02 n°1 HS janvier 2012
02 n°1 HS janvier 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 HS de janvier 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Zoo galerie

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 9,2 Mo

  • Dans ce numéro : art contemporain en Pays de la Loire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Le marché de l’art en région — Marie Maertens 02point2/30 ■ ■ Rolf Julius — Vue de la galerie Thomas Bernard vendent de la peinture décorative, ce que j’appelle des chromos, à 15 000 euros. Mais il est toujours plus difficile de proposer ce que le public ne connaît pas et qui est la définition même de l’art émergent. » Dans un article paru sur LaTribune.fr en avril 2012, Guillaume Cerutti, président Ji-Yeon Sung — Stand de la galerie Confluence de Sotheby’s France, qui vient à ArtParis 2012 d’ouvrir un bureau à Toulouse, indique que le marché de l’art en Midi-Pyrénées recèle « énormément de richesses et de trésors en main privée dans les familles. Nous sommes d’ailleurs présents pour donner des conseils aux personnes qui possèdent des œuvres d’art. Mais il y a également des collectionneurs. L’an dernier nous avons vendu plus d’un million d’euros un tableau qui venait de Midi-Pyrénées. » Mais là encore, la « tradition de tableaux anciens, de bijoux et de livres manuscrits » supplante-t-elle peut-être l’intérêt pour l’art contemporain… Alors, demeurer en région ou pas ? Nombreux ont pu se sont poser la question. Olivier Houg, créateur de la galerie éponyme située à Lyon depuis 1998, a ainsi observé certains de ses collègues partir s’installer à Paris, tandis qu’il a fait le choix de rester et même de créer la Docks Art Fair pour démultiplier la synergie impulsée par la Biennale de Lyon. « Cette dernière a engendré un intérêt incontestable et croissant chez les collectionneurs. Nationaux ou internationaux, ils viennent plus longtemps dans la ville, même après le vernissage de la Biennale, et achètent. Même les collectionneurs lyonnais se sont pris au jeu de cette énergie et, dans l’ensemble, mon chiffre d’affaires a augmenté de 20% ces dernières années. » Mais si ça n’est pas encore l’euphorie, comme Olivier Houg le relativise, la région est riche, tant au niveau intellectuel qu’économique, et Lyon s’est bien éloignée de l’image de ville endormie qu’elle avait autrefois. Parmi les autres galeristes, la solution est parfois de démultiplier ses champs d’action, comme Thomas Bernard qui compte ouvrir un bureau à Paris, car « le point de maturité de notre réseau se trouve là-bas ». Mélanie Rio organise pour sa part toujours un événement à Paris pour présenter ses artistes durant les foires importantes, qu’elle y participe ou non. De manière plus globale, ces réflexions démontrent une nécessité de repenser l’outil de la galerie dans sa conception classique. Baron Osuna, directeur de Super Window Project, s’installe ainsi au moins pour un an à l’emplacement de l’ancienne galerie ACDC, après avoir fait ses armes à Kyoto. Mais pour lui, le point névralgique de sa galerie « est davantage dans les programmes développés hors les murs ou dans les échanges effectués avec des galeries de tous horizons. » Avec une structure très souple, il s’adapte aux paramètres qu’on lui offre et précise que le sens du Super Window Project « n’est pas tant d’être nomade que d’être visible ». C’est-à-dire relayé par l’ensemble des acteurs de la culture, qu’ils soient collectionneurs, institutionnels, critiques, curateurs ou journalistes…•
La course à l’atelier par Patrice Joly Plus que jamais l’atelier représente pour l’artiste le lieu central de la production et de l’élaboration de son travail. Alors que l’on pensait il y a peu que sa persistance ne résisterait pas à la montée en puissance de l’ordinateur comme outil à tout faire, non seulement ce dernier n’a pas rendu obsolète l’atelier en tant que lieu de production mais il s’avère au contraire que les deux font cause commune dans le processus d’élaboration de l’œuvre. L’ouverture sur le monde est assurée en temps réel tandis que la fonction de réflexion est préservée. Si le rapport à l’atelier a donc évolué au fur et à mesure que cette dialectique du fermé et de l’ouvert, du dedans et du dehors, s’est enrichie de ce nouvel acteur, il n’empêche que ce lieu où s’élaborent et se testent les œuvres