02 n°1 HS janvier 2012
02 n°1 HS janvier 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 HS de janvier 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Zoo galerie

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 9,2 Mo

  • Dans ce numéro : art contemporain en Pays de la Loire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 32 - 33  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
32 33
La course à l’atelier — Patrice Joly 02point2/32 4.,
Mosquito Coast Factory Architectes : Gaston Tolila (conception) et François Baudon (exécution) Benoit&Marie Moriceau/ADAGP à gauche Photos : Pierre Seiter à droite Photos : Philippe Ruault À 30 km de Nantes, dans la petite ville de Savenay, Benoît-Marie Moriceau nous accueille dans son atelier flambant neuf qu’il a ouvert l’année dernière : venant de Rennes où il était hébergé par l’association 40mcube après avoir occupé longtemps un atelier de la ville, l’artiste a choisi cette petite commune proche de Nantes pour établir son QG en plein milieu d’une zone industrielle. Pour lui, le choix de construire est le fruit d’une longue réflexion sur son travail ainsi que sur la nécessité de posséder un atelier, couplé à l’opportunité de faire édifier une construction quasi sur mesure. Il faut avouer qu’une telle possibilité est rarement le fait de nos jeunes artistes désargentés et il s’en défendrait presque. C’est en collaborant avec un jeune architecte, Gaston Tolila, qu’il a pu concevoir un édifice réellement adapté à une pratique d’atelier « moderne » c’est-à-dire allant légèrement au-delà de ce qu’on entend généralement par « pratique d’atelier ». Ce dernier a été configuré de manière à optimiser le chargement et le déchargement des pièces lourdes, un palan installé en hauteur permet de les acheminer au sortir du camion qui peut pénétrer jusqu’au milieu de la nef. À l’étage, l’artiste a aménagé l’une des deux pièces traversantes en une véritable salle d’exposition : la Mosquito Coast Factory a déjà accueilli une exposition du jeune commissaire François Aubart et s’apprête à renouveler l’invitation. Pour Moriceau, la fonction de l’atelier va bien au-delà de celle du classique lieu de production où l’artiste se retranche afin de penser et de réaliser ses pièces en retrait du monde même s’il ne rejette pas complètement cette dimension : il estime cependant que pratiquer l’atelier aujourd’hui c’est aussi accueillir des curateurs et des étudiants, les futurs commissaires et collègues avec lesquels il noue des liens et échafaude des projets. Le choix de son installation au cœur de la ZAC n’est pas non plus anodin puisqu’il lui permet d’être en contact avec tous ces métiers qui participent de la production de ses œuvres. Benoît-Marie Moriceau se sent parfaitement intégré dans ce microcosme industrialo-artisanal dans lequel il s’est immergé. D’ailleurs, l’aspect général du bâtiment témoigne de cette volonté de fusion : l’atelier pourrait tout à fait compter parmi les hangars qui composent le tissu industriel local et c’est justement de cette architecture qu’est partie la réflexion pour créer ce « grey cube » totalement métallisé. Ayant longtemps hésité à franchir le pas parce que son travail, plutôt axé sur l’in situ, ne le poussait pas forcément à investir lourdement dans une telle entreprise, l’artiste a finalement opté pour la construction afin justement de ne pas être enfermé dans un « dogmatisme de l’in situ » comme il le dit. Avoir un atelier c’est aussi ouvrir une gamme de possibles et surtout se donner la latitude de fractionner un emploi du temps complexe entre sa vie rennaise, sa galerie nantaise, les résidences et autres expositions, Savenay étant, au propre comme au figuré, à la croisée des chemins. Certes, le cas de Benoît-Marie Moriceau est un peu isolé, beaucoup de jeunes artistes ne sont pas dans la position de s’offrir un tel outil. Pour la plupart, il s’agit plutôt de trouver un local à la sortie de l’école pour stocker les productions accumulées pendant leurs études, pour pouvoir prendre le temps de réfléchir mais aussi pour réaliser des pièces afin de répondre aux premières sollicitations. Il n’y a par ailleurs pas de modèle unique, chaque pratique génère sa propre demande en matière d’aménagement de ce lieu éminemment multiple qu’est l’atelier. Certains artistes renoncent même à en chercher un, préférant reporter au moment de la résidence ou de l’exposition la réalisation des pièces et naviguent alors d’invitation en invitation. Pour la majorité cependant, la question se pose comme une évidence : soit parce que leur travail implique une production réalisée par leurs soins à proximité du lieu d’élaboration « propre », soit parce que l’atelier est ce lieu qui leur permet de réunir toutes les matières nécessaires à l’élaboration des futures pièces et notamment les anciennes œuvres. L’atelier est aussi une zone de stockage qui peut rapidement se transformer en lieu de présentation, en showroom. Ce cumulde bonnes raisons se double de l’argument, dans l’hypothèse du collectif, de pouvoir partager Les rouages 02point2/33



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :