02 n°1 HS janvier 2012
02 n°1 HS janvier 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 HS de janvier 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Zoo galerie

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 9,2 Mo

  • Dans ce numéro : art contemporain en Pays de la Loire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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02point2/4 Vincent Mauger — Raphaël Brunel Vue de l’exposition « L’omniprésence des possibles » au musée des Beaux-arts d’Issoudun du 25 février au 30 décembre 2012 of Iule 1'eI, ; 40 4'),
Vue de l’exposition « L’absence de règles est-elle une règle en soi ? » Centre d’art contemporain d’Istres du 30 janvier au 27 mars 2012. Photos : Caroline Chevalier supports normés, comme le papier millimétré par exemple, dont il cherche à faire surgir l’expression sensible du fortuit. Mais sa pratique est davantage associée à ses intrigants et fascinants volumes, qu’ils prennent la forme de sculptures autonomes ou d’installations in situ. Il s’appuie sur les propriétés des matériaux qu’il utilise pour en révéler une certaine versatilité, faisant passer des casiers à bouteilles en polystyrène pour des blocs de béton qui auraient été l’objet d’un intense travail de modelage ou d’une érosion accélérée. Les idées de formes naissent ainsi du matériau lui-même, de la manière dont il peut être travaillé et de ce qu’il peut amener d’inattendu. L’accumulation ou l’enchevêtrement d’un même élément, brisé ou découpé, crée un rythme où alternent plein et vide, où l’alvéole et le saillant dominent jusqu’à produire un résultat complexe où le regard parfois trébuche. Ses sculptures donnent à voir des fragments de paysage, évoquent météorites ou morceaux de roches solitaires, en lambeaux ou à la dérive, écrasés au sol après une longue chute, ou encore des explosions de matière, des vestiges d’un autre espace-temps et – mais ce n’est qu’une hypothèse – de probables fables écologiques. Qu’elles soient présentées dans un lieu d’exposition ou dans l’espace public, comme lors des deux dernières éditions de la FIAC dans le Jardin des Plantes et dans celui des Tuileries à Paris, leurs silhouettes fantastiques entrent en résonance avec leur environnement, instaurant une situation en suspens de l’ordre de l’intrigue. Les installations in situ de Vincent Mauger, quant à elles, envahissent et remodèlent littéralement l’espace dans lequel elles s’inscrivent. Ainsi, recouvret-il le sol de la Chapelle des Calvairiennes à Mayenne (2005) de briques d’où surgissent ici et là monticules et vallons accidentés, celui de la Brasserie Bouchoule (Instants Chavirés, 2008) de blocs de parpaings, comme autant de paysages modélisés de la surface de la Lune ou de Mars. En 2012 à la Maréchalerie à Versailles, il reprend le même procédé mais cette fois en creux, les élévations laissant place à un relief inversé s’enfonçant dans un faux « plancher » en briques. Les interventions sculpturales de Vincent Mauger conservent un aspect très graphique – bien que celui-ci soit nuancé par une finition relativement brute du fait des matériaux employés – qui évoque un travail en cours volontairement figé. On pourrait considérer ces œuvres comme de véritables dessins dans l’espace alors même qu’elles participent pleinement à re-dessiner l’espace qui les accueille. Elles partagent avec l’imagerie scientifique ce besoin de l’esprit de matérialiser, de donner une forme tangible à une image mentale, à une abstraction, de la simplifier afin de pouvoir l’appréhender. Il s’agit en quelque sorte de schématiser un imaginaire, d’en proposer la surface, le squelette sur lequel il va pouvoir venir se fixer, se projeter. Vincent Mauger nous propose peut-être aussi une grille de jeu, un point de départ qui pourrait résonner avec cet extrait de la bande-annonce de Tron, cette étrange production Disney de 1982 : « L’aventure commence dans notre monde, de ce côté de l’écran vidéo et plonge dan un micro-univers qui vit et respire dans les espaces de l’imaginaire. » Malgré leur ultra-présence, il semble se dégager des pièces de Vincent Mauger une certaine solitude, une mélancolie qui témoignerait d’un abandon, d’une déterritorialisation, d’une situation égarée mais qui serait cependant porteuse d’une dynamique à venir, comme si ces formes étaient dans l’attente d’être habitées et complétées de multiples manières• Les artistes 02point2/5



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