20 Minutes France n°2913 30 nov 2015
20 Minutes France n°2913 30 nov 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2913 de 30 nov 2015

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 7,5 Mo

  • Dans ce numéro : c'est pour la jeunesse que se tient la COP21.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 Actualité ##JEV#142-164-http://www.20minutes.fr/tv/afp-actus/207537-c##JEV# ##JEV#90-128-http://www.20minutes.fr/tv/actus/207369-c##JEV# Lundi 30 novembre 2015 EXCLUSIF La COP21 s’ouvre ce lundi au Bourget avec la présence des chefs d’Etat et de gouvernement « Nous sommes tous les Propos recueillis par Audrey Chauvet et Acacio Pereira Il garde le cap. La COP21, la conférence mondiale sur le climat qui s’ouvre ce lundi à Paris, aura bien lieu. Malgré les terribles attentats qui ont frappé la France, il y a deux semaines et un contexte international sous haute tension, François Hollande veut faire de ce rendez-vous climatique un sommet pour sécuriser la vie des générations présentes et futures. Le Président a reçu 20 Minutes pour une interview exclusive, à quelques heures de l’ouverture de la COP21. Après les attentats à Paris, la France et le monde ont-ils vraiment la tête à parler de climat ? Plus que jamais. Car c’est le sort de l’humanité qui est à l’ordre du jour de cette conférence. Après les attentats survenus en France, nous devons traiter l’urgence et répondre au défi terroriste, mais aussi agir pour le long terme. C’est pourquoi j’ai voulu, au lendemain des attaques du 13 novembre, confirmer la tenue de la COP21 et appeler les chefs d’Etat et de gouvernement à venir en très grand nombre à Paris. Ils seront plus de 150 réunis au même moment au même endroit. Pour réaffirmer leur solidarité à l’égard de la France. Pour prendre leurs responsabilités face au réchauffement de la planète. « Nous devons trouver un accord ambitieux et contraignant. » Vous recevez en effet ce lundi plus de 150 chefs d’Etat et de gouvernement pour l’ouverture de la COP21. Comment les jeunes, ceux qui voulaient descendre dans la rue pour le climat, ceux qui sont confrontés au chômage et aujourd’hui au terrorisme, peuventils avoir confiance en ces dirigeants pour trouver une solution au problème climatique ? Les manifestations de rue ont été annulées. Chacun peut le comprendre dans le contexte que nous connaissons. Mais il y a mille façons pour les citoyens de faire entendre leur voix  : pétitions, réseaux sociaux, défilés partout dans le monde... C’est pour la jeunesse que se tient la COP21. Il s’agitC. Gonthier/20 Minutes Jusqu’au 11 décembre, François Hollande va œuvrer à trouver un accord pour limiter le réchauffement climatique. de réduire le réchauffement de la planète d’ici à la fin du siècle et nous savons bien que si nous sommes audelà de 2 °C, la vie de nos enfants et de nos petits-enfants sera plus difficile et plus dangereuse. Des conflits éclateront à mesure que reculeront les terres cultivables et que les migrations s’amplifieront. Aujourd’hui, il y a déjà plus de réfugiés provoqués par le climat que par les guerres. Ensuite, les solutions de la conférence à travers la transition énergétique et les financements qui l’accompagneront pourront stimuler la croissance, ce qui sera bon pour la jeunesse des pays développés, mais aussi pour celle des pays les plus pauvres. Enfin, si nous voulons éviter que les fanatismes et les mouvements extrémistes s’emparent du désarroi provoqué par les conséquences du dérèglement climatique, nous devons trouver à Paris un accord ambitieux et contraignant. Je ne demande pas aux jeunes d’avoir confiance dans les dirigeants. Je leur demande de s’engager et d’être vigilants. Et l’histoire jugera sévèrement les chefs d’Etat et de gouvernement si, en décembre 2015, ils ont manqué ce rendez-vous. Beaucoup pensent que les manifestations annulées à Paris pour des raisons de sécurité vont rendre cette pression citoyenne moins tangible… Je fais confiance aux ONG pour lancer les alertes, vérifier les engagements et donner les informations sur la portée des décisions. Les dirigeants du monde ne pourront pas les ignorer. Les délégués de la conférence qui
Lundi 30 novembre 2015 Actualité 7 du monde entier. Le Président explique ses espoirs et ses attentes avant ce rendez-vous autour du climat architectes de la planète » viennent de tous les continents ne sont pas un public facile. Ils ne se laisseront pas faire ! Et ils auront raison. A quelles conditions pourra-t-on dire que la COP21 est un succès ? D’abord, il faut un accord. Ensuite, cet accord doit nous mettre sur une trajectoire qui évite le réchauffement de plus de 2 °C de la planète d’ici à la fin du siècle. Or, si on fait la somme de toutes les contributions nationales qui ont été adressées pour la COP21, nous serons sensiblement au-dessus des 2 °C. Ce n’est pas acceptable. Aussi, il est indispensable que soient révisés périodiquement les engagements des pays. Enfin, nous devons dégager des financements abondants pour permettre des investissements dans les pays les plus vulnérables au changement climatique. Mais, au-delà même des gouvernements, les collectivités locales, les grandes régions, les entreprises doivent également s’impliquer, notamment sur le prix du carbone. Il s’agit de modifier le comportement de l’ensemble des acteurs économiques pour réduire le poids des énergies fossiles. Quel atout a la France par rapport à d’autres pays organisateurs des conférences sur le climat pour mettre tout le monde d’accord ? Je ne jouerai pas avec les circonstances. Ce ne serait pas digne. Et je ne confonds pas les enjeux. Je ne demande pas à la planète de faire