20 Minutes France n°2915 3 déc 2015
20 Minutes France n°2915 3 déc 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2915 de 3 déc 2015

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 10,2 Mo

  • Dans ce numéro : accélérer sur le renouvelable...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 Environnement ÉNERGIE Les éoliennes sont l’un des principaux investissements du gouvernement chinois La Chine a du vent dans les ailes Coralie Lemke Sur les montagnes du Yunnan, 41 machines s’élèvent côte à côte à Zhemoshan. Ce premier parc éolien dans le sud de la Chine a vu le jour en 2008 grâce à un prêt de l’Agence française de développement (AFD) de 27 millions d’euros. « Le site du projet se trouve à 17 km de la ville de Dali, sur une crête montagneuse où il y a beaucoup de courants d’air. Il est perché à près de 3 000 m d’altitude », explique Ping Zou, chargée de projet senior à l’agence AFD de Pékin. « Ce projet réduit la consommation de 24 000 tonnes de charbon par an. » Ping Zou, AFD Pékin Cette région bien ventée est propice au développement de l’énergie éolienne. Une fois sa construction terminée, le projet a eu un fort impact sur place. L’énergie produite est aujourd’hui raccordée au réseau d’électricité local de la région de Dali et permet d’employer une vingtaine de personnes. A un niveau plus global, le développement du parc éolien permet de moins faire appel aux énergies fossiles. « La réalisation de ce projet réduit annuellement la consommation de 24000 tonnes de charbon », précise AFP A Dali, dans la province du Yunnan, une rangée d’éoliennes subvient aux besoins énergétiques de 30 000 personnes. « Savoir gérer les flux d’énergie » Christian de Gromard, chef de projet en Chine et référent énergie à l’Agence française de développement (AFD) Mis à part l’énergie éolienne, quelles sont les autres solutions climat qui existent en Chine ? En août 2014, l’hydroélectricité représentait 17,5% de l’énergie produite. Les autres énergies renouvelables, comme la bioélectricité, s’élevaient à 0,7% et 0,1% pour le solaire. L’énergie hydraulique est vraiment en tête, notamment avec d’immenses barrages comme celui des Trois-Gorges, situé dans la province du Hubei.C. de Gromard La géographie du pays est-elle propice au développement des énergies renouvelables ? Les centres de production d’énergie solaire sont partout, mais l’espace pour les grandes centrales solaires se trouve au centre et à l’ouest. L’inconvénient, c’est que les centres de consommation, eux, sont à l’est, dans la zone côtière. Il faut donc acheminer l’électricité produite d’un bout à l’autre du pays grâce à de grandes lignes. Quels sont les nouveaux défis à relever pour la Chine ? Comme l’ensoleillement et le vent peuvent varier, les énergies renouvelables sont produites en flux irréguliers. Il faut donc savoir gérer ces flux renouvelables variables et se doter de réseaux intelligents qui permettent de les réguler. W Propos recueillis parC.L. Ping Zou. Car la Chine s’est fixé des objectifs afin de réduire ses énergies polluantes. « Le pays s’est engagé à ce que 20% de l’énergie consommée à l’horizon 2030 soit produite avec des énergies non fossiles », explique Célia Gautier, chargée de mission à l’association Réseau action climat (RAC). Pour atteindre ce but, la Chine mise donc sur l’énergie éolienne. L’Asie en ligne de mire Fin 2013, le pays était déjà premier producteur d’énergie éolienne, assurant 28,7% de la production mondiale, loin devant les Etats-Unis et leurs 19,2%, selon le dernier rapport du Global Wind L’énergie éolienne, c’est aussi du tourisme Un parc éolien peut produire plus que de l’électricité propre. Il peut devenir une activité touristique, comme en Auvergne, où le parc d’Ally-Mercœur reçoit des visiteurs depuis sa construction, en 2005. « Ça a commencé par des visites de chantier, puis nous avons eu des personnes du troisième âge et des élus qui venaient sur place », explique Sébastien Bénistant, guide à l’association Action Ally 2000, qui organise des visites. Une excursion complète Au programme, des illustrations et explications sur l’impressionnante construction des 26 éoliennes, puis une promenade jusqu’au pied des Jeudi 3 décembre 2015 Energy Council (GWEC). « En tant que premier investisseur dans les énergies renouvelables, la Chine s’est positionnée sur le marché asiatique afin d’exporter les technologies développées en matière d’éolien », explique Pierre Cannet, responsable du programme climat chez WWF. De quoi donner une impulsion positive au reste du continent. W machines. « Notre petit plus, c’est que nous complétons le circuit avec une visite des moulins à vent de la région. Cela permet de voir l’énergie éolienne sous un autre angle », explique Sébastien Bénistant. Selon lui, ces visites auraient permis à l’activité touristique de durer d’année en année. Le public s’est d’ailleurs vite élargi, avec des groupes scolaires en sortie sur le thème du développement durable. Aujourd’hui, des touristes viennent de toute la France. « Il y a aussi des Allemands et des Néerlandais très intéressés par l’énergie éolienne. » Même dix ans après leur construction dans la région, ces grandes machines suscitent toujours la curiosité des visiteurs. WC.L.
Jeudi 3 décembre 2015 Environnement 17 MAROC Malgré les progrès, le combat pour l’accès à l’eau potable et à l’assainissement se poursuit La dernière ligne droite pour l’or bleu Thomas Weill Il y a vingt ans, l’accès à l’eau potable au Maroc était de moins de 20%. Aujourd’hui, il est de 100% dans les villes et de 94,5% dans le milieu rural. Pourtant, des efforts restent à faire pour l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), tant pour l’eau potable que pour l’assainissement. L’Agence française de développement (AFD) accompagne les projets de l’ONEE et a apporté une aide de plus de 200 millions d’euros. L’AFD appuie aussi des régies municipales, notamment celle d’Oujda dans le nord-est du pays. Dans cette ville où tout le monde a désormais accès à l’eau potable, « l’enjeu est la Anticiper les sécheresses Lors des sécheresses, les chutes de pluie insuffisantes font baisser les rendements agricoles. Les pays d’Afrique, très touchés, disposent néanmoins de solutions pour prévoir les risques et s’en garantir. D’après Serge Janicot, spécialiste du climat à l’Institut de recherche pour le développement, l’un des outils principaux bien que parfois imprécis reste la prévision saisonnière  : « L’état thermique des océans au mois de mai donne des informations sur les pluies de juillet à septembre. » Plus il fait chaud sur la côte, moins il pleuvra à l’intérieur des terres. Autre méthode, le suivi agronomique. « Grâce à des images satellites de l’évolution des cultures, il est possible d’obtenir des informations sur l’humidité des sols et donner des recommandations appropriées », explique Serge Janicot. Habitués à anticiper ce genre d’aléas, certains paysans s’adaptent aussi pour limiter les risques. « Les agriculteurs vont utiliser des espèces à cycles longs, plus productives », commente le chercheur de l’IRD. Certains organismes, comme le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, essaient aussi de développer des assurances climatiques, afin que les agriculteurs reçoivent une indemnité en cas de sécheresse. W T. W. ONEE pérennité de l’exploitation », déclare Lionel Goujon, « Elle s’obtient en réduisant les fuites des réseaux », poursuit-il. Dans la ville « Notre objectif est d’améliorer les conditions de vie des populations rurales. » AhmedGharbaoui, de l’ONEE d’Oujda, le pourcentage d’eau potable arrivant à leurs destinataires n’était que de 53% en 2009. Il atteint maintenant 62% et l’objectif est d’atteindre 75% en 2019. Pourtant, pour l’ONEE, l’amélioration de l’accès à l’eau potable dans les campagnes demeure une priorité. La politique d’assainissement « Notre objectif est d’améliorer les conditions de vie des populations rurales. En modernisant la desserte, nous réduisons le temps de récolte d’eau, la prévalence de maladies hydriques, et crééons des emplois », explique AhmedGharbaoui, coordinateur des programmes eau potable de l’ONEE. Si la politique de l’alimentation à l’eau potable (AEP) est née il y a vingt ans au Maroc, le projet d’assainissement est intervenu plus tard. « On ne peut s’y intéresser qu’une fois que l’eau potable est développée », précise Lionel Goujon. Comment améliorer l’accès à l’eau potable Depuis 1990, l’accès à l’eau potable est passé de 76% à 91% de la population mondiale, d’après un rapport de l’ONU de juin 2015. Un net progrès, qui peut encore s’accentuer grâce à différentes solutions. Parmi les bons élèves, Frédéric Naulet, responsable du programme eau assainissement et déchets à l’ONG Gret, évoque le Sénégal  : « Il y a quelques années, le programme Alizés, appliqué le long du fleuve Sénégal, avait pour but de traiter les eaux du cours d’eau avec des unités alimentées par l’énergie éolienne gérée localement. » De l’autre côté du fleuve, la Mauritanie avait, elle, fait le pari du photovoltaïque pour alimenter les unités de traitement des eaux. « Des opérateurs mauritaniens avaient compris l’intérêt de cette technologie  : avoir une énergie C’est pourquoi le gouvernement marocain met en place le Plan national d’assainissement (PNA) en 2005. L’objectif est de réduire la pollution engendrée par les eaux usées de 60% et améliorer le taux de raccordement à l’assainissement pour atteindre 80% dans les villes. La mise en œuvre du PNA a déjà bien progressé, mais d’importants investissements doivent encore être réalisés  : « étendre le réseau d’assainissement, régulariser les réseaux existants et le transfert des eaux usées vers les stations d’épuration, ainsi que réaliser des stations d’épuration », décrit Saïd Ezzahni, chef de division en charge de la coordination et du pilotage des travaux d’assainissement à l’ONEE. W La station d’épuration de Nador, au Maroc, mise en service en 2010, traite les odeurs de la lagune de Marchica. gratuite permettant de limiter les coûts pour les usagers », raconte le responsable. Frédéric Naulet insiste sur les trois « gisements d’innovation » en matière d’accès à l’eau potable  : « L’aspect technique, la gestion de ces services techniques, et le financement. » Pas de solution miracle selon lui, mais une idée clé pour la suite  : « S’adapter au contexte du pays. » W T. W.



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