02 n°91 sep/oct/nov 2019
02 n°91 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°91 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Zoo galerie

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 92

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : les frères Quistrebert.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Florian et Michaël Quistrebert, « Zigzag », Centre de Création Contemporaine Olivier Debré, Tours, 25.05 – 11.11.2019 1 « When I started making paintings, the word on painting was ‘PAINTING IS DEAD’. I saw this as an interesting place for painting... So I started engaging in necrophilia... Approaching history in the same way that Dr Frankenstein approaches body parts… » Steven Parrino, The No Textes, (1979-2003), Abaton Book Company, New York 2003, p.43, passage cité par Bob Nickas in Painting Abstraction  : New Elements in Abstract Painting, Phaidon Press, New York, 2009, p.8. 5 Guest Les frères Quistrebert 2 Les frères Quistrebert — par Elena Cardin Après avoir débuté leur carrière sous le signe d’une figuration gothique et postromantique noire, Florian et Michaël Quistrebert décident de prendre une nouvelle direction lors d’une résidence qu’ils effectuent à New York en 2009. À partir de ce moment, leur recherche picturale se tourne vers une étude de l’abstraction, du mouvement, des effets de matière et de lumière. S’ils trouvent dans la ville et dans ses architectures modernistes un riche répertoire de formes desquelles s’inspirer, il est légitime de penser que l’effervescence du débat new-yorkais sur l’état de la peinture abstraite a également joué un rôle important dans cette mutation. Leur séjour à New York coïncide en effet avec l’année de publication de Painting Abstraction  : New Elements in Abstract Painting de Bob Nickas, une longue analyse pointue de la renaissance de la peinture abstraite dans les années 1990 et 2000. Le critique new-yorkais pointe une étroite relation entre ce renouvellement de l’abstraction et l’état de nécrophilie dans lequel versait la peinture depuis la fin des années 1960 face à l’émergence de l’art conceptuel et de la performance. En suivant son raisonnement, la réémergence d’une certaine abstraction picturale découlerait de manière plus ou moins directe de l’état de « zombisme » propre à ce médium. C’est dans les mots de l’artiste américain Steven Parrino, cité par Nickas à cet égard, que cette idée se clarifie  : « Quand j’ai commencé à faire de la peinture, le mot d’ordre était « LA PEINTURE EST MORTE ». J’y ai vu un endroit intéressant pour peindre… J’ai donc commencé à m’engager dans la nécrophilie... Abordant l’histoire de la même manière que le Dr Frankenstein aborde les parties du corps… 1 ». À l’instar de la créature imaginée par Mary Shelley, l’abstraction picturale du début du xxi e siècle semble être le produit d’un assemblage de références et clins d’œil au passé de la défunte peinture. Et les Quistrebert développent une approche à l’histoire de l’art que l’on pourrait définir, avec les mots du critique new-yorkais, comme « frankensteinienne ». Abstraction lyrique, Op art ou encore le groupe ZERO — trois de leurs références majeures — sont exhumés non tant pour un souci d’idéalisation que pour un besoin de détournement. Les frères s’en servent en vertu de leur pouvoir de fascination et de manipulation du regard, tels des outils visuels avec lesquels jouer à une mise en abyme souvent exagérée et caricaturée. Dans leurs installations, les citations se multiplient dans un processus de télescopage déstabilisant qui fait ressortir les écarts et les décalages entre vocabulaires différents. Ainsi, on pourrait voir dans le titre de leur exposition monographique au CCC OD de Tours, « Zigzag », une allusion à leurs multiples déplacements dans l’histoire de l’art et à leurs changements fréquents de direction. Dans la galerie noire qui leur est consacrée, ils jouent à ériger des ponts étranges entre Op art, abstraction lyrique, culture zen, psychédélisme et musique visuelle. Dans cet espace sans fenêtres et peint en noir de manière permanente, les frères proposent un parcours pensé de manière antinomique, tel un face à face entre saturation visuelle et minimalisme zen. L’espace est ainsi divisé en deux parties clairement opposées  : d’un côté, une installation vidéo monumentale au caractère psychédélique et, de l’autre, un accrochage plus mesuré d’une série de peintures blanches réalisées spécifiquement pour ce projet. Conçues comme un contrepoint au bruit visuel de l’installation vidéo, les Rake Paintings sont le résultat d’une superposition des références multiples  : on peut y voir des allusions aux ratissages zen des jardins japonais, à l’abstraction moderniste, aux systèmes codés du spiritualisme et de l’occultisme ou encore à la géométrie sacrée. Cette série se situe dans la suite naturelle de l’expérimentation avec la matière et la lumière qui était à la base des peintures présentées, en 2016, dans leur vaste exposition monographique au Palais de Tokyo. On retrouve la même idée fondatrice des Overlight présentés dans le centre d’art parisien, bien que dans une version plus sobre et moins patinée  : utiliser une matière lourde et épaisse pour créer des effets de lumière qui modifient la perception du regardeur en fonction de son positionnement dans l’espace. Si, au Palais de Tokyo, ils avaient atteint cet effet par le biais d’une peinture iridescente – la même que celle utilisée pour peindre la carrosserie des voitures – pour ce projet ils recourent à une pâte blanche opaque généralement utilisée dans le secteur du bâtiment. L’épaisseur considérable de la matière ainsi que le choix de l’éclairage rendent la perception des motifs géométriques de ces peintures décidément instable et changeante. Les Rake Paintings confirment le goût des deux artistes pour les matériaux industriels, ouvertement « non beaux-arts » comme ils aiment à les définir, dont la manipulation est contraignante et souvent toxique. Ce qui les intéresse dans ce type
5 Guest Les frères Quistrebert 3 [Toutes les images/All the images] Vue de l’exposition « Zigzag » de Florian et Michaël Quistrebert au CCC OD/Florian and Michaël Quistrebert, « Zigzag », CCC OD, 2019, exhibition view. F. Fernandez - CCC OD, Tours. Courtesy Florian et Michael Quistrebert ; Crèvecoeur, Paris.



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