02 n°1 HS janvier 2012
02 n°1 HS janvier 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 HS de janvier 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Zoo galerie

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 9,2 Mo

  • Dans ce numéro : art contemporain en Pays de la Loire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Entretien avec Nicolas Hérisson — Eva Prouteau 02point2/22'
J-1 NH « Bézard est arrivé ici comme boulanger, il fut aussi apiculteur, fossoyeur, postier : la personnalité de ce touche-à-tout m’autorise plein de choses... » Lilian Bourgeat, Entre N. Herisson et M. Duchamp, 2011 [production Piacé le radieux] Photo : Piacé le radieux, Bézard - Le Corbusier son travail de peintre et de céramiste. En parallèle je me suis plongé dans le projet avec Le Corbusier : l’ensemble – cet autochtone atypique, l’architecture du Village, la possibilité d’inviter des artistes autour de cette utopie – était incroyablement riche. J’ai alors refait les maquettes qui avaient été construites par l’atelier Le Corbusier et photographiées par Lucien Hervé mais qui ont aujourd’hui disparu. Dès 2010, j’avais réalisé la grande maquette du Village coopératif. Par ailleurs, les amis artistes auxquels j’en parlais étaient très enthousiastes. J’ai compris que l’on pouvait prolonger cette idée de modernité en y adjoignant des visions contemporaines, en arts décoratifs, en design, en art… Je ne voulais pas figer l’exposition : d’emblée j’ai souhaité un projet vivant. EP Parlez-nous de la mise en route. NH En 2009, autour des maquettes, avec François Curlet, nous avons eu l’idée de la Quinzaine Radieuse : un événement pluridisciplinaire qui accompagnerait ce projet, qui parlerait différemment de la ruralité. Bézard était un grand amateur de pêche : en écho, nous avons édité deux cuillers de pêche signées François Curlet. C’est aussi François qui imagina un accrochage de dessins de Reiser dans le café du village, c’était drôle, et il pouvait obtenir des originaux… J’ai aussi invité les frères Bouroullec – Ronan était aux Arts Décoratifs avec moi – et nous avons produit les gobelets géants de l’artiste Lilian Bourgeat. Je voulais organiser un concert pour l’événement, et j’ai pensé à Jacques Bertin, chanteur à textes engagé. Je l’ai contacté et il a accepté. Toutes ces démarches m’ont coûté au départ, je venais de passer quelques années en pleine Camargue, j’étais un ours, je parlais peu. De cette première édition assez légère, j’ai beaucoup appris du rôle d’historien-maquettisteproducteur-coordinateur-communiquant : je me suis surpris à faire des choses que je n’aurais pas été capable de faire pour mon propre travail d’artiste. J’ai même fait de la comptabilité. EP Vous réincarnez la figure « polyinstrumentiste » de Bézard. NH Oui, on m’a déjà fait cette réflexion. J’ai l’impression d’être proche de lui quand je ressens parfois la force d’inertie, la réticence ou la frilosité d’un contexte ! J’ai appris à connaître sa famille, aussi : son fils, Pierre Bézard, a retrouvé un carton dans la cave lors de ma dernière visite, des céramiques jamais déballées, beaucoup de faune et de flore, ce que Bézard connaissait le mieux… Je veux répertorier le plus de céramiques possible et en faire une exposition lors de la prochaine Quinzaine, accompagnée d’un catalogue. Tout ceci est possible car je ne viens pas de nulle part, mes racines sont ici et cela facilite les choses. J’ai l’impression de donner du sens à ces attaches-là. EP Dans les statuts de votre association, on lit également « mission de remise en valeur du patrimoine de la commune de Piacé ». NH C’était important pour moi de faire revivre ce patrimoine en général, pas seulement dans l’enceinte du moulin que j’ai restauré. Très tôt, sur un document que nous avons publié, j’ai inscrit « projet culturel et touristique ». Tout ce que nous voulions faire était déjà listé : mise en valeur du patrimoine local, rénovation d’espaces abandonnés, réactivation du four à pain, on parle aussi des vignes que je souhaite replanter. Bézard est arrivé ici comme boulanger, il fut aussi apiculteur, fossoyeur, postier : la personnalité de ce touche-à-tout m’autorise plein de choses, entre autres de croiser les publics et de souder les gens d’ici autour de projets concrets, comme d’imaginer des ruches conçues par des artistes ou de planter des ceps de vignes en haut de la colline toute proche, là où nous allons installer la pièce de Stéphane Vigny au printemps, où il y eut dans le passé des parcelles de vignes qui ont donné leur nom au lieu dit. Pour le moulin, qu’il continue à « vivre » procure un grand plaisir aux gens du village, et cela constitue aussi l’un des motifs de leur visite. EP Nous avons évoqué l’expositiondossier autour du Village coopératif, les événements pluridisciplinaires autour du patrimoine et de la Quinzaine radieuse, mais vous avez aussi conçu tout un parcours d’œuvres pérennes dans l’espace public. NH Le Corbusier fixe le projet de la Ferme pour l’« exposition internationale des arts et techniques appliqués à la vie moderne » de 1937 et prévoit de l’implanter à la sortie du village : comme un symbole, je voulais investir cet espace public. Une douzaine d’œuvres permanentes sont désormais présentées en extérieur : Daniel Nadaud, Lilian Bourgeat, Anita Molinero, David Michael Clarke, Séverine Hubard, Les acteurs 02point2/23



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