20 Minutes France n°3427 3 jun 2019
20 Minutes France n°3427 3 jun 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3427 de 3 jun 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5,2 Mo

  • Dans ce numéro : la piste Fourniret relancée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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SportS Donner la vie et trouver des soucis Grossesse Il est souvent compliqué pour les femmes de concilier une carrière de sportive de haut niveau et leur volonté de devenir mère Serena Williams, Allyson Felix, Estelle Yoka Mossely… Ces sportives de haut niveau ont, à un moment, mis leur carrière entre parenthèses pour donner naissance à un enfant. Mais donner la vie engendre souvent des problèmes dans leur carrière personnelle, sans évoquer le difficile retour à la compétition. Wendy Lawson, ex-handballeuse internationale, a décidé en 2016 de devenir mère, alors qu’elle évoluait à Nantes. Si, pour la joueuse, le torchon brûlait avant qu’elle ne tombe enceinte, l’annonce de sa grossesse a signé la fin de la collaboration avec son club. « Le président [de Nantes] a eu des propos déplacés sur ma grossesse en déclarant qu’une joueuse pro, et donc en CDD, ne pouvait pas tomber enceinte », assuret-elle. Pourtant, la loi de novembre 2015 a renforcé les droits des sportifs pros. « A partir du moment où une femme révèle son état de grossesse, elle est désormais maintenue pendant un an sur la liste des sportifs de haut niveau, explique Emmanuel Jez, avocat au barreau de Paris. Cela lui permet de conserver ses droits à des prestations complémentaires, d’assurance, de retraite spécifique… » Des contrats très étonnants A Metz, référence du hand féminin, les pauses maternité ne sont plus si exceptionnelles. Pour anticiper les absences de joueuses en raison des désirs d’enfants, le président Thierry Weizman a mis en place une étonnante démarche  : « Lorsqu’une joueuse s’engage avec nous, on évoque assez vite son éventuel projet maternité. On part sur un contrat de trois ans avec un salaire raisonnable pour une première année « normale », une deuxième consacrée au bébé et Design  : Kit Klein Territoire de Musiques/Code APE 9001Z SIRET 349 730 341 00030 – Licences d’entrepreneur de spectacles n°1-1057054 et n°2-1040099 O. Scarff/AFP avec recherche anticipée d’un joker médical pour nous, et une troisième où elle revient sur les terrains. » Pour bénéficier de « la sécurité de l’emploi », les handballeuses messines acceptent donc de voir leur salaire « lissé » sur trois années et de passer « un contrat oral ». Toutefois, impossible de faire figurer de tels accords dans un contrat de travail, « car c’est une pratique hautement illégale en France », analyse M e Emmanuel Jez. La basketteuse Alysha Clark (Lyon Asvel) a été confrontée à d’ahurissantes subtilités contractuelles en dehors des frontières  : « Dans certains pays en Europe, on m’a déjà présenté une clause m’annonçant que, si j’avais un enfant, le club 24 Lundi 3 juin 2019 La sprinteuse Allyson Felix a dénoncé le comportement de son sponsor. pouvait rompre mon contrat. Je n’ai jamais accepté de signer ça et je leur disais qu’ils bafouaient mes droits. » Et du côté des sponsors ? Allyson Felix, multiple médaillée olympique en athlétisme, a publié une tribune dans le New York Times où elle a dénoncé le comportement de Nike, son équipementier. La marque américaine a refusé d’inclure une clause garantissant à Allyson Felix l’absence de sanctions (financières) si ses performances n’étaient pas au top après son accouchement. Donner la vie est, paraît-il, la plus belle chose au monde. « Les premières réactions sont toujours des félicitations, conclut Wendy Lawson. C’est après que ça se gâte. » Laure Gamaury et Jérémy Laugier
