02 n°92 déc 19/jan-fév 2020
02 n°92 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°92 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Zoo galerie

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : Teresa Margolles, Peter Friedl et Corentin Canesson invités de ce numéro.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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1 Agrandissement de la sculpture Wunschkonzert, 2019. 5 Guest Katinka Bock 4 Cet automne 2019, l’artiste allemande Katinka Bock expose simultanément dans deux lieux de Paris où elle vit depuis maintenant vingt ans. L’exposition du prix Marcel Duchamp au Centre Pompidou et « Tumulte à Higienópolis » à Lafayette Anticipations permettent à la fois de retrouver les axes principaux de sa recherche et de sonder les évolutions d’un travail de premier ordre sur la scène internationale. Katinka Bock porte une attention singulière aux lieux qu’elle investit tout en évoquant souvent un « ailleurs » analogique. Ainsi, l’œuvre monumentale Rauschen 1, exposée à Lafayette Anticipations, est recouverte des plaques de cuivre de l’ancienne toiture du Anzeiger-Hochhaus, haut lieu de production éditoriale de Hanovre, en Allemagne. Depuis le milieu des années 2000, la volonté de l’artiste de se confronter à une spécificité architecturale tout en essayant de s’extraire du lieu, en l’ouvrant, en jouant avec ses limites, révèle son goût pour une forme de « débordement »  : le bord permettant d’être, depuis l’intérieur, au plus proche de l’extérieur. Ainsi, pour le Printemps de Septembre à Toulouse en 2007, elle créait déjà, comme souvent dans ses sculptures, un mouvement de balancier entre un arbre jeté dans le courant et un bloc de bois exposé à l’intérieur, le retenant par un câble (Hysteros, 2007). À la Fondazione Pastifico Cerere à Rome en 2009 (Geschwister, 2009) comme à l’Institut d’art contemporain à Villeurbanne en 2018 (Personne, 2012 et April Personne, 2013), elle lie des œuvres par paires, l’une étant exposée aux intempéries à l’extérieur, l’autre séchant lentement à l’intérieur. Chacune s’intègre dans un paysage donné, la nature ou la ville pour l’une, l’exposition pour l’autre, évoquant la philosophie chinoise et son aspiration à réunir des éléments considérés comme opposés en Europe  : l’ombre et la lumière, le yin et le yang, le féminin et le masculin, l’intérieur et l’extérieur, et mettant ainsi en évidence la circulation des énergies dans tous êtres et toutes choses. Pour d’autres expositions, ce lien entre « dehors » et « dedans » est plus le fruit d’une étude du contexte socioculturel que du contexte architectural des lieux qui l’accueillent. Dans « Zarba Lonsa » aux Laboratoires d’Aubervilliers en 2015, « o_oo » au Mercer Union de Toronto en 2016 et « Tomorrow’s Sculpture, Radio » à l’IAC de Villeurbanne en 2018, des objets ont été troqués contre des sculptures qui s’exposent dans les commerces ou chez les habitants de la ville. Katinka Bock — par Leila Couradin Les œuvres se fraient ainsi une place dans une boucherie, un bazar, un salon de coiffure ou un appartement. Le souffle circule, l’« ici » renvoyant souvent à un « ailleurs ». Dans « Tumulte à Higienópolis », la sculpture Rauschen évoque un autre espace et porte sur sa surface les stigmates d’une vie antérieure — les bombardements de la Seconde Guerre mondiale notamment. Le passage du temps est un sujet central de la pratique de Katinka Bock, chaque œuvre est chargée d’une histoire qui lui est propre, d’un passé qui laisse souvent des traces. Avant d’être exposées dans « Radio Piombino », au festival The Common Guild de Glasgow en 2018, des œuvres ont été déposées dans différents lieux publics et privés de la ville, enregistrant pour un temps les données de leur environnement. Une fois réunies, chacune ayant en mémoire sa précédente adresse, elles composent une cartographie invisible, incomplète et subjective de la ville de Glasgow. À Luxembourg, une première colonne en bronze (Population (high culture), 2018) a été longuement exposée aux intempéries sur le toit du Mudam, quand la seconde, (Population (low culture), 2018), a été plongée dans l’Alzette, la rivière qui passe en contrebas et traverse la ville. Ces sculptures jumelles, comme deux témoins du temps qui passe, s’apparentent à de véritables portraits en creux de Luxembourg. Cette année, Toxic Fountain, une cuillère monumentale en cuivre, s’oxyde en récoltant l’eau de pluie devant Lafayette Anticipations et de larges tissus bleus ont été installés dans une rue du quartier du Marais plusieurs mois avant le début de l’exposition du prix Marcel Duchamp pour s’imprégner littéralement de leur environnement. Chaque œuvre de Katinka Bock est donc toujours dans un état transitoire, en métamorphose  : le liquide devenant solide, le lourd devenant léger, l’humide devenant aride. Le paysage tout entier se renverse parfois, l’horizontal devenant tout à coup vertical. Ces métamorphoses ostensibles attestent la superposition du temps de l’exposition et du temps de production, faisant de l’espace de monstration un atelier ouvert. Ce sont les matériaux et les processus qui leur sont appliqués qui laissent entrevoir un fonctionnement de la pensée autant qu’une méthodologie de travail. En 2011, l’artiste dépose au cœur du Skulpturenpark de Cologne des plaques de terre crue qui enregistreront ici encore le temps qui passe avant que leur cuisson
5 Guest Katinka Bock 5 Katinka Bock, Rauschen, 2019. Cuivre, fibre de verre/Copper, fibreglass. Courtesy Katinka Bock ; Jocelyn Wolff, Paris ; Meyer Riegger, Karlsruhe/Berlin ; Greta Meert, Bruxelles. Production Lafayette Anticipations. Vue de l’exposition/Exhibition view Lafayette Anticipations. Photo  : Pierre Antoine/Lafayette Anticipations, Paris



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