20 Minutes France n°3388ES 14 fév 2019
20 Minutes France n°3388ES 14 fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3388ES de 14 fév 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 10

  • Taille du fichier PDF : 1,5 Mo

  • Dans ce numéro : pseudo bonne idée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ActuAlité Les Pics d’or dénoncent l’exclusion Solidarité La Fondation Abbé- Pierre a imaginé des prix pour alerter sur les dispositifs anti-SDF Des prix satiriques pour dénoncer des pratiques inhumaines. Mercredi soir a eu lieu la première cérémonie des Pics d’or, décernés par la Fondation Abbé-Pierre aux pires dispositifs anti-SDF. « Il y a un an, nous avons lancé la plateforme soyonshumains.fr pour que les citoyens y postent des photos d’équipements urbains anti-SDF. Avec cette remise de prix satiriques, nous voulons inviter la société à prendre conscience de quelle manière elle repousse ses exclus toujours plus loin des regards », explique à 20 Minutes Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre. Biarritz, Lourdes, Paris... « Ces dispositifs anti-SDF sont intégrés dans les pratiques de certains architectes et urbanistes qui redoublent d’innovations depuis une dizaine d’années pour créer ces aménagements. Il y en a de plus en plus dans l’hypercentre des villes. Et certaines d’entre elles s’échangent leurs pratiques en la matière », dénonce Christophe Robert. Ainsi dans la catégorie « Fallait oser », le « pic » du dispositif le plus décomplexé a été attribué à un Abribus avec un seul siège situé à Biarritz, avenue d’Anglet. « Il s’agit d’empêcher un SDF de s’allonger », souligne-t-il. Le La météo en France Li -or ZL Et IL Li Z1 St l II PL G. de la Bourdonnaye/20 Minutes oajegu prix « Faites ce que je dis, pas ce que je fais », saluant le dispositif le plus contradictoire, a été remis à un centre de santé situé à Paris qui a disposé des sortes de grilles devant ses portes pour que les SDF ne puissent pas s’y arrêter. « Mais on aurait aussi bien pu primer la ville de Lourdes, qui a adopté un arrêté anti-mendicité », lance le délégué général. La récompense du dispositif le plus fourbe, intitulée « Ni vu ni connu », a été attribuée à une devanture rue Bayard à Toulouse, ou des pots de fleurs semblent être là pour décorer. Sauf que Slidd111113M-A1 lar SaMIMI.N> eutqs ! Aid IA100'0113 VEINIVH des pics sont disposés par terre  : cet attirail vise à éloigner les sans-abri. Le « pic » de l’arrêté anti-mendicité, intitulé « Bouge de là » est attribué à la ville de Besançon. La catégorie « Le Clou », « récompensant » le dispositif le plus agressif, est attribuée à une agence bancaire à Paris, dont les murets sont truffés de clous au cas où l’on s’y installerait. Mais la France n’est pas seule à devoir rougir, comme le montre le prix « C’est pas mieux ailleurs », qui a été attribué à la Suède. Un permis de mendier y est délivré pour 15 € . La Fondation Abbé-Pierre espère que Alain Juppé quitte Bordeaux Politique La capitale girondine est sous le choc  : Alain Juppé, élu maire de Bordeaux pour la première fois en 1995, va quitter ses mandats en cours (à la ville et à la métropole) pour rejoindre les Sages du Conseil constitutionnel. Dans un communiqué, le maire de Bordeaux explique  : « J’ai décidé, il y a plusieurs mois, de ne pas me représenter à l’élection municipale de mars 2020. Je comptais annoncer cette décision au lendemain des élections européennes fin mai. Ma nomination bouleversera ce calendrier. » Le conseil municipal va devoir élire un maire par intérim jusqu’à la tenue des élections municipales. Une autre possibilité légale serait un scrutin partiel après une démission de la majorité des conseillers. Mais à un an seulement de l’échéance électorale, l’hypothèse est jugée hautement improbable. 2 Jeudi 14 février 2019 les murets de cette banque parisienne sont truffés de clous pour empêcher les personnes sans-abri de s’y allonger. La Saint-Valentin sous le soleil Le soleil resplendit malgré quelques nuages bas près du golfe du Lion apportés par le vent d’autan. Les températures grimpent et la douceur s’impose sur la quasi-totalité du territoire. Il fera entre 7 °C à Annecy et 19 °C à Hendaye. certains de ces dispositifs seront désinstallés  : « L’an dernier, la Mairie de Paris a supprimé un aménagement après notre mauvaise publicité », explique Christophe Robert. « Il faut surtout que cela pousse chacun à s’interroger sur l’impact de ces dispositifs anti-SDF. Non seulement, ils empêchent les sans-abri de se protéger de froid, mais quand ils se cumulent à l’absence de point d’eau dans la ville, de toilettes publiques et à des arrêtés mendicité, cela devient une stratégie d’exclusion complète », dénonce-t-il. Delphine Bancaud « Pour moi, deux noms peuvent sortir du chapeau  : celui de Nicolas Florian (adjoint aux finances) et Fabien Robert (adjoint en charge de la culture) estime Jean Petaux, politologue à Sciences po Bordeaux. Florian est à mon avis le favori, car il est plus âgé et occupe un poste davantage stratégique dans l’organisation municipale. » Virginie Calmels, première adjointe, ne serait pas très appréciée des juppéistes. « Elle n’est pas hors circuit, donc on peut imaginer un retour en grâce, nuance le politologue, prudent. Alain Juppé n’a pas eu de parole définitivement négative à son sujet. » Mais l’édile a déclaré en septembre 2017, en plein débat sur sa succession  : « Aucun de mes adjoints n’a le profil pour y prétendre. » L’annonce rebat les cartes du jeu politique bordelais. A Bordeaux, E.P.
ActuAlité Vivons heureux, vivons cachés Internet Certaines voix s’élèvent contre la possible levée de l’anonymat sur le Web Que se cache-t-il derrière l’anonymat sur Internet ? A en croire Emmanuel Macron  : la cause de bien des maux. En janvier, le chef de l’Etat plaidait en faveur d’une « levée progressive de toute forme d’anonymat » sur la Toile. Lundi, Laetitia Avia, députée et porte-parole LREM, soutenait que « l’anonymat sur les réseaux sociaux encourage un sentiment d’impunité pour ceux qui s’autorisent à harceler, humilier et insulter ». Elle réagissait après les révélations sur la Ligue du LOL, un groupe Facebook privé dont certains membres ont harcelé des femmes, en majorité, pendant plusieurs années. Sauf qu’une bonne partie de ces harceleurs multipliaient leurs exactions sans se dissimuler sous une fausse identité. Mardi, Edouard Philippe a annoncé qu’un texte serait « présenté avant l’été », pour lutter contre la haine sur Internet. Si le Premier ministre n’a pas évoqué explicitement la levée de l’anonymat, il y a fort à parier que ce sujet sera remis sur la table. Au sein de LREM, la députée des Français de l’étranger Paula Forteza fait entendre un autre son de cloche  : « Je suis contre la levée de l’anonymat. En en discutant avec les collègues, je me suis rendu compte qu’on était plutôt d’accord. » La parlementaire plaide en faveur d’un « processus de signalement et d’activation du pouvoir judiciaire plus huilé, rapide » pour enrayer la propagation de propos haineux. L’anonymat sur Internet n’est jamais garanti, car il est toujours possible de remonter jusqu’à un internaute via son Vincent Glad était aussi derrière le compte Twitter @foutlamerde « J’ai été traitée de pute. J’ai été dénigrée. Je ne parvenais plus à ouvrir mon PC ni à lire mes mails. Ils étaient d’abord deux, puis beaucoup plus. Ils ont dit que j’étais folle. » Presque dix ans après les faits, Florence Desruol a encore la voix qui tremble quand elle raconte les attaques qu’elle dit avoir subies sur Twitter par plusieurs membres de la Ligue du LOL (LDL) pendant des années. Elle accuse notamment le créateur du groupe Facebook, Vincent Glad, d’avoir utilisé plusieurs comptes sous pseudonyme pour l’attaquer entre 2009 et 2011, notamment via @foutlamerde. Contacté par Purestock/Sipa « Ces données [noms des internautes] permettraient de faire des profilages. » Paula Forteza, députée LREM