02 n°65 mar/avr/mai 2013
02 n°65 mar/avr/mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°65 de mar/avr/mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Zoo galerie

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 11,6 Mo

  • Dans ce numéro : dossier Los Angeles... Mark Hagen, Ali Subotnick, Sterling Ruby, Marc-Olivier Wahler.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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78 Olivier Nottellet, Tendre Paul Pouvreau, Matières premières Pauline Fondevila, L’Encyclopédie du naufragé CRAC, Sète, du 8 février au 30 mai 2013 Mis au pied des murs du CRAC de Sète, Pauline Fondevila, Paul Pouvreau et Olivier Nottellet ont investi directement les cimaises blanches du lieu pour trois expositions monographiques distinctes, tout en offrant certaines résonances entre elles : chacun aborde à sa manière la question du paysage et tend à déborder son médium de prédilection pour flirter avec d’autres disciplines. Chez Olivier Nottellet, le dessin ou la peinture sont avant tout envisagés comme révélateurs d’un volume. Le peintre se fait sculpteur, en travaillant par ajout ou retrait de matière picturale et en jouant sur les effets de perspective. Etalée sur toute l’aile gauche du rez-de-chaussée, l’œuvre Tendre, spécialement conçue pour le lieu et composée d’une succession de peintures murales, est impossible à appréhender d’un seul coup d’œil. Nottellet invite à une véritable expérience physique toute en longueur. Il faut y circuler pour établir des liens visuels entre les diverses parties qui la composent, largement guidé par une palette chromatique restreinte : le blanc, couleur originelle du mur, le jaune et le noir, utilisés en aplats – en masses pourraiton dire – ou en motifs, trois couleurs respectivement choisies pour leurs qualités de circulation, de profondeur et de fermeture. Par une grande économie de moyens, Nottellet orchestre une partition particulièrement rythmée (ou un scénario, il cite volontiers Ozu comme influence pour cette exposition) qui maîtrise ses silences (le jeu avec le blanc recouvert ou laissé vierge), ses raccords visuels entre les motifs (la multiplication des angles de vue depuis lesquels les éléments de l’œuvre peuvent interférer, révéler ou contrarier le bâti). La question de l’échelle est ici fondamentale, l’artiste jouant sur la monumentalité du lieu pour constamment faire lever les yeux. C’est à un mouvement inverse que les œuvres récentes de Paul Pouvreau nous invitent, en explorant davantage le ras du sol. Tout aussi intéressé par les questions d’échelle et de paysage, ses sérigraphies de grand format marouflées au bas des murs sont des agrandissements de paysages miniatures recréés faits d’emballages quotidiens (briques de lait, boîtes de mouchoirs ou autres) élevés au rang d’architectures dans un jeu constant entre volume et planéité. La forme même de ces emballages cartons et plastiques, leurs éléments graphiques, logos et symboles, constituent depuis de nombreuses années le vocabulaire formel de Paul Pouvreau, qui trouve là le moyen d’opérer par analogie des glissements humoristiques ou poétiques entre le fictif et le réel. Il en va de même dans ses photographies de petit format qui démontrent un intérêt formel pour les encombrants, ces ready-made d’architectures posés à même le sol dans les rues qu’il fixe tels quels, ou ces matériaux pauvres qu’il réagence pour composer un paysage. Mais plus largement, son travail photographique interroge le statut de l’image, réflexion que l’accrochage rend ici particulièrement évidente. Elle est à la fois mise en scène, image documentaire par la présence de signes de notre quotidien, affiche publicitaire (en plus de celles présentées au CRAC, des sérigraphies grand format sont par Alexandrine Dhainaut – Olivier Nottellet La grotte, 2013. Installation et wall painting, production CRAC Languedoc-Roussillon, Sète. disséminées dans les rues de Sète le temps de l’exposition) ou même décorative (la dernière salle présente un mural, transformant les agrandissements d’emballages en papiers peints sur lesquels sont accrochés des dessins sur prospectus). Chez Pauline Fondevila, le dessin est une forme d’écriture autobiographique. À l’étage, elle a varié les supports en présentant un dessin mural, deux séries de dessins aux titres aquatiques (Je chante pour les poissons, Les poissons chantent pour tout le monde, L’Encyclopédie du naufragé), l’une à l’encre, l’autre au stylo bille sur des pages d’un carnet de notes. Des trois, le travail de cette