, qui a reconnu les faits, a écopé de quinze mois de prison ferme avec mandat de dépôt. Rafael Ben-Ari/Cham/Newscom/Sipa Julie, elle, a été prise en charge par l’assistante sociale du commissariat. Elle n’est pas la seule à avoir contacté la plateforme de signalement, depuis sa création il y a moins d’un an. Seize policiers affectés Basés à Guyancourt (Yvelines), les 16 policiers expérimentés qui y sont affectés – 8 hommes, 8 femmes – ont déjà traité un peu plus de 4 000 signalements provenant le plus souvent de « femmes majeures », ayant été victimes de violences sexuelles, et qui désirent rester anonymes. « Au départ, elles viennent pour libérer leur parole, remarque Sandrine Masson. On discute avec elles pour les aider à trouver des solutions. On se rend souvent compte qu’elles ont subi un viol et que cette qualification peut être retenue. » En moyenne, les victimes tchatent cinquante-quatre minutes avec ces policiers disponibles pour leur répondre 24 h sur 24, 7 jours sur 7. Il faut parfois discuter avec elles plusieurs fois pour les convaincre d’aller déposer plainte. « On prévient alors le service territorialement compétent, qui reprend contact avec la victime au téléphone. Ce qui lui permet de se rendre plus tard au commissariat sans avoir à expliquer à la personne de l’accueil l’objet de sa venue. Elle indique juste avoir rendez-vous avec l’enquêteur qui, lui, a reçu notre 2 Mardi 10 septembre 2019 le plus souvent, ce sont des femmes ayant été victimes de violences sexuelles qui se connectent à la plateforme. rapport et a connaissance des faits », poursuit Sandrine Masson, rappelant qu’il est préférable de composer le 17 en cas d’urgence. La création de cette plateforme est une bonne chose, souligne Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol. Mais, regrette-t-elle, « elle aurait besoin d’une vraie visibilité (…) Quand on parle du 3919 [violences femmes info], le nombre d’appels augmente. » D’autant, conclut-elle, que, pour lutter contre les violences faites aux femmes, « nous avons besoin de tous les moyens ». Thibaut Chevillard * Le prénom a été changé. ** https://bit.ly/2PXcGdL. La météo en France Les ex-gérants du Cuba Libre, à Rouen, disent tout « assumer » Le Sud-Est sous l’eau et les orages Incendie mortel « Je répondrai à toutes les questions du tribunal. » Au premier jour de leur procès, Le temps orageux, et parfois fortement pluvieux, s’attarde les deux ex-gérants du bar rouennais sur la région Paca avant d’aller Cuba Libre, où 14 personnes ont péri dans un incendie il y a trois ans, ont assuré devant le tribunal correctionnel de vers la Corse. Les Pyrénées sont aussi concernées. En remontant Rouen (Seine-Maritime) qu’ils assumeraient leurs manquements à la sécurité. vers le nord, on trouve un ciel plus lumineux avec des Recroquevillés sur leurs chaises, le températures en légère hausse. regard parfois dans le vide, les prévenus, Nasser et Amirouche Boutrif, deux frères de 48 et 40 ans, dont les casiers judiciaires sont vierges, encourent cinq ans d’emprisonnement et 76 500 € d’amendes. Dans la nuit du 5 au 6 août 2016, les victimes fêtaient les 20 ans d’une jeune femme dans le sous-sol de 24,4 m² de l’établissement aménagé sans autorisation en boîte de nuit, lorsque deux bougies du gâteau d’anniversaire, des fontaines à étincelles, ont enflammé le plafond d’un escalier étroit, bas et très pentu. « Je n’ai jamais pensé qu’un jour ça prendrait feu », a déclaré Amirouche Boutrif, qui avait repris la gérance du bar en 2015. « J’assume les choses qui ont été faites », a-t-il ajouté. Prié de dire par l’un des avocats s’il dissimulait l’utilisation du sous-sol, le prévenu a répondu  : « Je ne le cache pas. » Experts, pompiers, policiers sont appelés à venir témoigner au procès, qui doit durer sept jours. « Tous diront clairement que cette cave, c’est un piège qui s’est refermé sur 14 malheureuses victimes », avait déclaré avant le procès Marc François, avocat de la famille d’une victime décédée.