adresse IP. Il y a cinq ans, Jonquille* a créé un compte Twitter pour se familiariser avec le réseau social. « Le pseudonymat, en ce qui me concerne, ne visait initialement qu’à compartimenter ma vie professionnelle de mes expérimentations électroniques, raconte l’internaute aux plus de 50 000 followers. A mesure que ce compte a gagné en audience et qu’un personnage s’est créé, il semblait absurde de vouloir y accoler mes traits réels. » Au fil du temps, Twitter est devenu un « outil militant » pour Jonquille, qui poste beaucoup 20 Minutes, le journaliste, mis à pied à titre conservatoire par Libération lundi, a d’abord nié en bloc, avant de changer sa version  : « Concernant @foutlamerde, j’étais effectivement une des six ou sept personnes à avoir le mot de passe du compte. Je pense avoir posté 15% à 20% du contenu. J’ai plusieurs fois demandé qu’on ferme le compte parce que ça devenait invivable pour moi, on me soupçonnait d’écrire des tweets que je n’avais pas écrits. Ça n’a pas été fait. C’était une erreur. » Florence Desruol accuse également un autre journaliste, François-Luc Doyez, pigiste pour Slate à cette époque et mis de messages liés aux droits des personnes LGBT. « Je ne vois pas mon compte comme investi d’une mission, mais quelques prises de position ont pu créer une attente, ajoute Jonquille. Je m’efforce de mettre mon existence électronique au service de celles et ceux qui y trouvent leur compte, et c’est en cela qu’avoir mon identité propre n’aurait pas beaucoup de sens. » Si le pseudonymat relève, dans cet exemple, d’un simple choix, il peut être aussi une nécessité. « C’est le cas des fonctionnaires, qui ont un devoir de réserve et n’ont pas le droit de s’exprimer publiquement sur leurs opinions politiques, énumère Paula Forteza. C’est aussi le cas des lanceurs d’alerte ou des personnes qui auraient des propos ou idées minoritaires et ne se sentiraient pas à l’aise de les défendre publiquement. » La députée considère le à pied par Les Inrocks mardi, selon Le Monde, de s’être caché derrière @foutlamerde pour l’attaquer. Contacté par 20 Minutes, François-Luc Doyez n’a pas souhaité répondre. Florence Desruol n’est pas la seule victime de @foutlamerde. Ce compte collectif a également régulièrement pris pour cible l’auteure féministe Daria Marx et la blogueuse Capucine Piot. On y retrouve encore aujourd’hui de nombreux tweets misogynes et grossophobes, qui parlent d’eux-mêmes. « A la relecture des messages aujourd’hui, je suis choqué par ce qui a pu y être écrit », réagit Vincent Glad. Philippe Berry 3 Jeudi 14 février 2019 certains internautes, comme les fonctionnaires, ne peuvent exprimer publiquement leurs opinions politiques. pseudonymat comme « une condition de la liberté d’expression, qui permet que le dialogue soit libre, fluide ». Paula Forteza avertit des dérives potentielles que peut générer la levée de l’anonymat  : « Si on oblige les personnes à s’exprimer en leur nom propre et à exposer leurs opinions politiques ou leur orientation sexuelle, ces données permettraient de faire des profilages, ce qui va à l’encontre de la législation. Et puis comment lever l’anonymat ? Des propositions dangereuses circulent, comme la collecte, par les réseaux sociaux, de l’identité des utilisateurs. » Jonquille s’amuse, de son côté, d’un paradoxe  : « Les mêmes députés qui proposent de lever l’anonymat taguent mon compte pour que je retweete leur tweet-communiqué. Ça ne manque pas de sel. » Fabien Randanne *Le pseudonyme a été changé. 20 secondes de contexte Selon Florence Desruol, le harcèlement dont elle a été victime a commencé en juin 2009. Vincent Glad a été recruté par 20 Minutes en 2008, avant de démissionner en juin 2009. Philippe Berry, l’auteur de cet article, était dans la même promotion à l’Institut pratique de journalisme, à Paris, que François- Luc Doyez. Il a été recruté à 20 Minutes en 2006, avant de partir aux Etats-Unis en 2007

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