20 Minutes France n°3444 5 jui 2019
20 Minutes France n°3444 5 jui 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3444 de 5 jui 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 9,3 Mo

  • Dans ce numéro : groupe facebook, au mépris des femmes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ActuAlité 8 Vendredi 5 juillet 2019 Un groupe Facebook sexiste inquiété Exclusif Une enquête préliminaire a été ouverte en mai 2018 par le parquet de Paris Dans leurs messages, les femmes ne sont jamais des femmes. Elles sont des « chiennes », des « LV » pour « laveverge » ou « lave-vaisselle », des « salopes » ou des « trous ». Ces propos injurieux et misogynes ont été découverts dans un groupe Facebook fermé intitulé « Femmes indignes 6.0 résurrection ». Interdit aux femmes, ce « cercle » est aujourd’hui dans le viseur de la justice. Le 29 mars 2018, une plainte a été déposée par le Collectif féministe contre le viol. Selon nos informations, une enquête préliminaire pour « injure publique à caractère sexiste » et « incitation publique à la violence en raison du sexe » a été ouverte par le parquet de Paris. Confiée à la brigade de répression de la délinquance sur la personne de la police judiciaire, l’enquête a été clôturée et retournée au parquet, qui doit l’analyser. Sous des photos de femmes prises de dos pendant un acte sexuel, des commentaires dégradants. Début 2017, le groupe « Femmes indignes 6.0 résurrection » comptait près de 56 000 internautes. Objectif des membres  : partager des photos la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa. Captures d’écran Facebook T. Reynaud/Sipa Florilège des commentaires sur ce groupe fermé « Femmes indignes 6.0 résurrection ». lV, lave-verge ou lave-vaisselle, désigne une femme. intimes de femmes pour les humilier. Le registre est toujours le même  : soit les hommes incitent à la violence contre les femmes, soit ils les réduisent à un objet sexuel ou ménager. Sur les captures d’écran consultées par 20 Minutes, on peut voir des photos, très souvent prises de dos, pendant un acte sexuel. Sous ces images, les membres rivalisent de commentaires violents  : « Les traces de ceinture que ça mérite un cul pareil, « C’est la question du rapport à la femme qui est posée ici » En 2017, Marlène Schiappa s’était élevée contre l’existence du groupe « Babylone 2.0 ». Interrogée par 20 Minutes sur le groupe « Femmes indignes 6.0 résurrection », la désormais secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes dénonce un « mépris des femmes incroyable ». Quelle est votre réaction face à l’existence d’un tel groupe ? Hélas, ce n’est pas une surprise. On sait que de tels groupes existent sur les réseaux sociaux, qu’ils sont signalés, supprimés, parfois recréés. Mais le mépris des femmes exprimé dans ce groupe est assez incroyable. Et ce n’est pas une question de morale, c’est une question de droit. Prendre une photo intime d’une femme sans son consentement, putain », écrit l’un d’eux. Contacté, un responsable de Facebook révèle que le groupe a été fermé depuis  : « Il ne respectait pas nos standards de la communauté en matière de nudité et de pornographie. » En mai 2018, la brigade de répression de la délinquance sur la personne a été saisie de l’enquête. Mais les investigations ont été compliquées, faute d’un retour de Facebook sur l’identité des membres du groupe. « C’est la publier, l’assortir d’injures, tout cela tombe sous le coup de la loi. En quoi la proposition de loi du gouvernement sur la cyberhaine pourrait changer quoi que ce soit dans l’existence de ce type de groupe ? Honnêtement, dans le cas de ce groupe, tous les faits, l’injure à caractère sexiste ou l’incitation à la violence, sont déjà punis par la loi. Maintenant, il faut pouvoir faciliter les signalements et développer une modération efficace. Comme dans d’autres dossiers de cyberviolences, les enquêteurs se sont heurtés à l’inertie de Facebook. Comment comptez-vous faire pour que ça ne soit plus le cas ? Il y a deux choses différentes. D’une part, la question de la modération, qui toujours un peu difficile, souffle une source proche du dossier. Jusqu’à maintenant, la plateforme ne s’est pas manifestée de façon positive. On se heurte au fait que le site soit régi par le droit américain. » En dehors des dossiers liés au terrorisme ou à la pédopornographie, Facebook transmet rarement à la justice l’identité de ses Le groupe étant secret, les propos qui y ont été tenus sont-ils, par ailleurs, privés ou publics ? internautes. Mais cela pourrait changer. Le 25 juin, le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O, a annoncé que le site s’engageait à fournir les adresses IP lorsqu’elles seront demandées par des magistrats français. Le groupe étant fermé, les propos qui y ont été tenus sont-ils, par ailleurs, privés ou publics ? Pour Marine Duponcheel, avocate du Collectif féministe contre le viol, « à partir du moment où ce groupe compte 56 000 membres qu’aucune communauté d’intérêts ne lie entre eux en dehors d’appartenir tous au sexe masculin, le caractère public des propos devrait être reconnu », estime-t-elle. En 2017, la révélation d’un groupe similaire intitulé « Babylone 2.0 » avait suscité l’indignation. A l’époque, Marlène Schiappa avait appelé sur Twitter laministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, à agir. Aucune plainte n’avait été déposée, mais le groupe avait été fermé par Facebook dans la foulée. Hélène Sergent relève de la responsabilité de la plateforme et, d’autre part, la question de l’efficacité de la justice, qui est de la responsabilité de l’Etat. Sur ce sujet, la formation des policiers et des magistrats a été renforcée. Et une plateforme de signalement en ligne a été lancée. La violence des propos de ce groupe Facebook et le nombre très important de ses membres ne sont-ils pas le signe de l’impunité qui règne sur les réseaux sociaux en matière de sexisme ? Les injures sexistes sont davantage tolérées, et pas que sur les réseaux. Pourquoi des hommes se sentent-ils reliés en postant des photos dégradantes de jeunes femmes ? En réalité, c’est la question du rapport à la femme qui est ici posée. Propos recueillis par H.S.
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