ActuAlité La fièvre ne baisse pas Urgences Le plan de la ministre de la Santé en faveur du secteur ne satisfait pas syndicats et personnels Douze mesures, 750 millions d’euros sur la table… et beaucoup de questions. Lundi, Agnès Buzyn recevait les représentants des personnels et dirigeants hospitaliers, les syndicats et le collectif Inter-Urgences. Après deux séries d’annonces (mi-juin, puis début septembre), qui n’ont pas mis fin au mouvement social des paramédicaux des urgences, la ministre leur a dévoilé son « plan d’actions » pour la « refondation des urgences » (lire ci-dessous). Un plan inspiré des propositions du député (LREM) de Charent, Thomas Mesnier et du chef du Samu de Paris, Pierre Carli. Mais alors que cette nouvelle réunion semblait être celle de la dernière chance, le mouvement de grève, qui dure depuis six mois et touche la moitié des services d’urgences publics, ne semble pas près de s’arrêter, si l’on en croit les réactions recueillies par 20 Minutes. « Une goutte d’eau » « Cette somme [750 millions d’euros], c’est une goutte d’eau dans l’océan, s’offusque Patrick Bourdillon. Les urgences, c’est le haut de l’iceberg, mais tout l’hôpital est très malade. » Surtout, renchérit le secrétaire fédéral de la CGT Santé, « le principal manque, c’est de savoir d’où vont venir ces financements. Car, si c’est pour déshabiller un autre service, cela revient à transférer le problème. » Le mouvement de grève des paramédicaux avait été lancé avec trois mots d’ordre  : un moratoire sur la fermeture Agnès Buzyn, lundi, lors de la présentation de son plan.L. Venance/AFP E. Feferberg/AFP le mouvement des paramédicaux des urgences dure depuis six mois. des lits en aval, une augmentation de 300 € et 10 000 postes en plus. Sur le premier point, la ministre y semble favorable, mais elle n’évoque pas une ouverture de lits dans les services. « C’est une bouffée d’oxygène, mais ce qui m’inquiète, c’est qu’elle a parlé de conditions, sans préciser lesquelles », relève Mireille Stivala, de la CGT. Pour beaucoup, ce plan oublie l’essentiel, à savoir des effectifs supplémentaires aux urgences, et ailleurs. « Ouvrir un lit, cela veut dire embaucher », rappelle Christophe Prudhomme, représentant de l’Association des médecins urgentistes de France et de la CGT. Et, « s’il n’y a pas de médecins, d’infirmières, d’aides-soignantes en plus dans les Ehpad, par exemple, les personnes âgées continueront d’aller aux urgences, prévient Patrick Bourdillon. Dans six mois, on aura à faire face aux mêmes problèmes, surtout avec l’arrivée de la grippe. » L’autre souci, c’est le manque de généralistes. « La ministre a commencé la réunion en expliquant que le vrai problème, c’était le manque de médecins traitants. Or, elle ne fait rien pour enrayer la désertification », s’agace Jean- Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France. « Il n’y a rien sur les salaires, je ne m’en réjouis pas, mais je ne suis pas surpris », souffle Patrick Bourdillon. Et pour le collectif Inter-Urgences comme pour les syndicats, une augmentation salariale reste une condition sine qua non. Notamment pour rendre plus attractifs des métiers qui peinent à recruter. Jugées trop « vagues », les mesures doivent être discutées ce mardi lors de l’assemblée générale du collectif Inter- Urgences. Oihana Gabriel Une douzaine de mesures dévoilées Acculée par la grève touchant les services d’urgences, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a détaillé lundi un « pacte de refondation » du secteur. Création d’un « service d’accès aux soins », 50 nouvelles maisons médicales de garde, réforme du financement des urgences, prime de 100 € net mensuels pour les assistants de régulation médicales… Quelques nouveautés figurent parmi la douzaine de mesures dévoilées. Une première salve avait été annoncée la semaine dernière  : « l’admission directe » des personnes âgées sans passer par les urgences, la « vidéoassistance » entre les Ehpad et les régulateurs du Samu, ou encore l’envoi d’une ambulance vers un médecin libéral pour les cas les moins graves. Au total, entre 2019 et 2022, « plus de 750 millions d’euros » seront consacrés à ce plan qui vise à désengorger les urgences en s’appuyant davantage sur la médecine de ville et en accélérant les prises en charge. Mais cette somme, puisée dans les crédits existants, n’entraînera pas la hausse de budget réclamée par les grévistes. Comme elle ne prévoit pas non plus l’augmentation du nombre de lits et celle des effectifs, qui comptent parmi les revendications. En vingt ans, la fréquentation des urgences a plus que doublé, atteignant 21,4 millions de passages en 2017. 3 Mardi 10 septembre 2019 Boris Johnson bien servi en déconfiture Brexit Les députés britanniques ont voté lundi soir pour obliger le gouvernement de Boris Johnson à publier des documents confidentiels sur l’impact d’un Brexit sans accord. La motion demandait également la divulgation des échanges entre responsables politiques sur leur plan controversé de suspendre le Parlement pendant cinq semaines, à partir de ce mardi. Mais ce n’était pas le seul camouflet de la journée. Le Premier ministre, qui s’exposait lundi soir à un rejet probable par les députés de législatives anticipées, a vu le président de la Chambre des communes, John Bercow, annoncer qu’il ne se représenterait pas, après dix années au fauteuil de « speaker ». Accusé par les partisans d’un Brexit dur d’avoir outrepassé les règlements parlementaires à leur détriment, il a salué le sens de « l’intérêt national » des membres de la Chambre. Un peu plus tôt, la reine Elisabeth II avait formellement approuvé la loi qui contraint le gouvernement à solliciter un report du Brexit auprès de l’UE. Son approbation était la dernière étape nécessaire à l’entrée en vigueur de ce texte qui vise à empêcher un Brexit sans accord. Le « fossoyeur » de Carlos Ghosn tombe à son tour. Après avoir reconnu avoir perçu une prime indue il y a plusieurs années, Hiroto Saikawa, le directeur général de Nissan, a fait part lundi de sa démission (le 16 septembre). En novembre, le dirigeant avait fustigé « la face obscure » du tout-puissant Carlos Ghosn, qui venait d’être arrêté pour des malversations financières présumées. La Commission européenne proche de la parité. La nouvelle Commission européenne comptera 13 femmes et 14 hommes, une première dans l’histoire de cette institution, selon la liste des candidats approuvée par sa présidente, Ursula von der Leyen. LE CHIFFRE 800 000 personnes mettent fin à leur jour chaque année dans le monde, un taux qui a diminué entre 2010 et 2016, sauf dans la région des Amériques (+6%). Organisation mondiale de la santé

1 2-3 4-5 6-7 8-9 10


Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :