20 Minutes France n°3414 19 avr 2019
20 Minutes France n°3414 19 avr 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3414 de 19 avr 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : les anti-vaccins font réagir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Getty Images ActuAlité Santé La lutte en ligne s’organise contre la désinformation autour de la vaccination Face à la recrudescence des cas de rougeole à travers le monde (50% de cas en plus signalés en 2018 par rapport à 2017), organisations internationales et gouvernements s’alarment. Et si c’était, à nouveau, un coup des antivaccins ou « antivax », très actifs sur les réseaux sociaux ? Le phénomène n’est pas récent. En France, l’adoption en octobre 2017 de la loi sur « l’obligation vaccinale » portant à 11 le nombre de vaccins obligatoires a enflammé les débats en ligne. A l’occasion de la Semaine de la vaccination (du 24 au 30 avril), 20 Minutes Patrick Zylberman est professeur d’histoire de la santé. P.Zylberman ##JEV#118-69-https://bit.ly/2ZmtNqn##JEV# a cherché à comprendre comment les plateformes en ligne et une poignée d’internautes s’organisent pour lutter contre les contenus hostiles à la vaccination. La première contre-offensive venant de la Silicon Valley remonte au 26 février, à l’initiative de Pinterest et de YouTube. « Il n’y a rien de moins inspirant que la désinformation », indique un porte-parole de Pinterest, qui bloque désormais certains résultats sur la vaccination comme les comptes et les publications comportant de fausses informations médicales. De son côté, YouTube a pris la décision de démonétiser les vidéos promouvant des messages antivaccins. Une dernière pratique courante de la part des « antivax ». En février, une enquête du site The Daily Beast révélait l’achat et la diffusion de 147 spots publicitaires payés par 7 pages « Pendant trente ans, l’Etat français n’a pas réagi » Professeur d’histoire de la santé à l’Ecole des hautes études en santé publique, Patrick Zylberman revient sur la genèse des « antivax » et leur supposée puissance. La défiance vis-à-vis des vaccins ne date pas d’hier… En effet, elle est aussi vieille que la vaccination elle-même ! Dès 1796, Edward Jenner [médecin britannique, père du vaccin contre la variole] a reçu des objections et des condamnations, dont les plus importantes n’étaient pas médicales, mais théologiques. Pour les Facebook antivaccins aux Etats-Unis. Selon le média américain, ces spots visaient essentiellement les jeunes femmes âgées de plus de 25 ans, davantage susceptibles d’avoir un projet d’enfant et d’être donc confrontées à la vaccination dans les années à venir. En France aussi, la lutte contre la désinformation a cours. Elle est le fait, souvent, d’acteurs de la société civile. Ainsi, le 11 juin 2017, Thomas Durand, créateur de la chaîne YouTube La Tronche en biais, a mis en ligne une « Réponse à une maman Antivax », religieux de l’époque, c’est l’homme qui prétend choisir qui vit et qui meurt. Les réseaux sociaux ont-ils facilité les thèses des « antivax » ? Oui, mais ils sont trompeurs, car ils sont une caisse de résonance qui crée une hystérisation. Certaines études [notamment la dernière du Leem, organisation fédérant les entreprises du médicament, qui montre que 17% des personnes interrogées ne sont pas favorables aux vaccins] donnent des chiffres élevés du mouvement, mais, en réalité, on s’aperçoit que les antivaccins purs et durs représentent entre 1 et 2% des Français. 8 Vendredi 19 avril 2019 En France, ce sont des acteurs de la société civile qui se sont lancés les premiers dans la lutte contre la désinformation médicale. Les antivaccins ont aussi leurs « anti » « Les gens gobent tout, c’est grave, qu’est-ce qu’on peut faire ? » Thomas Durand, youtubeur auteure d’une vidéo contre la vaccination. « Cette vidéo surréaliste m’a pris aux tripes, témoigne le docteur en biologie. Je me suis dit, les gens gobent tout ça, c’est grave, qu’est-ce qu’on peut faire ? » Saluées par de nombreuses institutions, les récentes annonces des Gafa pour lutter contre les contenus antivaccins inquiètent pourtant ceux qui se mobilisent en ligne. « Ces contenus risquent de se diffuser sur d’autres plateformes moins accessibles, mais continueront d’être partagés massivement », craint François, chirurgien à l’origine de la chaîne Primum non nocere. « La réponse doit être méthodique et pas seulement scientifique, juge Thomas Durand. Mais si le politique s’implique, cela risque de décrédibiliser les figures de la communauté scientifique. » Hélène Sergent Pourquoi, selon vous, la France est-elle considérée comme la « championne » de la défiance vis-à-vis des vaccins ? L’enquête sur l’opinion publique et les vaccins de Heidi Larson [2016], montrait que, sur 67 pays du monde, la lanterne rouge était la France. Mais cette étude est biaisée  : il y a, par exemple, des cultures médicales différentes, les mots n’ont pas le même sens d’un pays à l’autre. La particularité de la France est le fait que, pendant trente ans, l’Etat n’a pas réagi, par crainte de susciter des oppositions. Oihana Gabriel
L’AVENIR C’EST VOUS QUI L’EMMENEZ PLUS LOIN Société Générale accompagne 1 entreprise française sur3 à l’international. Source  : étude CSA - février 2016 Société Générale, S.A. au capital de 1 009 897 173,75 € ‒ 552 120 222 RCS PARIS ‒ Siège social  : 29, bd Haussmann, 75009 PARIS. Crédit photo  : Tom Craig – Avril 2019.



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