20 Minutes France n°3413 18 avr 2019
20 Minutes France n°3413 18 avr 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3413 de 18 avr 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : l'après-ENA à l'étude.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ActuAlité Polémique sur la politique des dons Notre-Dame L’afflux de promesses de contributions relance le débat sur le mécénat et l’optimisation fiscale L’appel aux dons pour Notre-Dame, partiellement détruite dans un incendie lundi soir, a été entendu. Mercredi, les promesses de contributions pour reconstruire la cathédrale s’élevaient à 850 millions d’euros, les grandes entreprises et fortunes françaises pesant à elles seules plus de la moitié des dons. Un élan de générosité qui va avoir un impact sur les finances publiques. Abattement et com Depuis la loi Aillagon de 2003, les entreprises peuvent déduire de leurs revenus 60% de leurs dépenses en faveur du mécénat. L’Etat ne « compense » pas le don directement, mais cela représente un manque à gagner pour les recettes fiscales. Avec cette niche, c’est donc « la collectivité publique qui va prendre l’essentiel » des frais de reconstruction « en charge », a souligné Gilles Carrez, député LR, dans une interview au Monde. L’incendie de Notre-Dame a alors débouché sur un grand débat sur le mécénat et l’optimisation fiscale. « Je ne veux pas qu’on montre du doigt les grands, comme certains le font », a expliqué Christian Estrosi, le maire de Nice, sur CNews. Au contraire, pour Manon Aubry, tête de liste de LFI aux européennes, les grands groupes se sont offert « une opération de communication ». « J’ai vraiment envie de leur dire  : « Commencez par payer vos impôts », ça ##JEV#37-247-https://bit.ly/2XoasDD##JEV# un concours permettra de décider s’il faut rebâtir la flèche. Gigarama Life/Sipa Solal Sipa ##JEV#144-82-https://bit.ly/2GkRsPz##JEV# contribuera au budget de l’Etat », a-telle lancé mercredi sur LCI. Cette flèche visait notamment François- Henri Pinault, dont le groupe, Kering, est soupçonné d’évasion fiscale par la justice italienne. Ce coup de projecteur sur ses démêlés judiciaires a-t-il fait réfléchir l’entreprise ? Mercredi, la famille Pinault a annoncé qu’elle ne ferait « pas valoir l’avantage fiscal » auquel pouvait prétendre son don de 100 millions d’euros. Un revirement « habile » aux yeux de Dominique Plihon, économiste et porte-parole d’Attac. « Il va renoncer à 60 millions d’euros de réduction d’impôt, mais, en contrepartie, cela lui permettra de jeter un voile sur l’optimisation fiscale pratiquée par son groupe. » L’an passé, la Cour des comptes avait épinglé le manque de contrôles de l’Etat, relevant par exemple que « la recherche de fortes retombées médiatiques amène certaines actions de mécénat à se rapprocher d’opérations de parrainage, au risque d’une confusion certaine ». « La loi Aillagon a permis à des tas de musées et de châteaux, pas forcément connus, de bénéficier du mécénat », plaide pour sa part Brigitte Kuster, députée LR. Pour elle, il faut se montrer encore plus généreux avec les particuliers souhaitant faire des dons pour Notre-Dame. Le gouvernement, lui, propose pour l’instant une déduction de 75% pour les dons des particuliers, via un projet de loi à venir. Nicolas Raffin 8 Jeudi 18 avril 2019 Mercredi, les promesses de dons pour financer la reconstruction de la cathédrale s’élevaient à 850 millions d’euros. Une flèche repointera-t-elle vers le ciel ? Elle s’est effondrée avant la charpente, lundi soir. La flèche de Notre-Dame va faire l’objet d’un « concours international d’architecture », a annoncé mercredi le Premier ministre, Edouard Philippe. Objectif  : « Trancher la question de savoir s’il faut [la] reconstruire » et, si oui, faut-il la faire « à l’identique » ou faut-il doter la cathédrale d’une « nouvelle flèche adaptée aux techniques et enjeux de notre époque » ? Une première flèche fut construite au-dessus de la croisée du transept au xiii e siècle. C’était alors un clocher, qui a comporté au xvii e siècle jusqu’à cinq cloches. Lentement déformée (le vent affaiblit la structure des constructions aussi hautes), la flèche fut démontée en 1786. La seconde flèche, qui n’était pas un clocher, a été construite sur le modèle à deux étages de la cathédrale d’Orléans. Sa charpente et sa base octogonale étaient indépendantes de celle de la « forêt » (la charpente de la cathédrale). Elle s’appuyait sur les quatre piliers du transept. Réalisée avec 500 t de bois et 250 t de plomb, elle surplombait Paris du haut de ses 93m. Si la flèche s’est effondrée lundi, le coq situé en son sommet, que l’on croyait détruit, a été retrouvé le lendemain du sinistre dans les décombres. Un symbole qui retrouvera probablement sa place au sommet de la future flèche, si le concours d’architecture le décide. Mercredi, l’arrière-arrière-petit-fils d’Eugène Viollet-le-Duc, l’architecte qui avait reconstruit la flèche, a estimé qu’il serait « très dommage » de ne pas la rebâtir. Anne Demoulin Les experts divisés sur les délais du chantier Plusieurs questions sont posées autour de la reconstruction de Notre-Dame, notamment celle des délais. Le défi de restaurer l’édifice d’ici à cinq ans, soit pour les Jeux de Paris, lancé par Emmanuel Macron, est-il tenable ? Des experts en doutent, plus ou moins fortement. « Cinq ans, c’est un cap qui permet au gouvernement de montrer sa volonté d’agir, mais, au vu des dégâts, il faudra certainement plus de temps, avance Pierluigi Pericolo, architecte du patrimoine. Dix ou quinze ans, c’est plus raisonnable. » D’autres spécialistes, comme Jean-Marc Pujau, conducteur de travaux pour l’entreprise Travaux Monuments Historiques, considèrent le pari du chef de l’Etat « jouable », « pour le gros de la reconstruction ». L’avancement du chantier variera selon les techniques. Si la solution des puristes était choisie (une reconstruction à l’identique), trouver la quantité de bois nécessaire pour la charpente ne sera pas chose aisée. Réaliser cette dernière en béton ou en métal permettra de raccourcir les délais de construction et d’améliorer la résistance au feu, certes, mais nécessitera de réadapter toute la structure du bâtiment. Enfin, quid de la main-d’œuvre ? Jean- Claude Bellanger, secrétaire général des Compagnons du devoir, craint qu’il n’y ait pas suffisamment de tailleurs de pierre, charpentiers et couvreurs spécialisés en France. Manon Aublanc



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