02 n°1 HS janvier 2012
02 n°1 HS janvier 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 HS de janvier 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Zoo galerie

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 9,2 Mo

  • Dans ce numéro : art contemporain en Pays de la Loire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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02point2/20 Entretien avec Nicolas Hérisson — Eva Prouteau Séverine Hubard, Hyacinthe descendue de l’arbre, 2010. Photo Coralie Moulin Photo : Piacé le radieux, Bézard – Le Corbusier
Entretien avec Nicolas Hérisson Président de l’association Piacé le radieux, Bézard-Le Corbusier — par Eva Prouteau Arrivée à Piacé par la nationale brutale qui sectionne le village, un jour plombé de gris. Juste avant le panneau indicateur de l’entrée de bourg, le parpaing géant de l’artiste Lilian Bourgeat s’expose là comme un mirage en plein champ, à côté d’un tracteur qui exécute sans broncher des travaux de voirie. Spectaculaire préliminaire avant de découvrir plus avant Piacé le radieux, projet foisonnant initié par Nicolas Hérisson fin 2008, dans ce petit coin de la Sarthe. EP Lorsque vous êtes devenu propriétaire de cet immense moulin au cœur du village, étiez-vous au courant du projet de Le Corbusier pour Piacé ? NH Mon père, et un agriculteur passionné d’histoire qui fait également partie de l’association Piacé le radieux, m’en avaient vaguement parlé, je me souviens des mots URSS, coopérative… Après mes études aux Arts Décoratifs à Paris, je suis parti vivre en Camargue et, à mon retour il y a huit ans, j’ai acheté le moulin avec mon frère et je me suis mis à enquêter. Dans de nombreux ouvrages sur l’architecte, le projet pour les campagnes est mentionné : y sont décrits la Ferme, le Village coopératif, la collaboration avec Norbert Bézard à Piacé. EP Comment avez-vous construit l’exposition à partir de ces données ? NH J’ai fait beaucoup de recherches à la Fondation Le Corbusier, j’ai eu accès aux plans numérisés et à la très importante correspondance entre Bézard et Le Corbusier. Avec Laurent Huron, ami qui a co-écrit l’exposition « La Ferme radieuse et le Village coopératif », nous voulions approfondir la dimension historique et faire découvrir ce projet avant-gardiste pour les campagnes : les plans d’une ferme familiale, ceux d’un village coopératif et une nouvelle organisation agraire. EP On a le sentiment d’une profonde amitié entre les deux hommes, Bézard le rural et Le Corbusier l’urbain. Presque un coup de foudre. NH Le Corbusier a beaucoup collaboré avec des personnes qui évoluaient hors du milieu de l’architecture. L’ébéniste Joseph Savina, le peintre naïf André Bauchant… Norbert Bézard se réunissait au Café de la Boule d’Or avec ses acolytes dans l’espoir sincère de changer les campagnes. Il avait fait des études et était au courant des travaux de Le Corbusier. Il a rencontré ce dernier grâce au syndicalisme paysan, lors d’une réunion du journal Prélude à Paris, avec le rêve fou que l’architecte dessine une déclinaison de la Villa radieuse pour la campagne. Bézard avait un fort tempérament et arrivait à point nommé pour servir le projet de Le Corbusier. EP Bézard y croit vraiment ? NH Oui, jusqu’au bout. Et Le Corbusier aussi, qui demande à ce qu’on commence par construire des logis, pour sortir les paysans de la boue. Mais c’était très ambitieux, vingt hectares pour chaque ferme, qu’il projette de faire breveter par Jean Prouvé, le béton et l’hygiène, la mise en commun du matériel lourd, la verticalité des silos symbolique d’une nouvelle vision des campagnes… Bézard partira ensuite vivre à Saint-Rigomer, une commune très proche, mais toute sa vie il continue de travailler sur le Village, et lorsqu’il se remarie avec une institutrice de Parcé-sur-Sarthe, il fait dessiner les élèves sur la Ferme radieuse ! Il devient céramiste à la fin de sa vie à Paris, et Le Corbusier lui trouvera des ateliers, lui commandera des céramiques ornées de représentations de la chapelle de Ronchamp : il n’a jamais lâché Bézard, jusqu’à sa mort, où c’est le médecin de Le Corbusier qui s’occupe de lui à l’hôpital Necker. Mais économiquement parlant, l’époque est la pire pour la radicalité du Village coopératif : nous sommes en 1933. Le projet n’a jamais vu le jour. EP Revenons à votre impressionnant moulin. Dès le départ, vous l’imaginez en espace d’exposition ? NH Lorsque j’ai acheté le moulin à la commune, j’ai évoqué l’idée d’animer culturellement le lieu. En découvrant le projet Bézard-Le Corbusier, j’ai curieusement commencé à fouiller la vie de Bézard par la fin, par 02point2/21 Les acteurs



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