02 n°1 HS janvier 2012
02 n°1 HS janvier 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 HS de janvier 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Zoo galerie

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 9,2 Mo

  • Dans ce numéro : art contemporain en Pays de la Loire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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02point2/34 La course à l’atelier — Patrice Joly 3 Le site de Delrue est le seul collectif d’ateliers de plasticiens sponsorisé par la municipalité nantaise. Selon les vœux d’Aimé Delrue, fondateur du Carnaval de Nantes, le legs de son ancien « magasin de couleurs » était conditionné au fait qu’il reste affecté à des activités artistiques. Depuis quelques années, l’accès aux ateliers est réservé aux lauréats du Prix de la ville de Nantes qui leur octroie bourse et local gratuit pendant deux ans : cette huitaine d’ateliers que met à disposition la ville ne répond bien évidemment pas à l’immensité de la demande en provenance de l’agglomération nantaise, encore moins de la région, même si la municipalité vient d’ouvrir deux ateliers boulevard Cassin à destination des plasticiens, dans une version longue durée. Il existe cependant de nombreuses possibilités d’occupation provisoire d’ateliers dans l’agglomération nantaise comme notamment la maison de quartier Madeleine Champ de Mars qui propose des ateliers destinés à recevoir des plasticiens dans le cadre d’un projet défini, ou la Fabrique, le nouvel équipement culturel dédié aux musiques actuelles, qui fonctionne selon le même schéma. le prix de la location d’un ensemble plus vaste (généralement un ancien entrepôt, un hangar) et les moyens de production ou même de salarier un technicien. À l’origine du projet Millefeuilles, il y a un peu de tout ça : le constat d’un manque d’ateliers sur l’agglomération nantaise 3 et la volonté de se prendre en charge. Les trois fondateurs, Romain Boulay, Carole Rivalin et Michel Gerson souhaitaient créer un espace qui puisse réunir un large groupe d’artistes en plein centre de Nantes, dans une zone appelée à un rapide essor, celle du « Quartier de la Création ». Rapidement, les discussions avec les responsables de la Samoa 4 permettent d’identifier un lieu susceptible de répondre aux désirs des trois associés, un ancien hangar sur le quai des Antilles, à proximité de la HAB galerie 5. Interrogé sur les motivations profondes du projet, Romain Boulay met plutôt en avant la notion d’autonomie que celle de collectif… À première vue contradictoire avec l’idée que l’on se fait d’un tel regroupement, ce souhait se révèle pourtant être un motif récurrent de la part des chercheurs d’ateliers : garder le contrôle de la destination, rester maître de la durée de l’occupation semblent être des préoccupations constantes face à l’angoisse de la restitution d’un local octroyé. En plus bien entendu de l’apport inestimable que se révèle être la possibilité de partager un espace commun, de susciter des Vue de l’atelier Millefeuilles. Photo : Stéphane Bellanger 4 La Samoa est la société d’aménagement de la métropole ouest atlantique spécialement créée en vue de mettre en place le maillage immobilier de l’« île de Nantes » qui regroupe activités culturelles et artisanales, agences d’architectes et bureaux d’études, bâti locatif et développement touristique du futur centre de Nantes. 5 Espace d’exposition à la pointe est de l’île de Nantes. rencontres, d’entretenir des discussions permanentes, de pouvoir comparer ses pièces, les tester auprès des autres, bref de mettre en place une convivialité active et « intéressée » … Une fois l’accord signé, les sociétaires obtiennent le soutien de la région et se lancent dans la restauration et l’organisation des locaux, non sans se poser la question, primordiale, de l’attribution des espaces. Pour ce faire ils désignent un jury composé de personnalités locales chargé de choisir parmi l’affluence des dossiers : pas moins de soixante-dix demandes sont déposées en provenance de la France entière, sur lesquelles ne seront retenus que 19 candidats. Le projet est plutôt translucide : répondre à une pénurie notoire et assurer une double autonomie sur le plan de l’affectation et de l’économie. À terme, Millefeuilles souhaite se passer complètement de subventions et témoigne d’une volonté nette de se départir des politiques publiques qui ne se montrent pas toujours très bienveillantes à l’égard de telles initiatives : la mairie sollicitée
Vues de l’atelier Millefeuilles n’a pas donné suite. Au-delà de la générosité du projet, il faut cependant se poser la question de son efficacité si l’objectif est de se faire connaître hors de la métropole et de la région. En posant radicalement la problématique de l’autonomie, les fondateurs mettent en évidence la nécessité de la synergie entre les différents acteurs de la dynamique artistique d’une ville. Il s’avère de plus en plus évident que le collectif doit s’affirmer comme un acteur majeur de la scène locale s’il veut être connecté à une scène plus large. C’est pour cette raison qu’il apparaît nécessaire de trouver des relais de visibilité auprès des collectivités territoriales afin d’optimiser les projets. Sans cela, ils risquent de rester lettre morte et l’énergie investie de s’amenuiser. En ce qui concerne la région des Pays de la Loire, le problème provient également du fait que les perspectives au niveau du marché sont relativement limitées : la seule galerie ayant un positionnement national, celle de Mélanie Rio, ne peut absorber à elle seule les générations d’artistes arrivant sur la scène locale. Quant aux galeries associatives et autres structures, comme le Frac, qui procurent des issues naturelles aux artistes locaux, elles ne peuvent assurer ce débouché marchand même si à d’autres niveaux elles garantissent une efficacité certaine de la filière…',MOT• f Les rouages 02point2/35



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