20 Minutes France n°2915 3 déc 2015
20 Minutes France n°2915 3 déc 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2915 de 3 déc 2015

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 10,2 Mo

  • Dans ce numéro : accélérer sur le renouvelable...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 Environnement MADAGASCAR L’Agence française de développement mène un projet de protection des forêts Déforestation, la lutte à la racine Clara Carlesimo Depuis sept ans, le Programme holistique de conservation des forêts (PHCF) s’est implanté sur les terres malgaches. Selon l’association française Etc Terra, qui intervient sur le projet, 42000 hectares de forêt ont été rasés dans le pays chaque année entre 2010 et 2013. « Le choix de Madagascar est évident, explique Philippe Méral, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et spécialiste de l’île. C’est ce que l’on appelle un hotspot car 80% de sa faune et 90% de sa flore sont endémiques. » Une « Nous replantons 300 000 arbres et 900 hectares de forêt. » Matthieu Tiberghien, Etc Terra déforestation accrue et une biodiversité exceptionnelle ont favorisé l’implantation du PHCF. « L’objectif premier du programme est de participer à la lutte contre la déforestation », admet Guillaume Chiron, chef de projet biodiversité à l’Agence française de développement (AFD). Plus de quarante spécialistes y travaillent. « Ce sont principalement des ingénieurs, liste Matthieu Tiberghien, directeur de l’association Etc Terra. Mais il y a aussi des chefs de conservation, des coordinateurs de projet et des techniciens agricoles. » La première phase du PHCF en terre « Limiter les impacts » Romain Pirard, scientifique au Centre de recherche international sur les forêts (Cifor) Est-il primordial d’enrayer rapidement le phénomène de déforestation ? Ma réponse est assez modérée. D’un côté, il est légitime que les pays rasent certaines zones pour développer, entre autres, l’utilisation de leurs sols. Mais nous déforestons beaucoup plus qu’il serait nécessaire. Le problème, c’est que la plupart des pays ont du mal à contrôler leur déforestation. Le plus important est d’essayer de limiter au minimum les impacts de ces défrichements. Mint Images/Rex Features Cifor malgache, qui a duré de 2008 à 2013, « était plutôt orientée vers les différentes actions de conservation », résume Matthieu Tiberghien..M.. » R. La forêt d’Analevona, dans le sud de Madagascar. Cette région est l’une des plus touchées par la déforestation. Peut-on dire que l’homme est fautif ? C’est même la principale cause de déforestation ! 80% des zones rasées le sont à cause du développement de l’agriculture, donc des hommes. Que ce soit pour les biens alimentaires ou pour les marchés des biomasses, par exemple  : l’homme déforeste d’abord pour satisfaire ses besoins. Mais ce n’est pas la seule raison… Il y a aussi les cultures pérennes, comme celle des palmiers à huile, ou les plantations forestières spécifiques destinées à l’énergie, à la pâte à papier ou encore à la fabrication de meubles. L’urbanisation est, elle aussi, une cause. L’expansion des villes et surtout celles des infrastructures routières empiètent réellement sur les forêts. W Propos recueillis parC.C. - Créer des aires protégées Déployé sur cinq sites, le projet a aussi permis de mettre en place des alternatives à l’exploitation forestière et de sensibiliser les populations locales aux effets du réchauffement climatique. La phase 2, mise en place depuis 2013 et jusqu’en 2017, « se concentre sur deux sites, détaille Guillaume Chiron. Elle met l’accent sur l’intensification et les pratiques agro-écologiques. » Les spécialistes travaillent à créer « des nouvelles aires protégées, replanter 300 000 arbres La biodiversité menacée par le déboisement Chaque année, la planète perd 0,13% de ses forêts. Selon l’évaluation des ressources forestières mondiales 2015, menée par l’ONU, c’est l’équivalent de la superficie de l’Afrique du Sud qui est déboisé. Les bassins forestiers touchés sont les forêts tropicales, premiers viviers de biodiversité. Selon l’Institut de recherche pour le développement (IRD), elles abritent plus de 50% des espèces d’animaux et de plantes aujourd’hui connues. Jeudi 3 décembre 2015 et restaurer 900 hectares forestiers », précise Matthieu Tiberghien. Lorsque le PHCF sera terminé, « nous pérenniserons le projet de reforestation, soutient Guillaume Chiron. Grâce aux crédits-carbone récoltés pour chaque hectare de forêt préservé, on pourra continuer de financer les associations qui resteront sur place ». W Un danger planétaire « La déforestation est plus qu’une menace pour la biodiversité, alerte Nicolas Métro, président de Kinomé, une entreprise qui revalorise durablement la forêt. Aujourd’hui, c’est une réalité alarmante. » La déforestation pèse sur la biodiversité exceptionnelle de trois principaux bassins forestiers. Evidemment, le premier est l’Amazonie, véritable poumon vert de la planète. Cette région, qui possède la plus importante biodiversité au monde, a d’ores et déjà été réduite d’un cinquième de sa superficie. D’ici à 2040, la Banque mondiale estime que 40% de l’Amazonie aura totalement disparu. « L’Asie du Sud et surtout l’Indonésie souffrent aussi énormément du déboisement, explique Nicolas Métro. Enfin, il ne faut pas oublier le bassin du Congo, dont la biodiversité est réellement menacée. » WC.C.
