02 n°65 mar/avr/mai 2013
02 n°65 mar/avr/mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°65 de mar/avr/mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Zoo galerie

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 11,6 Mo

  • Dans ce numéro : dossier Los Angeles... Mark Hagen, Ali Subotnick, Sterling Ruby, Marc-Olivier Wahler.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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36 John Searle, qui a beaucoup réfléchi sur la signification de l’institution – dans sa forme économique, politique, artistique ou autre (et dans ce sens le monde de l’art constitue bel et bien une institution) –, a établi avec justesse que toute institution se définit par le langage. John Searle pose une question essentielle : peut-on parler d’une institution en utilisant un langage qui a été développé par cette institution ? Est-ce qu’on peut parler d’expositions avec le langage défini par ceux-là même qui s’occupent d’expositions ? On sait que dans les sciences, ce problème a été résolu depuis longtemps. Pour parler d’une science, il faut développer un langage qui n’est pas formaté par son domaine de connaissance. Or en art, on le voit bien, le langage qu’on utilise est totalement formaté de l’intérieur. Ou, pour paraphraser le philosophe John Welchman, au lieu d’analyser les œuvres en présupposant le langage, nous ferions mieux d’analyser le rôle du langage dans la constitution des œuvres. D’où cette idée, lorsqu’il s’agit de concevoir des expositions, de parler de tout sauf de l’art contemporain. En d’autres termes, de pointer en dehors du monde de l’art, dans divers domaines de connaissance, des façons de faire, des façons de voir, des grilles de lecture, qui permettent d’expliciter ce qui est en jeu. Si cette grille de lecture est satisfaisante, on peut alors tenter de la transférer dans le monde de l’art et voir de quelle manière elle éclaire les enjeux que les artistes s’efforcent de soulever. Autrement dit, il faut trouver des éléments de langage en dehors du monde de l’art pour ensuite, avec ces nouveaux éléments, expliquer ce qui peut se passer. Cela implique également que pour parler d’art contemporain, on va parler de tout sauf d’art contemporain et que c’est par la marge, par ces nouveaux éléments de langage, qu’on va parler indirectement des enjeux posés par l’art. Interview with Marc-Olivier Wahler « LOST (in LA) » makes direct reference to the famous series from which it partly borrows its name. For Marc- Olivier Wahler, the curator of this exhibition, which filled the Barnsdall Art Centre with a dozen French, American and Swiss artists, what is involved is followingup various basic questions about works of art and the way they are described : What goes to make a work ? How does a « simple » object acquire this quality ? And the like. Los Angeles seems to be the ideal place for developing these questions, based on an exhibition concept which creates a greater number of ambiences and passages, like so many viewpoints on the subject. Interview Marc-Olivier Wahler Ce sont donc des préoccupations que vous poursuivez à travers vos expositions, de Paris à Los Angeles… Pensezvous avoir mieux réussi à mettre en œuvre ces dernières dans « LOST (in LA) », du moins à les avoir rendus plus explicites au Barnsdall qu’au Palais de Tokyo ? Au Palais de Tokyo, j’ai pu mettre en jeu ces préoccupations par le biais d’un programme, c’est-à-dire d’une composition d’expositions tissant des liens entre elles. Il s’agissait d’écrire un système narratif qui se déployait sur une durée de cinq ans et qui questionnait les enjeux de ce qui est visible : que se passe-t-il lorsque l’on met en exergue les excès de visibilité et que l’on questionne les limites du visible, que se passe-t-il lorsque l’on va au-delà de ce qui est visible et que l’on travaille avec les ondes électromagnétiques qui échappent au spectre lumineux, et enfin que se passe-t-il lorsque l’on s’aventure au-delà du spectre électromagnétique ? On disparaît. Ce qui par conséquent signalait la fin du récit développé au Palais de Tokyo, récit qui est appelé à connaître une suite, car toute disparition appelle une réapparition. Avec « Lost (in LA) », la structure narrative est différente, car il s’agit d’une exposition qui ne s’intègre pas dans un programme plus large. Mais en développant des arcs narratifs et des systèmes de références en lien avec une série télévisée qui s’articule elle-même autour de différentes strates temporelles, en affirmant une volonté toute pataphysique de trouver un chaînon formel manquant au sein de ces différentes strates, cette exposition constitue pour moi une autre manière d’aborder ces préoccupations que l’on évoque ici. Leur mise en œuvre est peut-être plus explicite pour le visiteur car on reste dans une temporalité classique déterminée par la durée de la visite de l’exposition, contrairement à la temporalité d’un programme qui se déploie sur plusieurs années. Pour moi, il s’agit à chaque fois de mettre en jeu des conditions propices à tester ces préoccupations. – Patrice Joly—Where did you get the idea of building an exhibition project starting from the series Lost ? Did you see it as a transposition, an « adaptation » ? Did you try and present what people may experience, especially when they are European and find themselves faced with the immensity of the city and the absence of any centre in it ? Marc-Olivier Wahler—The idea came out of a discussion with certain artists about the series Twin Peaks. Everyone was in agreement in acknowledging that that series had both marked the 1990s, and had a significant impact in the artistic community. Is there a series nowadays which might be as influential for artists as that one ?
LOST (in LA) Vue de l'exposition/Installation view. Photo : courtesy of France Los Angeles Exchange (FLAX). Marnie Weber Harvest Goblin Scarecrow, 2011 (détail). Résine, mousse, peinture acrylique, tissu, maïs synthétique, yeux de verre/Resin, foam, wood, acrylic paint, fabric, fake corn, glass eyes. Courtesy de l'artiste/the artist. Jim Shaw Dream Object (Marnie, Laura & I were going to a choral concert. We lost Laura & Marnie kept cutting in line. At the head woman wore odd linen outfits & bagpipes passed, one played an unusual coffin bellows tambourine pipe...), 2004. Mixed media. Courtesy Blake Byrne Collection, Los Angeles. 37 02 n°65 Printemps 2013



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