artiste est le plus introspectif, puisant à la fois dans son imagination (son univers graphique est peuplé de créatures hybrides où l’animal et le végétal sont mêlés, d’humains et de têtes de mort) et dans ses références personnelles. Chaque page de son Encyclopédie associe un court texte écrit à la première personne au dessin d’un film, au portrait d’un artiste, d’un musicien connus… Autant d’associations subjectives entre le texte et l’image qui peuvent laisser le visiteur un peu de côté (l’accrochage de deux cent cinquante-deux pages en enfilade selon un même mode texte/dessin aura tendance à en faire une œuvre répétitive qui essouffle rapidement), alors que jusque-là, les œuvres de Nottellet et Pouvreau avaient multiplié les stimuli à notre attention.
Les amas d’Hercule Parc Saint-Léger, Pougues-les-Eaux, du 10 novembre au 10 février 2013 En mettant en dialogue des œuvres qui entretiennent une relation plus ou moins directe à la nature et à ses lois, l’exposition « Les amas d’Hercule » au Parc Saint-Léger semble revenir sans bruit sur un des enjeux historiques de l’art. Le rapport de la culture à l’élément naturel est un thème éculé tant il a longtemps prévalu lors de la création et à la réception de toutes productions artistiques. Aussi, en cette fin révolue de début du xxie siècle, reprendre cette question là où on l’avait laissée il n’y a finalement que peu de temps pourrait d’abord paraître un rien aventureux. Mais cela pourrait signifier également l’envie de reformuler une réponse, de redéfinir des positions. Il faut dire que les artistes, loin d’avoir évacué la question, s’accordent toujours à puiser tous azimuts dans leur environnement direct. Il faut dire également que la science elle-même est sortie de son objectivité pour « mettre en fiction » la nature. C’est là le point de départ de l’exposition. La spéculation des astrophysiciens modélisant et colorant les images d’essaims d’étoiles (les fameux amas d’Hercule) pour faire coïncider la représentation de la réalité et le calcul scientifique de cette même réalité sert de pierre angulaire à une théorie de la perte des repères et de brouillage de pistes. Les œuvres rassemblées travaillent la matière du réel, ses forces et ses phénomènes mais elles substituent au dessein de l’accointance esthétique le souci plus ou moins consciencieux de l’interprétation. En même temps qu’elle organise autour d’elle l’ensemble des œuvres, la sculpture Le ruissellement de l’eau de Pierre Malphettes semble déclamer le statement de l’exposition. S’élevant jusqu’au plus haut point de l’espace central, la pièce monumentale, en mettant en jeu des cheminements d’eau qui s’écoulent jusqu’au sol, convoque un paysage de synthèse poétique et technique. On tourne autour des tubes, des bassins et des plaques comme l’exposition elle-même. Et on peut s’apercevoir assez vite que la question des lois de la nature est finalement assez secondaire, qu’elle est pour ces artistes un prétexte à l’expérience et à la dérive. Alors qu’une imposante Sea Painting de Jessica Warboys témoigne par la peinture des forces invisibles des mouvements de la mer, la vidéo Wind (1968) de Joan Jonas montre des corps balayés par le vent et qui réalisent une chorégraphie contrariée. Plus démesurée et faussement empirique, l’œuvre de l’artiste hongrois Attila Csorgo répond à la grandiloquence monumentale par la folle précision d’un mécanisme bricolé recomposant la Attila Csörgo Untitled (1 tetrahedron + 1 cube + 1 octahedron = 1 dodecahedron), 2000. structure géométrique des quatre éléments du cosmos (l’eau, la terre, l’air et le feu, selon la symbolique platonicienne des solides). Conduites par le discours général, les œuvres semblent ici faire l’une après l’autre la démonstration de leur invention. Et si certaines d’entre elles paraissent parfois à l’étroit dans le costume qu’elles endossent, toutes révèlent malgré tout le désir de s’essayer avec bonheur à ce qui fait la mécanique du monde. Elles montrent alors la qualité joyeusement expérimentale d’un art émancipé qui en a définitivement fini avec la mimésis. Avec Dove Allouche, Nina Canell, Chris Cornish, Attila Csorgo, Edith Dekyndt, Joan Jonas, Irene Kopelman, Ange Leccia, Pierre Malphettes et Jessica Warboys. par Guillaume Mansart – Bâton en bois, ficelle, rouet, boulon, cadre en fer, moteur électrique, 180 x 110 x 80 cm. Collection Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean, Mudam Luxembourg. Donation KBL European Private Bankers. Aurélien Mole. 79



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