Jeudi 3 décembre 2015 Environnement 19 PÉROU Le photovoltaïque est l’une des réponses apportées aux besoins énergétiques du pays L’énergie solaire a un avenir radieux Cécile Guthleben Pour répondre à la demande croissante de la population en énergie (+ 8% par an depuis dix ans), le Pérou s’est lancé dans un grand programme de diversification de ses sources d’énergie. Premier volet  : la construction de deux centrales photovoltaïques près d’Arequipa, dans le sud du Pérou. A la suite d’un appel d’offres de l’Etat en 2011, T-Solar, producteur indépendant d’énergie solaire photovoltaïque, s’est vu attribuer le marché avec le soutien financier de Proparco, filiale de l’Agence française de développement (AFD). Le tout pour un investissement de plus de 165 millions de dollars. Accéder au photovoltaïque Aujourd’hui, EDF estime la part du solaire à 4,6% de la production mondiale d’électricité. Plusieurs conditions sont requises au développement du photovoltaïque, comme l’explique Benoît Couraud, chercheur à l’Institut supérieur d’électronique et du numérique (Isen)  : « Il faut que les pays soient stables politiquement, qu’ils aient accès à des financements, mais aussi qu’ils ne disposent pas d’autres ressources en grande quantité. » En effet, les pays qui produisent beaucoup de charbon ou de gaz vont d’abord les privilégier. Bien que très ensoleillés, certains pays d’Afrique ne sont donc pas les mieux placés. Le chercheur cite en exemple l’Afrique du Sud et l’Inde, qui ont de plus en plus recours au photovoltaïque. D’autres critères sont également à prendre en compte. Le cabinet Eclareon, spécialisé dans les énergies renouvelables, a publié un rapport qui pointe la nécessaire parité entre le degré d’irradiation du pays et le prix de référence de l’électricité. Pour que la production d’électricité photovoltaïque soit rentable, il faut à la fois que les rayons du soleil frappent fort dans le pays, mais aussi que le prix de l’électricité de base soit élevé, afin que le passage au photovoltaïque n’entraîne pas une augmentation de la facture pour les usagers. A ce titre, le Chili et le Maroc font figure de meilleurs élèves. WC. G. Superstock/Sipa Les deux centrales, situées au sein des districts de La Joya et de Caylloma, ont été livrées et mises en service en 2012. Elles réalisent des performances « qui « Les performances des centrales dépassent de 15% les prévisions. » Emmanuelle Matz, Proparco Il existe deux types de structures permettant la production d’énergie photovoltaïque. Les centrales, qui existent depuis une trentaine d’années, et les serres, un nouveau type d’installation qui se développe depuis trois ans. Elles fonctionnent toutes les deux aux moyens de panneaux qui captent les rayons du soleil pour les transformer en énergie puis en électricité. Cependant, il existe une différence entre les deux. dépassent de 15% les prévisions », se félicite Emmanuelle Matz, responsable de la division infrastructures et mines chez Proparco. « 75 GWh sont fournis chaque année à l’Etat et le surplus est vendu à des sociétés de distribution privées, le secteur étant largement ouvert au Pérou », détaille-t-elle. L’engagement de l’Etat a permis d’éviter une hausse des tarifs de l’électricité pour les usagers. Une zone propice La région d’Arequipa n’a pas été choisie au hasard. Elle est particulièrement adaptée au photovoltaïque car elle bénéficie d’un fort taux d’ensoleillement et de radiation du fait de sa proximité avec le désert d’Atacama. Son faible taux de peuplement a également facilité l’installation des équipements. Mais c’est aussi une région riche, comme l’explique Arnaud Michaux, associé fondateur de CCPM Grupo Consultor, une La région d’Arequipa (ici la ville), au Pérou, a accueilli deux centrales photovoltaïques en 2012. Construites sur un terrain agricole, les serres photovoltaïques abritent des cultures et leur toit est constitué de panneaux solaires. Ce système permet à la fois le développement de l’agriculture et la production d’énergie. Il est particulièrement adapté aux pays très ensoleillés. Arnaud Mine, président de Soler, groupement français des professionnels du solaire photovoltaïque, explique  : « Les cultures sous société de conseil basée au Pérou  : « Les exploitations minières ont rapporté beaucoup d’argent, ce qui a permis la mise en place de plans de développements dans l’éducation et la santé. Il est donc plus facile d’y faire avancer les choses. » Depuis 2012, le Pérou a ouvert de nouveaux appels d’offres pour la construction de centrales photovoltaïques et d’éoliennes. Cependant, comme l’explique Arnaud Michaux  : « Si aujourd’hui le discours politique est pro-renouvelable, ça ne garantit pas l’application des décisions. Le Pérou est une démocratie encore jeune. Un changement de gouvernement peut entraîner un changement de politique. » W Les différences entre les serres et les centrales serre bénéficient d’un ensoleillement moindre, dû à la présence des panneaux solaires, ce qui intéresse les pays qui manquent d’ombre. Les pays du Moyen- Orient apprécient ces installations amenées à se développer. » Second avantage de ces serres photovoltaïques  : l’électricité produite peut servir directement à l’agriculture, comme c’est le cas d’un projet mené par Arnaud Mine au Kenya. WC. G.



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