02 n°92 déc 19/jan-fév 2020
02 n°92 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°92 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Zoo galerie

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : Teresa Margolles, Peter Friedl et Corentin Canesson invités de ce numéro.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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3 Interview Claire Le Restif 4 Claire Le Restif — s’entretient avec Patrice Joly Claire Le Restif dirige depuis 2003 le centre d’art le Crédac à Ivry-sur-Seine auquel elle a su donner une visibilité et une identité indéniables, affichant une ligne sans concessions à la tendance du moment tout en affirmant clairement ses engagements. En 2011, elle organise le déménagement du centre à la Manufacture des Œillets et inaugure le nouvel espace avec une exposition de Mircea Cantor. En octobre dernier, elle était la commissaire du Prix Fondation d’entreprise Ricard qui a vu le Colombien Marcos Avila Forero devenir lauréat de l’édition 2019. Pour sa sélection, elle a plutôt privilégié la fidélité envers de régulières fréquentations artistiques, plaçant cette session sous le signe d’un prolongement de son activité ivryesque plutôt que sous la bannière d’un jeunisme et d’une recherche exacerbée de nouveaux talents. Passée cette parenthèse, la vie du centre d’art reprend son cours avec son rythme régulier de nouvelles expositions. Mais qu’est-ce que la normalité d’un centre d’art au xxi e siècle ? Questions à une directrice passionnée par son métier. Patrice Joly À l’inverse de nombreux curateurs qui t’ont précédée sur le commissariat de la sélection pour le Prix Ricard, tu as plutôt choisi d’inviter des artistes que tu connaissais bien, qui étaient déjà repérés sur la scène française et/ou que tu avais déjà exposés  : doit-on considérer cette position comme une réaction envers le jeunisme à tout va qui anime de nombreuses structures de l’art contemporain ? Claire Le Restif Créer la surprise n’est pas un enjeu qui m’intéresse et Colette Barbier, directrice de la Fondation d’entreprise Ricard, m’a laissé toute liberté à ce sujet. Je sais que les artistes attendent davantage de ce type d’exercice que d’être réduits à « concourir ». Chaque édition du Prix depuis vingt-et-un ans nous dit quelque chose de l’époque. Ma proposition, « Le Fil d’alerte », voulait répondre notamment au débat actuel sur davantage de diversité et d’inclusion dans un milieu blanc, masculin et aisé. Tu connais par ailleurs ma position en faveur de l’exposition comme moment partagé où les œuvres se côtoient. C’est donc également une exposition comme une autre. Tu as raison, j’ai choisi des artistes avec lesquels je dialogue ou travaille, mais pas uniquement. Ce choix témoigne de la diversité des pratiques artistiques et de l’origine des artistes. Certains trouvent leur sujet sur le pas de leur porte (Boudvin…), d’autres au bout du monde (Kiwanga, Choisne, Peñafiel Loaiza…). Plus qu’un thème, c’est une attitude que j’ai voulu pointer, car tous les artistes du « Fil d’alerte » manifestent une attention au monde, activent les consciences par des gestes sensibles et militants, porteurs de pensées alternatives. Je pense avoir réussi à faire tenir ensemble l’hétérogénéité des pratiques et des sujets, même si plusieurs comme Choisne, Maheke et Kiwanga se retrouvent autour de questionnement coloniaux et féministes si nécessaires aujourd’hui. En revanche, ce que je n’ai pas résolu dans ce contexte, c’est la place réservée à la performance, alors que Maheke et Kiwanga la pratiquent autant que l’installation. Dans le communiqué de presse de « J’aime le rose pâle et les femmes ingrates », l’exposition proposée par Sarah Tritz au Crédac, au titre si énigmatique, tu parles des expositions collectives réalisées par des artistes qui t’ont marquée et, bizarrement, tu ne cites aucun artiste français ni aucune exposition dans une institution hexagonale… Est-ce à dire qu’aucune proposition made in France ne trouve grâce à tes yeux ? À quoi est-ce dû selon toi ? Au manque d’artistes/curateurs à la hauteur de l’enjeu, à la faiblesse des budgets des structures françaises, à l’aspect périphérique de la scène française ? Une petite question polémique ne fait pas de mal ! En effet, les expositions collectives organisées par des artistes et l’éclairage que celles-ci proposent sur leur propre travail m’ont toujours intéressée. Je cite « The Russian Linesman » par Mark Wallinger (Hayward Gallery, Londres, 2009) ; « An Aside » par Tacita Dean (Camden Art Center, Londres, 2005) ; « La carte d’après nature » par Thomas Demand (NMNM, Monaco et Matthew Marks Gallery, New York, 2011) ; « The Inacessible poem » par Simon Starling (Fondazione Merz, Turin, 2012). Mais qui dit préférence ne dit pas exclusivité ! J’aurais pu évoquer l’invitation faite par Marc-Olivier Walher, quand il était le directeur du Palais de Tokyo, à Ugo Rondinone comme commissaire de l’exposition « The Third Mind » en 2007. Mais cela ne règle pas la question des artistes-commissaires français que tu me poses. En France, ce sont les artist-run spaces, où certaines des expositions sont signées par des artistes-commissaires, qui m’ont en partie formée. Je pense à Public à Paris (il y a vingt ans certes) où Boris Achour (je ne parle ici que de l’artiste dans le collectif) était actif, au projet Irma Vep Lab à Chatillon-sur-Marne animé par Laurent Montaron, ou encore Glassbox à Paris avec
3 Interview Claire Le Restif 5 Vue de l’exposition/View of the exhibition « Le fil d’alerte – 21 e Prix Fondation d’entreprise Ricard ». De gauche à droite/From left to right  : Gaëlle Choisne, Survival kit – Quelques vivres pour l’au-delà (biz-biz, l’amour du risque et un peu de matos), 2018, textiles, chaînes, béton et matériaux divers/textiles, chains, concrete and various materials, 400 × 90 × 40 cm ; Gaëlle Choisne, Embers, 2018, vidéo couleur, 4:3, 30» en boucle, céramiques, chaînes, plastique, cigarette et chocolat/looped 30» color video, ceramics, chains, plastic, cigarette and chocolate ; Gaëlle Choisne, Pied d'Alep, 2016, sculpture, savon d’alep de l'entreprise Najel/sculpture, Aleppo soap from Najel, 35 cm ; Corentin Canesson, « Then love takes us to faraway places », René Ricard, 2019, acrylique et huile sur toile/acrylic and oil on canvas, 235 × 155 cm. Photo  : Aurélien Mole/Fondation d’entreprise Ricard.



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