20 Minutes France n°3425 27 mai 2019
20 Minutes France n°3425 27 mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3425 de 27 mai 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : choc frontal...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
EUROPÉENNES Le RN met les pieds sur la table Source  : Ministère de l’Intérieur Les résultats en France Résultats partiels à 23 h 45 sur les principales listes, en% des exprimés Députés élus 25% 20 à 24 21 xxà 25 21,40 25,36 20 15 10 5 2,39 0,83 0 LO 12 5 à 8 5 à 8 6,3 5,98 3,1 PCF LFI Génération.s 12 à 15 12,61 1,8 PS EELV Urgence Ecologie 2,54 LREM/MoDem UDI Elections La liste d’extrême droite est arrivée en tête, dimanche, devant celle du parti présidentiel Un signe ? Vers 19h, à La Palmeraie, salle de réception du 15 e arrondissement parisien où le RN organise sa soirée des européennes, un serveur ouvre discrètement des bouteilles de champagne. Les premiers résultats doivent être annoncés d’ici à une heure et des militants se réunissent par petits groupes, les yeux rivés sur leurs téléphones pour obtenir les premières tendances. « Les « gilets jaunes » ont été un premier coup dur pour Emmanuel Macron. Notre score, ce soir, sera une seconde claque », prophétise un jeune frontiste devant ses amis. Certains veulent voir dans la forte xx 7 à 10 8,37 36 3,77 LR DLF RN Patriotes 0,71 1,15 0,58 Alliance jaune 3,11 Le Parlement européen  : projections en sièges Par groupe politique Au 26 mai à 21h45 52 42 185 147 Parlement sortant Source  : Parlement européen participation (elle s’est établie à 51,6%, selon les résultats partiels du ministère de l’Intérieur à 23 h 45, soit une augmentation inédite de 9 points par rapport au précédent scrutin de 2014) un signe positif pour le RN. « La hausse des votes dans les zones rurales est une bonne nouvelle pour nous, sourit Gérard de Mellon, conseiller régional de Bretagne. Notre objectif est d’être en tête pour marquer un coup d’arrêt à Macron, sur le plan de la politique nationale et sur sa politique européenne. » Au fil de la soirée, les visages se détendent, les langues se délient. Un cadre du RN passe furtivement, s’emballe  : « Un écart de 5 points serait une raclée. Monsieur Macron voulait qu’on aille le chercher, les Français l’ont entendu et lui envoient un message. » Entre deux petits fours, la première place du scrutin est sur toutes les lèvres. A 20h, on se presse quand même devant l’écran (et les caméras) pour en être sûr. Le couperet tombe  : selon les Les militants et leur tête de liste, Jordan Bardella (au centre), dimanche soir. UPR Autres 52 69 Extrême-gauche et écologistes Socialistes et sociaux-démocrates Verts et partis régionalistes B. Guay/AFP 69 101 216 177 Libéraux et centristes 77 Démocrates-chrétiens et droite Conservateurs et eurosceptiques Souverainistes premières estimations, la liste menée par Jordan Bardella est en tête (25,36% à 23 h 45, selon les résultats partiels du ministère de l’Intérieur et donc audelà de son score des européennes de 2014, soit 24,9%). La salle exulte. La liste de la majorité, elle, arrive en 2 e position, avec 21,4% des voix (à 23 h 45). (lire page ci-contre). « Le président n’a d’autre choix que de dissoudre l’Assemblée. » Marine Le Pen, cheffe du RN Un seul enseignement, pour le RN  : le duel mis en scène par Marine Le Pen et Emmanuel Macron pendant la campagne est remporté. « Cette mobilisation inédite (…) témoigne d’un sursaut populaire contre le pouvoir en place qui subit un véritable échec. Ce soir, c’est lui et sa politique qui sont rejetés », tranche Jordan Bardella, sous les vivats. « Compte tenu du désaveu démocratique que le pouvoir subit ce soir, [le président] n’a d’autre choix que de dissoudre l’Assemblée nationale », enfonce la patronne du RN, Marine Le Pen, peu après. Même tonalité chez les militants. « On envoie un message à Macron ce soir, mais aussi aux « gilets jaunes » », assure Stéphane. « C’est une satisfaction pour les manifestants qui se sont battus pendant plusieurs mois contre ce que le président leur a fait subir, abonde Gérard de Mellon. Le RN était dans un état convalescent depuis la présidentielle. Nous prouvons, ce soir, que le socle de base reste puissant et nous ouvrons une nouvelle étape pour le futur. » Thibaut Le Gal 59 56 57 42 36 Extrême-droite 6 Lundi 27 mai 2019 20 43 Non-inscrits et nouveaux partis « Macron n’en a pas fini avec la crise » Emmanuel Macron a perdu son pari. Le RN est arrivé en tête des élections européennes, dimanche. Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et au Cevipof, estime que le président ne pourra « pas simplement tourner la page ». Emmanuel Macron sort-il affaibli ? Perdre une élection n’est jamais un signe de force. Mais avec l’écart relativement faible avec le RN, il va sans doute pouvoir euphémiser la portée politique de cette défaite et tenter d’expliquer qu’il faut continuer dans la ligne qu’il a tracée. LFI fait un mauvais score, les listes « gilets jaunes » sont inexistantes. Est-ce la fin du mouvement de contestation ? Ce mouvement est sur le déclin pour la participation aux manifestations des samedis, mais il y a sans doute des « gilets jaunes » que l’on retrouve avec le RN. Emmanuel Macron n’en a pas fini avec la crise de la justice sociale. Le résultat ne lui permet pas de tourner la page simplement et de repartir de l’avant en mettant en œuvre les annonces. LR et les socialistes obtiennent à peine plus de 15%. La preuve que l’éclatement du clivage traditionnel continue ? Le RN et LREM représentent près de 50%. Les autres forces politiques vont très mal autour. Les recompositions à l’intérieur de la gauche et de la droite vont continuer. Il va y avoir des questions de leadership qui vont se poser. Propos recueillis par Philippe Berry
EUROPÉENNES LREM sauve les meubles Elections Pour les macronistes, devancés par le Rassemblement national, leur score est une défaite, « et en même temps » une victoire Un soulagement doux-amer flottait dimanche à la Maison de la mutualité, à Paris (5 e). Les élus et militants de la majorité présidentielle s’y étaient rassemblés pour suivre les résultats des élections. La liste de La République en marche (LREM) et ses alliés a été devancée par le Rassemblement national, mais les marcheurs relativisent l’écart entre les deux listes et leurs réactions dessinent les contours d’une défaite, en même temps qu’une victoire. « Humilité et courage » « A 19h, les premiers sondages, c’était la fin du monde », lâche une militante. Certains instituts donnaient alors jusqu’à six points d’écart entre la majorité présidentielle et le RN. A 20h, de nouvelles estimations donnaient un écart plus faible entre les deux listes (un point). Ces résultats ont comme un goût de victoire pour des militants déjà résignés à être relégués en deuxième position derrière la liste menée par Jordan Bardella. Le discours de la tête de liste, Nathalie Loiseau, illustre bien ce « en même temps »  : « Après six mois de crise, et alors que toutes les L’Allemagne contre les nationalismes et pour la planète Près de 350 agents municipaux étaient réquisitionnés pour dépouiller les 86 000 bulletins de vote à Offenbourg, en Allemagne, à une trentaine de kilomètres de Strasbourg. Pourtant, dimanche, dans la matinée, peu d’électeurs se pressaient dans l’école maternelle libre, l’un des 42 bureaux de vote de l’agglomération. N’y voyez pas une bouderie de nos chers voisins pour les élections. Beaucoup ont plébiscité le vote par courrier pour éviter de faire le déplacement. L’extrême droite à 10,5% A 25 ans, Vera, qui se dit écolo « pour protéger la planète » (les Verts ont quasiment doublé leur score, passant de 10,7% à 20,9%), affirme qu’elle « vote aussi pour ne pas laisser d’autres parler à notre place ». « L’Europe est notre futur, renchérit Hartmut, 75 ans. C’est notre rempart contre les nationalismes. » Cependant, certains dressent quelques reproches. « L’Union autres listes en avaient fait leur cible, la majorité présidentielle fait la démonstration de sa solidité. (…) Pour autant, nous ne sommes pas arrivés en tête et nous le regrettons. » Ni triomphalisme, ni aveu d’échec. Pourtant, le leitmotiv de la campagne macroniste était bien de devancer le parti de Marine Le Pen. Malgré le score de dimanche, Nathalie Loiseau n’abandonne pas cette stratégie anti-RN  : « J’appelle toutes les forces européennes à s’unir pour ne pas laisser notre maison commune livrée aux coups de boutoir de ceux qui veulent la détruire. » Par ailleurs, les ministres et parlementaires présents à la Maison de la mutualité martèlent qu’il n’y aura pas de changement de cap après ce résultat électoral. « Ça ne change rien pour la suite du quinquennat, assure François Patriat, sénateur LREM de la Côte-d’Or. Il faut de l’humilité et du courage. Du courage, parce qu’il reste quatre réformes à mener, et ça va être dur. Mais le résultat de ce soir [dimanche] montre que nous sommes la seule force républicaine, démocratique, capable de gouverner le pays. » Laure Cometti N. Wilcke/20 Minutes Les Verts ont doublé leur score. européenne n’a pas fait son travail lors de la crise des réfugiés », regrettent Normannet Rouven, un couple gay venu voter. L’accueil des deux millions de réfugiés sur décision de la chancelière, Angela Merkel, en 2015 a laissé des traces. C’est aussi l’avis de Cordelia et Erik  : « Merkel a ouvertL. Marin/AFP les portes de l’Allemagne sans débat et ni organisation. » La chancelière allemande et les partis de la coalition (CDU et SPD) ont d’ailleurs été sanctionnés dans les urnes. Ainsi, le centre droit d’Angela Merkel signe, avec 28% des voix, le plus mauvais score de son histoire, même s’il reste le premier parti. Mais cette baisse des principaux partis n’a pas provoqué une hausse significative de l’extrême droite. Le candidat régional de l’AFD (Alternative pour l’Allemagne) a réclamé un « Dexit », que l’Allemagne quitte l’UE, lors de son meeting à Offenbourg. Un discours qui ne touche pas les électeurs rencontrés dimanche. « Le Bade-Wurtemberg est une région relativement épargnée par la crise », affirme Hartmut. Au niveau national, l’AFD a gagné 3,5 points par rapport à 2014, avec 10,5% des voix, et décrocherait 11 des 96 sièges allemands au Parlement européen, selon les chaînes ARD et ZDF. A Offenbourg (Allemagne), Nils Wilcke 7 Lundi 27 mai 2019 Nathalie Loiseau a regretté de ne pas avoir terminé ces élections en tête. « Une vague verte européenne », se réjouit Jadot Les écologistes d’Europe Ecologie-Les Verts sont la principale surprise du scrutin, en arrivant troisièmes selon les instituts, entre 12,9 et 13,2%, alors qu’ils étaient donnés sous les 10% par les sondages. « C’est une vague verte européenne dont nous sommes les acteurs », s’est enthousiasmé la tête de liste, Yannick Jadot, faisant aussi allusion à la percée des Verts allemands, au-delà des 20%. Des électeurs radiés à tort A leur arrivée dans leur bureau de vote, de nombreux Toulousains n’ont pas pu déposer leur bulletin dans l’urne. Un constat que la mairie de Toulouse a pu faire, elle aussi, au travers des informations que lui ont fait remonter des scrutateurs. Ces électeurs auraient été radiés à tort des listes électorales à l’occasion de la mise en place du répertoire électoral national unique géré par l’Insee. Un bug qui n’est pas unique en France. La mairie a indiqué qu’elle allait saisir le ministère de l’Intérieur, « afin que des opérations de fiabilisation puissent être réalisées dans les meilleurs délais et que les électeurs ne soient pas injustement privés de leur droit de vote ». Fin 2018, la ville avait indiqué avoir mis à jour ses fichiers et radié 15 699 électeurs en raison d’un décès ou d’un changement d’adresse. Parallèlement, l’Insee avait retiré un peu moins de 7 000 Toulousains de ses listes électorales. B.C.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :