20 Minutes France n°3376ES2 16 jan 2019
20 Minutes France n°3376ES2 16 jan 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3376ES2 de 16 jan 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 10

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : une foule d'incertitudes...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ActuAlité Affaire de viol au 36 La police des polices regrette de ne pas avoir été saisie juste après les faits dans la nuit du 23 avril 2014 2 Mercredi 16 janvier 2019 « Des heures perdues préjudiciables » « Nous avons cherché à déterminer ce qu’il s’est passé dans les locaux de la BRI et nous avons cherché durant plusieurs années. » A la barre, la commissaire Nathalie Chaux a passé plusieurs heures, mardi, à expliquer et à défendre le travail des agents de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale). La police des polices avait été saisie le 23 avril 2014, à 5 h 59, après qu’Emily S., une touriste canadienne de 38 ans, a déposé plainte. Elle affirmait avoir été violée durant la nuit par plusieurs membres de l’antigang, dans leurs bureaux situés au cinquième étage du 36, quai des Orfèvres. Soit quatre heures après les faits. Pas d’interprète disponible Ce matin-là, les « bœufs-carottes » arrivent au « 36 » à 7 h 50, raconte Nathalie Chaux. Ils sont immédiatement informés que les suspects sont rentrés chez eux. Vingt-cinq minutes plus tard, la plaignante est entendue par les enquêteurs pour la première fois. Une audition « assez brève », observe-t-elle. Emily S. parle « difficilement français » et les policiers n’ont pas trouvé d’interprète disponible La météo en France M. Bureau/AFP Emily S. affirme avoir été violée par des policiers dans les bureaux du cinquième étage du 36, quai des Orfèvres. immédiatement. Elle leur raconte avoir passé la soirée dans un pub près du « 36 ». Une dizaine de policiers l’ont draguée et l’un d’eux lui a proposé d’aller visiter leurs locaux. Une fois arrivés dans un des bureaux de la BRI, l’un des accusés « l’a incitée à boire », poursuit Nathalie Chaux. Soudain, Emily S. « s’est retrouvée à genoux, avec le sexe » de ce policier dans la bouche. Un autre individu est ensuite entré dans la pièce, lui a retiré ses vêtements, a collé son visage contre un bureau et l’a pénétrée. Avant de partir, elle dit avoir été violée une Un peu d’adoucissant dans les températures Un ciel couvert persiste sur l’ensemble du pays. Mais le temps reste plutôt sec et lumineux en montagne. Quelques pluies faibles à modérées arrivent par la Manche. La douceur des températures s’accentue. nouvelle fois par des hommes dont elle ignore l’identité. Les enquêteurs de l’IGPN placent son string sous scellés tandis qu’elle est conduite à l’Institut médico-légal. Le médecin a évalué l’incapacité temporaire de travail à deux jours. Les « bœufs-carottes » vont ensuite auditionner les gardiens de la paix qui assuraient la sécurité du « 36 » ce soir-là. Selon eux, la touriste canadienne souriait, semblait « contente d’être là », indique à la cour la commissaire Chaux. Celle-ci regrette qu’on ne lui ait pas confié l’affaire immédiatement après les faits. Elle aurait envoyé tout de suite des agents afin de « préserver les lieux ». Les enquêteurs de l’IGPN n’ont en effet jamais retrouvé les collants de la plaignante. La commissaire Chaux aurait aussi voulu entendre plus rapidement les deux suspects, les soumettre à un test d’alcoolémie. « Les heures perdues ont été préjudiciables » pour l’enquête, jure-t-elle. Ce mercredi, la cour entendra Emily S. Le procès doit se tenir jusqu’au 1er février. Les accusés encourent vingt ans de prison. Thibaut Chevillard La réforme de la Justice mobilise Manifestation Il n’y avait pas de jaune, mais du rouge et du noir. Mardi, c’est un défilé d’avocats, de magistrats et de greffiers qui s’est élancé du quartier central de Châtelet à Paris jusqu’à l’esplanade des Invalides. Près de neuf mois après la présentation du projet de réforme de la Justice par la ministre Nicole Belloubet, les acteurs judiciaires poursuivent leur mobilisation. Voté en octobre par le Sénat, le texte a été adopté en première lecture à l’Assemblée, tard dans la nuit en décembre, par seulement 88 voix contre 83. Christiane Féral- Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux (CNB), le martèle  : « Les avocats souhaitent une réforme. Nous y sommes prêts, prêts à affronter le numérique et toutes les mutations que cela induit, on comprend l’intérêt. Mais nous ne voulons pas d’une justice déshumanisée et éloignée du citoyen. Or, c’est ce qu’on nous propose. » En parallèle, le CNB a lancé une pétition en ligne, signée à ce jour par 25 900 personnes, qui réclame la suspension de l’examen du texte à l’Assemblée nationale. « Nous souhaitons également que la Justice soit intégrée dans les thématiques débattues lors du grand débat national annoncé par le président. On constate que c’est la grande oubliée dans la lettre aux Français d’Emmanuel Macron », note Christiane Féral-Schuhl. L’annonce par le gouvernement, tardive et dans l’hémicycle, d’une réforme de la justice des mineurs et ce par ordonnance – « donc sans débats parlementaires », fustige Christiane Féral-Schuhl – a également ravivé la mobilisation. H.S.
ActuAlité 3 Mercredi 16 janvier 2019 Un début de consultation très débattu Emmanuel Macron s’est rendu à Grand Bourgtheroulde, dans l’Eure, mardi, où il s’est exprimé, pendant de longues heures, devant pas moins de 600 maires. ce déplacement du chef de l’Etat marque le lancement du grand débat national, souhaité par ce dernier, afin de tenter de sortir de la crise des « gilets jaunes ». D’emblée, le président de la République a promis un débat « sans tabous ». Politique Les maires déplorent un manque d’informations sur les modalités du dispositif Un grand débat national en mode diesel. Emmanuel Macron a donné, mardi, le coup d’envoi officiel de cette concertation citoyenne à Grand Bourgtheroulde, dans l’Eure. Les débuts s’annoncent pourtant poussifs car de nombreux détails pratiques restent flous. « Ça a pris du retard, car ce n’est pas facile à mettre en place  : le débat va durer deux mois, avec plusieurs milliers de réunions partout en France, assume François Patriat, chef de file des sénateurs LREM et proche du président. Pour que tout se déroule dans de bonnes conditions, il n’est pas anormal que cela prenne quelques jours de plus. Il n’y a là ni raté, ni rétropédalage. » « L’exécutif a changé la forme » Le gou vernement avait d’abord confié la préparation des débats à la Commission nationale du débat public (CNDP). Mais après la polémique sur son salaire, la présidente, Chantal Jouanno, a décidé de renoncer. Pour piloter l’opération, l’exécutif a donc sorti de son chapeau le duo Lecornu- Wargon. « Il a complètement changé la forme, observe la CNDP. On partait sur l’idée d’un débat fait par les citoyens, là on a l’impression que c’est un débat fait par l’exécutif. » Résultat  : Au rond-point de Manapany. J. Bossart/20 Minutes le travail préparatoire fait par la commission a été revu et corrigé. Sans retard pour autant, se défend le cabinet du Premier ministre. Pour autant, les Français devront patienter jusqu’à lundi avant d’apporter leurs contributions. Les maires, que l’exécutif souhaite associer pleinement au grand débat national, n’ont pas été beaucoup informés sur les modalités pratiques  : mise à disposition de salles, animation, restitution des échanges… « Rien n’a été dit sur une éventuelle aide matérielle ou financière. Lorsqu’on organise des « On ne lance pas ces débats avant que tout soit prêt. » Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux débats de ce type dans nos communes, on ne les lance pas avant que tout soit prêt », s’inquiète Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine). « Les élus peuvent télécharger le kit [méthodologique] sur Internet depuis mardi soir », répond Matignon. Mais auront-ils plus d’informations sur la remontée des revendications ? « Les coordinateurs pourront s’autodésigner dans chacune des salles. Après tout, on est pour la démocratie citoyenne », sourit François Patriat. La question du coût est tout aussi vague. L’enveloppe de quatre millions confiée en décembre à la CNDP sera dépassée, avance Matignon. Laure Cometti et Thibaut Le Gal La Réunion, championne de la démocratie participative A La Réunion aussi, c’est flou. Lundi, à la veille du grand débat national, Stéphane Fouassin, président de l’Association des maires du département (ADMR), concédait n’avoir « aucun détail » sur la tenue des échanges. Un conseil consultatif citoyen Mais beaucoup de Réunionnais, « gilets jaunes » ou non, n’ont pas attendu la consultation citoyenne pour s’exercer à la démocratie participative, comme au rond-point de Manapany. La Kaz du peup réyoné, ouverte 24 heures sur 24, a vu passer des centaines de personnes P.Wojazer/Pool/AFP Emmanuel Macron s’est exprimé de longues heures devant les maires. signant la pétition pour le RIC, débattant sur l’immigration, imaginant des « solutions pour lutter contre la vie chère et la corruption des élus », les deux motifs principaux de la colère péi (locale). Le 30 novembre déjà, le président de la région, Didier Robert, proposait « la création d’un conseil consultatif citoyen (CCC) composé de Réunionnaises et de Réunionnais ». Sa mission  : « préparer et porter tous les référendums d’initiative populaire ». Une nouvelle session est prévue samedi, avant que les idées des citoyens soient présentées à la région, le 26 janvier. D’ores et déjà, de nombreux « gilets jaunes » accusent le conseil régional de « récupération politique ». « Aucun élu ou agent de la région ne pilote les ateliers ou encore n’y participe », répond la conseillère régionale Juliana M’Doihoma. De son côté, Carole, une Saint- Andréenne impliquée dans le collectif Tous unis pour La Réunion, se veut optimiste quant à ce CCC. « C’est à nous de travailler pour que notre avis soit pris en compte », assure-t-elle. Toutefois, en attendant sa réelle mise en œuvre, hors de question pour elle d’abandonner les actions. Julie Bossart

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