02 n°1 HS janvier 2012
02 n°1 HS janvier 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 HS de janvier 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Zoo galerie

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 9,2 Mo

  • Dans ce numéro : art contemporain en Pays de la Loire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Le marché de l’art en région — Marie Maertens 02point2/28',11111117 limeàfflameyantamili Vue du stand de la galerie à Paris Photo, novembre 2012, parle pour sa part d’un de gauche à droite Nicolas Milhé, Lombok Rudéris, 2012/marché « murmurant », c-print, Or/65 x 86 cm — Edgar Martins, Puppets et National Bank de la série « A metaphysical survey of british dwellings », 2010, qui n’a pas beaucoup évolué depuis c-print sur aluminium, semi mat UV seal — Patrick Tourneboeuf, mur avec des photographies de la série Monolithe, 2010, tirage l’ouverture de la galerie argentique, 50 x 66 cm. Photo : ErwannLe Gars/melanieRio en 2004. Même si les « acheteurs potentiels » se font plus nombreux, notamment grâce à des rencontres réalisées sur des salons comme Art Paris, sans pour autant que la ville ou la région ait accepté d’offrir l’aide financière demandée. Aujourd’hui, ses vrais collectionneurs se comptent sur le doigt d’une main et la galerie survit grâce à son statut associatif, mais peine à se développer. Un constat également réalisé par Patrice Joly, fondateur de Zoo galerie : « Comme toutes les galeries associatives, nous vivotons, dès l’instant où nos statuts nous interdisent de concurrencer une galerie privée. Pourtant, nous concourons à la promotion des artistes, mais faute de crédit à la hauteur de nos ambitions, nous nous réfrénons, notamment dans notre production. » Encore plus difficile à gérer si le marché ronronne également… Marseille fait en revanche une percée prometteuse sur le marché de l’art. Didier Gourvennec Ogor y a ouvert en septembre 2011 son espace de 210 m², sans solliciter aucune aide de la ville ou de la région. Ayant fait ses classes dans les galeries Yvon Lambert et Georges-Philippe et Nathalie Vallois, il envisage le fonctionnement de sa galerie à l’identique de celui des espaces parisiens, Jili viA•1810° avec le challenge de développer les primo-collectionneurs pour pallier le manque de marché local : « Il faut savoir qu’à Marseille, davantage de gens payent l’ISF qu’à Lyon. Mais plus je serai reconnu à l’international, plus les collectionneurs vernaculaires viendront me voir. Rappelons que Roger Pailhas vendait des artistes marseillais à des collectionneurs marseillais quand il était sur un stand de foire à New York ! Il faut faire évoluer le marché local, tout en s’inscrivant sur un marché global. » La cité phocéenne lui a permis de se démarquer du nombre surchargé de galeries parisiennes et il estime avoir effectué en quinze mois d’existence ce qu’il aurait mis dix ans à réaliser dans la capitale. L’effet Marseille-Provence 2013, Capitale Européenne de la Culture, est également un moteur car même la maison de ventes Christie’s organisera durant toute l’année des circuits dans la ville à destination de ses collectionneurs VIP. La galerieofmarseille fonctionne quant à elle avec de grosses pointures depuis 2006. Son directeur, Yannick Gonzalez, s’était déjà forgé un important réseau grâce à son association Le bureau des compétences et désirs. Dès l’ouverture de sa galerie, il a regardé à l’international, en participant aux foires Next de Chicago, Volta à Bâle ou Loop à Barcelone, tout en étant présent à la Fiac. La région l’aide alors par une somme forfaitaire qui peut par exemple couvrir les frais de transport. Aujourd’hui, un quart de ses ventes est réalisé grâce aux collectionneurs de la région, un autre quart grâce aux collectionneurs qu’il
Courtesy FRP2 & Galerie Gourvennec Ogor Vue du stand ACDC sur la foire Art-o-rama, Marseille, septembre 2012 — courtesy galerie ACDC, Bordeaux rencontre sur les foires et le reste par les collections publiques, qu’elles soient françaises ou étrangères. Une nouvelle galerie, Kalima Celestin, vient d’ouvrir à Marseille au mois de septembre dernier et chacun remarque aussi le rôle que joue la foire Art-O-Rama qui en est à sa sixième édition. Les loyers moins élevés, les plus grandes surfaces et le fait d’être moins observé qu’à Paris permettent davantage d’expérimentations, comme le rappelle Thomas Bernard, directeur de la galerie Cortex Athletico à Bordeaux : « Nous sommes obligés de compenser le fait de ne pas être au milieu d’un circuit artistique en trouvant de nouvelles idées, mais comme il n’y a plus beaucoup de lieux d’expérience aujourd’hui, même dans les centres d’art, c’est un facteur que les artistes apprécient beaucoup. Face à la crise qui est réelle, nous devons maintenir une programmation très précise et plus expérimentale, alliée à des prix très raisonnables, » relate celui qui trouve que notre époque souffre d’une « crise de l’audace ». Dans un climat étatique qui réduit ses budgets, forçant ainsi les institutions à aller chercher de l’argent du côté des privés qui sont parfois les clients des galeries, il est indispensable de chouchouter ses collectionneurs… Également habitué des foires, Thomas Bernard a développé un fort réseau à l’international et, aujourd’hui, la moitié de sa clientèle est étrangère. Il regrette pour autant le manque d’investissement de la ville qui ne le fait pas tellement profiter de son réseau. Là encore, il remarque que les voyages de presse organisés pour aller au CAPC ne font jamais un arrêt par sa galerie, « même si le bus est garé devant… » et le fait que pour se faire respecter, les institutions craignent tellement d’être stigmatisées comme étant provinciales qu’elles en arrivent à regarder à peine les galeries de la ville. Emeric Ducreux en a fait les frais et a décidé en septembre dernier de fermer sa galerie, ACDC, même si la ville de Bordeaux lui permettait d’occuper un espace au loyer très réduit. Il présentait de jeunes artistes qui ont pris de l’ampleur et nécessitent aujourd’hui des frais de production importants et des investissements qui lui semblent trop risqués : « J’avais très peu de retour sur mes expositions : peu de presse et de collectionneurs. Or j’ai montré il y a quatre ans des artistes qui ont exposé les mêmes œuvres à Paris l’année dernière et tout a été vendu… » Emeric Ducreux ne souhaite pas pour autant abandonner ses artistes mais compte repenser le concept de la galerie en organisant davantage de conférences, de résidences d’artistes ou de relations privilégiées avec certains collectionneurs. Ce rôle de médiation affirmé lui semble nécessaire pour initier le public, dans une ville où là encore l’argent n’est pas un problème puisque « certaines galeries Les rouages 02point2/29



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