02 n°65 mar/avr/mai 2013
02 n°65 mar/avr/mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°65 de mar/avr/mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Zoo galerie

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 11,6 Mo

  • Dans ce numéro : dossier Los Angeles... Mark Hagen, Ali Subotnick, Sterling Ruby, Marc-Olivier Wahler.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 52 - 53  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
52 53
52 Guest Sterling Ruby Sterling Ruby Vues de l'exposition Soft Work au FRAC Champagne-Ardenne, 2012. Photo : Martin Argyroglo.
Résident de la cité des anges depuis quelques années, Sterling Ruby est aux premières loges pour observer les dérives de la société américaine dont la Californie est un miroir grossissant. Il s’empare d’ailleurs des codes de cette implacable société du spectacle pour en dénoncer les nombreux travers. Ainsi de l’exposition « SUPERMAX », présentée en 2008 au Museum of Contemporary Art de Los Angeles, qui plongeait le visiteur dans une oppressante ambiance post-apocalyptique. Cette installation totale, particulièrement impressionnante, se voulait une virulente critique de Supermax, un programme gouvernemental très controversé qui se concentre sur la détention et l’isolement des prisonniers, à raison de 23h par jour. En mettant ainsi en parallèle l’architecture du Pacific Design Center avec Pelican Bay, prison de haute sécurité de Californie du Nord, Sterling Ruby souhaitait dénoncer les dérives du système pénitentiaire américain, devenu extrêmement répressif depuis les attentats du 11 septembre 2001, les restrictions des libertés individuelles, tout comme la paranoïa de la population américaine – ou tout au moins de ses gouvernants – face au terrorisme et à la délinquance. Le dernier corpus en date de Sterling Ruby, intitulé SOFT WORK, a notamment été présenté au FRAC Champagne-Ardenne il y a quelques mois. Cet ensemble se compose d’une multitude de formes molles, réalisées à partir de morceaux de tissus colorés récupérés ça et là, dont la facture rappelle les quilts réalisés par les Amish ou le Boro japonais. Alors que ses œuvres précédentes se dressaient fièrement et portaient en elles une forme de défi et d’arrogance, les travaux réunis ici traînent au sol ou pendouillent, Sterling Ruby 53 inertes, comme si l’artiste était passé d’une forme active et volontaire de protestation à une sorte de désillusion ou de renoncement. A priori plus ludique que ses précédents travaux, du fait des couleurs vives et de l’aspect rassurant de ces figures molles, l’installation n’en est que plus retorse. En effet, ancien assistant de Mike Kelley au Art Center College of Design de Pasadena, Sterling Ruby est depuis longtemps familier des thèses défendues par son « mentor », et donc très conscient de la charge émotionnelle contenue dans ces pièces de tissu ou dans les Husbands, gros coussins en vogue dans les années quatrevingt dans lesquels se lovaient les femmes célibataires américaines, présentés ici tels des rebuts, délaissés et abandonnés. Avec SOFT WORK, Sterling Ruby s’intéresse donc à l’espace privé, habituel lieu de repli et de protection. Toutefois, point de salut au sein de la famille américaine selon le trublion californien, la sphère de l’intime devenant chez lui non plus le refuge contre l’extérieur, mais bien le lieu de l’aliénation – notamment de la femme – et de l’enfermement. Là où la célèbre peinture de Jasper Johns représentant le drapeau américain trônait fièrement, tel un étendard, le flag de Sterling Ruby pend du plafond, comme en berne, annonçant le délitement de la cellule familiale traditionnelle et l’angoisse à laquelle doivent faire face de nombreux citoyens américains face à la situation actuelle. Une installation d’une rare violence qui, sous des atours séduisants, dresse au final un constat implacable de l’état de la société américaine, et plus globalement de la situation mondiale. – An expression of repressed violence Sterling Ruby Basin Theology/CHC 3, 2012. Céramique/ceramic, 26 × 87 × 83.8 cm. Photo : Robert Wedemeyer, Los Angeles. Courtesy the Artist and Xavier Hufkens, Brussels. Sterling Ruby is often–and wrongly–regarded as a provocative artist and an advocate of « Big is beautiful ». In reality, however, he is much more than this. His aesthetic is, to say the least, well removed from « Lessis more » –to borrow another celebrated slogan–but it would be simplistic to see in him just another paragon of the now famous West Coast scene, well-versed in the spectacular to the detriment of discourse. The body of work that he has been developing for the past fifteen years or so, at times bedecked in a slightly trashy way, enables us to see an extremely critical and lucid interpretation of American society, while at the same time paying no heed to the many links with the great art movements of the latter half of the 20th century that journalists and critics regularly refer to in his regard. The fact is that in articles devoted to him, there are recurrent references to Minimalism—and to Donald Judd in particular— and to the Anti-Formgiven theoretical treatment by Robert 02 n°65 Printemps 2013



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


02 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 102 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 2-302 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 4-502 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 6-702 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 8-902 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 10-1102 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 12-1302 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 14-1502 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 16-1702 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 18-1902 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 20-2102 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 22-2302 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 24-2502 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 26-2702 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 28-2902 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 30-3102 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 32-3302 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 34-3502 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 36-3702 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 38-3902 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 40-4102 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 42-4302 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 44-4502 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 46-4702 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 48-4902 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 50-5102 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 52-5302 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 54-5502 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 56-5702 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 58-5902 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 60-6102 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 62-6302 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 64-6502 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 66-6702 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 68-6902 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 70-7102 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 72-7302 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 74-7502 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 76-7702 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 78-7902 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 80-8102 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 82-8302 numéro 65 mar/avr/mai 2013 Page 84