un geste envers la France, mais pour elle-même. La France a voulu être écologiquement exemplaire. C’est le sens de la loi de Ségolène Royal sur la transition énergétique. Notre pays a su également, avec l’Allemagne, entraîner l’Europe pour faire monter les énergies renouvelables et pour dégager des financements. La France est un pays capable de parler aux pays les plus pauvres, africains notamment, comme aux plus riches puisque nous sommes au G7 et au G20, mais elle est aussi un des Etats qui fait le plus pour l’aide au développement. J’ai d’ailleurs annoncé à la tribune des Nations unies, en septembre dernier, des engagements financiers supplémentaires de la part de la France. L’Arabie saoudite, important producteur de pétrole, est un des pays les plus réticents à conclure un accord contraignant sur le climat. Elle est aussi accusée, à tort ou à raison, de contribuer au financement du terrorisme. Peut-elle rester unC. Gonthier/20 Minutes partenaire privilégié de la France ? L’Arabie saoudite est un partenaire de la France depuis des années. Si je ne partage pas toutes les conceptions de l’Arabie saoudite notamment sur les droits de l’homme, je sais que ce pays est un acteur indispensable pour régler les crises en Irak et en Syrie. Il en est de même de l’Iran, de la Russie ou de la Turquie. Pour la conférence sur le climat, je dois convaincre les pays producteurs de pétrole que leur avenir n’est plus dans les énergies fossiles « Ce sera Paris qui s’illustrera comme la capitale des droits de l’humanité. » et qu’ils doivent utiliser leurs ressources pour accélérer la transition énergétique. Aujourd’hui, le prix du pétrole est bas car de nombreux pays ont mis en place des plans pour développer les énergies renouvelables. Et cette tendance va se poursuivre. Si elle est favorable à notre pouvoir d’achat, elle ne doit pas nous freiner dans nos efforts d’économies d’énergie et de réduction de notre consommation de pétrole. En cas d’échec de la COP21, qui en assumerait la responsabilité ? Tous les pays du monde. Et notamment les plus gros émetteurs de CO 2. En revanche, si nous réussissons, ce sera Paris qui s’illustrera une fois encore comme la capitale des droits de l’humanité. En 2002, Jacques Chirac avait prononcé, lors de la conférence sur le climat de Johannesburg, cette phrase devenue célèbre  : « La maison brûle et nous regardons ailleurs. » Quelle serait la « punchline » aujourd’hui ? Il ne s’agit plus de regarder la maison, mais de la reconstruire. Ne soyons plus spectateurs, agissons. Bâtissons un nouveau modèle, nous sommes tous les architectes de la planète. W La COP21, c’est quoi ? Ce n’est ni le nom d’une mission spatiale, ni le titre d’un blockbuster hollywoodien, ni le nom d’un robot japonais. COP21 est l’abréviation de « conférence des parties » (« Conference of the Parties » en anglais), les parties en question étant les pays membres de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Pour simplifier, les Etats membres de l’ONU. Et cette année, ce sera la 21 e fois que ces pays se réunissent pour parler climat. Donc COP21. V De quoi on parle pendant les COP ? Depuis 1992, les 196 Etats qui se réunissent ont pour objectif de limiter les émissions de gaz à effet de serre mondiales. Ces gaz, en particulier le dioxyde de carbone (CO 2) et le méthane (CH 4), sont émis en très grande quantité par de nombreuses activités humaines. En 2014, la concentration de CO 2 dans l’atmosphère a atteint les 400ppm (parties par millions), alors que cette concentration n’était que de 278ppm avant l’époque industrielle. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) estime que Le Président a testé la « 21 e Minute » François Hollande a pu tester la nouvelle expérience de lecture digitale « Mission  : Climat », la nouvelle « 21 e Minute ». Pour l’occasion, 20 Minutes vous propose de partir en mission en 2100 pour tenter de contenir le réchauffement climatique. « Avec un réchauffement de 2 °C à 3 °C, les catastrophes se multiplient, a commenté le Président, séduit par le concept. Au-delà des 4 °C, la planète suffoquera. L’enjeu est de décider la température du globe s’est élevée de 0,85 °C depuis 1880. V Quel est le but de la conférence ? L’objectif est de parvenir à un accord mondial pour limiter le réchauffement moyen du globe à 2 °C. C’est en effet le seuil au-dessus duquel les impacts sur l’environnement deviennent imprévisibles et incontrôlables  : tempêtes, inondations, sécheresses… Le Giec estime que dans le pire des scénarios, c’est-à-dire dans le cas où les émissions de gaz à effet de serre continueraient à augmenter, la planète se réchaufferait de 4,8 °C. V Comment faire pour limiter les émissions ? C’est tout l’enjeu des négociations qui auront lieu pendant la COP. Il faut convaincre tout le monde de revoir ses objectifs. Les Etats-Unis et la Chine, les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre au monde, semblent volontaires pour prendre un tournant plus vert. En revanche, la résistance de certains pays comme l’Arabie saoudite ou l’Inde, qui soit vivent de la rente pétrolière, soit veulent continuer à développer leur économie sans contraintes, pose problème. W A. Ch. aujourd’hui pour une planète plus vivable à la fin du siècle. Nous éprouvons là ce qu’il y a de plus beau dans la politique, faire des choix alors que nous ne serons plus là pour en constater la réussite. Je voudrais qu’en 2100, on se souvienne des dirigeants qui auront pris les bonnes décisions en 2015. Mais surtout, qu’en cas d’échec, qu’on n’oublie pas le nom de ceux qui auront préféré attendre. » W



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