avant d’être lancées sur la place publique ou sur le marché de l’art reste d’une nécessité absolue, suscitant des recherches incessantes de la part des artistes en quête de l’espace idéal. Son modèle est multiforme : entre la micro pièce au milieu d’un appartement et la factory version Xavier Veilhan, autant de versions existent qui correspondent à une multitude de rapports à la pratique. Sa forme reflète le degré d’investissement d’un artiste pour un espace censé générer un minimum d’isolement préalable à une phase de production (qu’elle soit ou non réalisée dans ce lieu même), de même qu’elle révèle la capacité d’enchevêtrement des stimuli extérieurs de tous ordres incorporables à la matière grise conceptuelle : l’atelier est cette « coque » à la porosité sélective qui permet de sanctuariser le noyau sensible de l’artiste tout en laissant pénétrer sous contrôle le dehors fertilisateur… Dans cette courte investigation, nous n’avons pas voulu dessiner une typologie exhaustive, laissant à d’autres spécialistes le soin de réaliser cette étude 1 : nous avons plutôt cherché à mettre en lumière, à travers quelques exemples ciblés, les nouvelles potentialités et les nouvelles complexités attachées à ces lieux de travail. En Pays de la Loire comme ailleurs, la question de l’atelier se pose cruellement à l’artiste au sortir de sa scolarité et tout au long de sa carrière. Le centralisme persistant du territoire artistique hexagonal rend encore plus critique en province une situation que les artistes parisiens subissent un peu moins, car, au-delà de l’accès à un espace à soi, se pose la question de la « postproduction » : comment faire connaître un travail, attirer les galeristes et les professionnels, relier cette offre proliférante à une demande distante et insaisissable, la singulariser en rendant visible ce qui relève d’une sensibilité exacerbée ? Les enjeux liés à l’optimisation d’un atelier relèvent d’une mission extrêmement ardue car cette quête est assez peu audible auprès des collectivités publiques : dans le meilleur des cas, les villes mettent en place des politiques d’accès à des ateliers aidés mais ces dernières ne résolvent pas le problème de la pérennité et de l’indépendance, encore moins celui des nécessaires politiques d’accompagnement, même si le regard porté par le politique sur l’économie artistique commence à changer lentement. S’il est quasiment impossible d’établir une classification des ateliers à travers leur affectation puisqu’il est de plus en plus rare de se retrouver face à des pratiques monodisciplinaires, il est plus aisé d’avoir une approche territoriale. On peut diviser les ateliers en deux catégories relatives à leur mode d’occupation : l’individuel qui se 1 Voir la très exhaustive étude de l’agence amac qui a analysé en détail la situation des ateliers en Pays de la Loire, l’offre publique en la matière ainsi que les divers projets en cours : http://amac-web.com/realisations-passees/etude-sur-les-lieux-detravail-individuels-etcollectifs-des-artistesplasticiens/Cette étude sur les lieux de travail individuels et collectifs pour les artistesplasticiens a permis à la Région des Pays de la Loire de prendre connaissance des besoins comme des attentes et de créer, en février 2012, de nouvelles aides destinées à accompagner la création et l’aménagement d’ateliers individuels ou collectifs, que ces projets soient portés par des artistes ou des collectifs d’artistes. Les différents règlements d’intervention en investissement et en fonctionnement sont accessibles sur le site internet, www.paysdelaloire.fr, dans la rubrique Aides. 2 Idem niche indifféremment en plein centre ville ou en zone rurale et le collectif qui se déploie presque exclusivement en ville, dans ces entre-deux que sont les dernières friches urbaines, ou bien le plus souvent à la périphérie des villes. En Pays de la Loire, comme dans la plupart des grandes régions, le sentiment le plus partagé au sein de la communauté artistique est celui d’un manque criant. Cette absence de l’offre publique 2, si elle apparaît problématique en termes d’évaluation de la dynamique de la création, n’a pas que des défauts : elle a au moins le mérite de susciter des vocations et des réactions plutôt stimulantes… Les rouages 02point2/31



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