SportS Au royaume des privilégiés Tennis L’imbroglio Thiem-Williams en dit long sur les exigences des joueurs sur le circuit Que Gaël Monfils prenne garde avant son huitième de finale, ce lundi à Roland-Garros. Non seulement Dominic Thiem est un adversaire solide, mais, en plus, l’Autrichien sera animé d’une fervente envie de démontrer son appartenance à la caste des patrons du tournoi. Ce qui, semble-t-il, n’est pas acté aux yeux de l’organisation. C’est du moins l’interprétation qu’a eue le loustic de son éviction de la salle d’interview « Ce n’est pas parce qu’untel le demande qu’il obtient ce qu’il veut. » Arnaud Clément, ex-joueur principale après sa victoire contre Pablo Cuevas, au profit d’une Serena Williams tout juste éliminée. L’histoire aurait pu en rester là si l’Autrichien n’avait pas croisé sa délogeuse dans les couloirs. Le vieux Federer se « sent très frais » Vous connaissez Istvan Gulyas ? Ce tennisman hongrois a atteint les quarts de finale de Roland-Garros en 1971 à l’âge de 39 ans. Il faut donc remonter au début de l’ère Georges Pompidou pour trouver trace d’un joueur plus vieux que Roger Federer au moment de monter dans le grand huit, porte d’Auteuil. Face à la grosse chaleur qui frappait Paris, dimanche, le toujours impeccable Suisse de 37 ans n’a passé qu’une heure quarante-deux sur le Chatrier. Le temps d’atomiser l’Argentin Leonardo Mayer visiblement fatigué, lui, et vite résigné (6-2, 6-3, 6-3). « Honnêtement, ça s’est très bien passé jusqu’à maintenant. » Roger Federer A peine le temps de se coiffer la mèche, et le roi « Rodgeur » a passé près d’une demi-heure en salle de presse. « Vous êtes frais ? », lui a-t-il été demandé. « Très frais même, a répondu Federer. Honnêtement, ça s’est très bien passé jusqu’à présent. Mon niveau de jeu est bon. Beaucoup de joueurs arrivent au troisième, quatrième ou cinquième match en étant M. Bureau/AFP S. Bartholomew/IPS/REX/Sipa thiem s’est plaint d’être éjecté de la salle de presse au profit de Williams. Sans ça, son cerveau n’aurait pas fait tilt. « Sérieusement, qu’est-ce qu’il se passe, s’énervait Thiem. Je dois quitter la pièce parce qu’elle arrive ? » Et de conclure que lui aussi avait le droit de faire comme bon lui semblait, et, de fait, de partir sans répondre aux journalistes. Consultant pour Eurosport, Arnaud Clément pointe un manque de respect envers l’Autrichien  : « C’est un événement grotesque. Dominic, qu’il soit quatrième ou je ne sais pas combientième mondial, on n’a pas à lui dire cassé. Ce n’est pas mon cas. » Mardi, Roger Federer affrontera son compatriote Stanislas Wawrinka, vainqueur du grand combat contre la merveille grecque Stefanos Tsitsipas (7-6, 5-7, 6-4, 3-6, 8-6). Cette fois, le capital fraîcheur de Federer devrait être sérieusement entamé. Celui de son adversaire l’est déjà, après les cinq heures passées sur le court dimanche. N.S. Federer s’est qualifié pour les quarts. de quitter une salle d’interview parce que Serena Williams n’a pas envie d’attendre cinq minutes. » La situation est en tout cas symptomatique de la question des privilèges favorables aux mastodontes des circuits ATP et WTA et de leurs caprices. Et ça ne date pas d’hier, comme quand Roger Federer jouait toujours de nuit (et donc à la fraîche) à Melbourne, pendant que Novak Djokovic bataillait sous le cagnard australien. Ou quand Rafa Nadal avouait avoir obtenu des officiels de ne La Gestion des Ressources Humaines Une filière diplômantepour tousvosprojets ! DesMOOCs &unouvrage pédagogiquepourvous accompagner ! Conservatoire National des arts et métiers 2rue Conté 75003Paris Bureau 39.2.65 Inscriptions ouvertes ! 01 58 80 86 39 guy.dahan@lecnam.net 01 40 27 21 63 corinne.guedj@lecnam.net http://innovation.cnam.fr/RessourcesHumaines 25 Lundi 3 juin 2019 plus être arbitré par Carlos Bernardes. « La question ce n’est pas celle des privilèges, c’est  : « Est-ce qu’on les demande ? », assure Arnaud Clément. Après, il y a des privilèges naturels à partir d’un certain niveau. Nadal et Federer, pour leur sécurité et parce qu’ils déplacent des foules, on ne peut pas les envoyer taper des balles loin sur les annexes. » La moralité de l’histoire, c’est que, où qu’on aille, quoi qu’on fasse, les meilleurs seront toujours mieux traités que les autres. A Wimbledon, c’est carrément institutionnel. « C’est culturel, mais c’est aussi complètement encadré », complète Clément. Pour autant, l’homme qui portait mieux le bandana que Kurzawa refuse de sombrer dans la paranoïa, en reprenant l’exemple des night sessions de Federer à Melbourne  : « Il y a plein de choses qui entrent en compte, les télés, le fait que le public veuille le voir à ces heures. Ce n’est pas parce qu’untel le demande qu’il obtient forcément ce qu’il veut. » Sauf quand c’est Serena. On retiendra quand même que l’histoire se termine bien, paroles de Federer  : « C’est une situation plutôt marrante, en fait. On vient d’en rigoler dans les vestiaires. » William Pereira



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