02 n°1 HS janvier 2012
02 n°1 HS janvier 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 HS de janvier 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Zoo galerie

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 9,2 Mo

  • Dans ce numéro : art contemporain en Pays de la Loire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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02point2 — Revue d’art contemporain en Pays de la Loire — n o 1 — 2012 02point2/2 ours En couverture Vincent Mauger Sans titre, 2012 — Briques cuites. Dimensions variables. