02 n°65 mar/avr/mai 2013
02 n°65 mar/avr/mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°65 de mar/avr/mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Zoo galerie

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 11,6 Mo

  • Dans ce numéro : dossier Los Angeles... Mark Hagen, Ali Subotnick, Sterling Ruby, Marc-Olivier Wahler.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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62 Koenraad Dedobbeleer De gauche à droite/From left to right : The Subject Of Matter (for WS), 2010. Bois, fontaine, peinture, plastique/Wood, fountain, paint, plastic, 60 × 60 × 123 cm, courtesy Galerie Micheline Szwajcer. Meant to Be Treasered Because Hands Have Touched Them, 2012. Pierre Bleue belge Guest Koenraad Dedobbeleer et acier peint/Belgian blue stone, painted steel, 122 × 48 × 42 cm, courtesyC.L.E.A.R.I.N.G., New York/Bruxelles. Basic to Any Discourse Concerned with Determination, 2012-2013. Buis, pot en PVC/Box, PVC pot, 43 × 74 × 43 cm, courtesy Mai 36 Galerie, Zürich. Vue de l’exposition/Installation view « Workmanship of Certainty », Centre d’art contemporain d’Ivry - le Crédac, 2013. André Morin/le Crédac.
Koenraad Dedobbeleer Sur la pointe des pieds La récente exposition de Koenraad Dedobbeleer au Crédac 1 s’intitule « Workmanship of Certainty ». Il s’agit du deuxième volet d’une trilogie dont le premier temps fut « Formidable Savage Repressiveness » au Lok/Kunstmuseum de St. Gallen en Suisse, du 8 septembre au 11 novembre 2012, la troisième étape, « You Export Reality To Where It Is You Get Your Money From », aura lieu au SBKM/De Vleeshal à Middelburg, aux Pays-Bas, du 14 avril au 9 juin 2013. Trois moments, un passé, un présent et un futur, pour un projet unique. Trois lieux distincts pour découvrir un ensemble d’œuvres qui entretiennent de nombreuses correspondances, à l’image des relations ambiguës que chacune d’elles entretient avec la réalité. Le travail de Koenraad Dedobbeleer incite le visiteur à faire l’expérience d’accommodations multiples ; sur quels aspects des choses va-t-il ajuster son regard ? Un objet fonctionnel : ce banc sur lequel il peut s’asseoir ? Un élément décoratif : ce buis taillé en topiaire ? Une sculpture sans fonction apparente et purement esthétique : cette masse noire suspendue au plafond ? Un environnement : ce lieu de documentation et d’accueil du Crédac délocalisé au centre même du dispositif d’exposition ? D’emblée, les questions sont nombreuses et les réponses flottantes. Les connexions sont lâches et les œuvres tiennent le visiteur en respect. Il lui semble pourtant être en territoire connu. Ces œuvres lui sont étrangement familières. Leur vocabulaire, extrait de divers types de répertoires, joue simultanément sur plusieurs tableaux : mobilier urbain, ustensile ménager, design, art de la sculpture, éléments architecturaux. Ces formes échappent néanmoins à tout enfermement catégoriel, ruinant toute identification, au sens où l’on pourrait identifier un corps à la morgue. Ici, pas d’identification possible, rien n’est figé, tout est actif. Dedobbeleer ne nous fait pas la demande implicite de choisir entre plusieurs options. Il s’agit de tout embrasser à la fois, sans distinction. Cette absence de hiérarchie est également perceptible dans le mode de fabrication. Si une attention toute particulière est attachée aux pièces faites à la main, entrent aussi en jeu des éléments grossièrement fabriqués ou récupérés à l’état brut : le faux marbre de The Subject of Matter (for WS) ou le formica aux arêtes écornées de An Exterior Destiny to the Interior Being. Le « bel ouvrage » et les pièces usinées au cordeau côtoient ce qui ne semble issu d’aucun savoir-faire particulier et ne nécessite de la part de l’artiste qu’un geste rapide, intuitif, impulsé par une observation particulièrement aiguë des réalités qui l’entourent : un sac en plastique, une pierre ou une image trouvés au hasard. À ceci vient s’ajouter Séverine Cauchy – 63 l’éclectisme des matériaux employés dits « nobles » ou « bas de gamme » : pierre bleue de Belgique, bronze, nickel et bois précieux coexistent en toute intelligence avec papier vinyle adhésif, polystyrène et formica. Le répertoire de formes qui en résulte peut indifféremment être lié à notre société de consommation (gobelet, ampoule, sac en plastique), à ses paysages urbains (borne anti-stationnement, potelet de protection, range-vélo en arceau, jardinière, fontaine à boire) ou encore s’inscrire dans le champ d’une sculpture de type moderniste, minimaliste ou conceptuelle avec l’emploi de formes purement géométriques (sphère, cylindre, cube, parallélépipède). De l’Amazone de Polyclète à la porte d’entrée d’un bar de New York, Dedobbeleer aime à s’entourer de ces Travaux pour amateurs 2 de tous bords comme nous le révèle son revigorant et passionnant livre d’artiste, point d’ancrage de cette trilogie d’expositions. Si les défaillances des systèmes d’identification, l’éclectisme et l’absence de hiérarchie s’imposent au sein des œuvres de Dedobbeleer, leur situation dans l’espace contribue à déstabiliser le visiteur déjà ébranlé dans ses certitudes. Les œuvres n’occupent pas l’espace, le territoire n’est pas conquis par ces objets en trois dimensions. À l’instar d’une danse où s’exercerait une forte attraction réciproque mais aussi une certaine insécurité, le visiteur doit faire sa place avec vigilance, sans se fier aux apparences et en regardant où il met les pieds. From Dissent to Resistence, réplique agrandie et retournée d’un piètement de table de jardin, fait face au visiteur dès qu’il franchit le seuil de l’une des salles. « Trop » près de l’entrée, elle s’impose de toute sa hauteur et, présentée « les pieds en l’air », déstabilise. Les deux parties articulées sont rapprochées à leur maximum de proximité, il est raisonnable de penser que la chute pourrait être imminente sans les rivets qui la fixent au sol. Qu’il bifurque sur sa gauche et le visiteur manque de se prendre les pieds dans la « trop » basse Compromise Discourse of Choice. Ce jeu subtil et récurrent entre équilibre et déséquilibre pose la question des points de contact de l’œuvre avec l’espace dans lequel elle s’inscrit. Solidement posé au sol comme la pièce cylindrique de Für Max und Fritzi, Denkmal, en équilibre sur l’une de ses tranches avec An Exterior Destiny to the Interior Being, sous la trompeuse lévitation du pavé de Unique Forms of Continuity in Space, de l’infime pointe des piètements de Too Quick to Dismiss Aesthetic Autonomy as retrograde, l’objet tridimensionnel pose avec acuité la question de sa relation à l’espace. Ni coïncidence complaisante, ni collision spectaculaire, les liens tissés entre les objets et l’espace ne sont pas à expérimenter dans les termes d’une 02 n°65 Printemps 2013



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