02 n°1 HS janvier 2012
02 n°1 HS janvier 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 HS de janvier 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Zoo galerie

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 9,2 Mo

  • Dans ce numéro : art contemporain en Pays de la Loire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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02point2/16 Entretien avec Laurence Gateau — Etienne Bernard des fissures, et il a tout simplement souligné, redessiné ces fissures par des tubes de néon. Je trouve intéressant que le travail en immersion puisse s’orienter vers l’histoire sociale ou politique d’un territoire ou, plus formellement, vers des interventions in situ. Il y a plusieurs angles d’attaque pour s’inscrire dans un lieu et son contexte. Cela dit, il me semble important de ne pas être dans l’autosatisfaction ni dans un rapport narcissique au contexte : il y a un réel risque de s’enfermer dans sa propre histoire. Mais les artistes sont là pour nous rappeler que leur travail s’articule dans un rapport permanent au local et au global. J’y vois d’ailleurs une métaphore de ce que sont les FRAC, une manière de travailler sur un territoire (le FRAC des Pays de la Loire propose plus de vingt expositions par an sur toute la région) tout en existant au-delà aux niveaux national et international. EB Pour revenir à ce qui fonde cet allerretour entre local, situé et global, est-ce que cette spécificité des FRAC entre en opposition ou en contradiction avec un fonctionnement de l’art profondément globalisé et déterritorialisé ? LG Quand on parle de déterritorialisation, on parle aussi de reterritorialisation et c’est ce va-et-vient qui est intéressant. Si une œuvre se reterritorialise, c’est qu’elle a fait un petit pas de côté en opérant un déplacement des concepts manipulés par l’artiste pour se nourrir du contexte où elle se trouve. Et, à l’inverse, la matière, le substrat que l’artiste va puiser là où il se trouve pourra exister ou apparaître n’importe où ailleurs. Je parlais tout à l’heure de l’œuvre d’Hervé Trioreau sur l’architecture du FRAC. Je pense que même si elle a été conçue ici et existe ici, elle peut très bien se déplacer pour étudier d’autres architectures. Elle peut s’ancrer ailleurs. C’est d’ailleurs pour cela qu’on parle de collections nomades. Dès le départ, les collections des FRAC, bien plus que celles des musées, étaient vouées à être nomades, à se déplacer dans des lieux très différents, pas nécessairement faits pour accueillir des œuvres. Il y a des artistes qui travaillent spécifiquement sur ce principe de nomadisme, ce qui nous avait inspiré l’exposition « Nomad-ness » présentée en 2010 au Hangar à Bananes. EB Et concrètement, comment un FRAC ancré dans son territoire peut-il exister et faire exister son territoire à l’international ? LG Effectivement, bien que les œuvres de la collection soient régulièrement empruntées par de grandes institutions internationales, le travail sur le territoire est tellement intense que le risque est d’y rester et de ne plus avoir le temps d’être dans ce rapport à l’international. C’est d’ailleurs là que le travail de l’association Platformqui réunit les vingt-trois FRAC en réseau est très important car il permet aux FRAC d’exister ensemble à l’échelle internationale. EB Quand Platformorganise des expositions de collections des FRAC à l’étranger comme récemment à Pékin, à Zagreb ou aux États-Unis, au-delà d’une entreprise de communication sur la richesse des collections, que peut-on observer ? Quelles sont les réactions des partenaires à l’international ? LG Il est très important de montrer ailleurs ce qui est conservé en France, ce qui a parfois été produit dans nos territoires. C’est l’opportunité de toucher d’autres publics, d’avoir le regard d’autres professionnels. La réception par les commissaires américains de l’exposition « Spatial City : An Architecture of Idealism » qui s’est déployée entre Chicago, Milwaukee et Detroit en 2010, a été extraordinaire. Ils ont été éblouis par la richesse et la diversité de nos collections. Il faut se rendre compte que les collections des vingt-trois FRAC représentent environ vingt-sept mille œuvres couvrant cinq décennies de création. C’est énorme et surtout nos collections sont extrêmement réactives : certaines œuvres ont été achetées immédiatement après leur production. On colle à la temporalité de la création, souvent bien plus que les musées. Nos homologues américains étaient impressionnés par cette réactivité et par la liberté de choix à gauche Vue de l’exposition « Star-Dust » au Frac des Pays de la Loire. Photo : Marc Domage à droite Vue de l’exposition « Star-Dust » au Frac des Pays de la Loire. Igor Eskinja, Untitled (Résultat des Opérations - Nantes), 2012. Photo : Vaida Budreviciute Vue de l’exposition « Women at work » à Pékin, Photospring Caochangdi Arles in Beijing 2012 « Women at work » (FRAC), CAAW Space
id -Sr ■..11,/LG « Les artistes sont là pour nous rappeler que leur travail s’articule dans un rapport permanent au local et au global. J’y vois d’ailleurs une métaphore de ce que sont les FRAC, une manière de travailler sur un territoire [...] tout en existant au-delà aux niveaux national et international. » 1 4" ! 4.• h 1 joe, A 02point2/17 Les acteurs



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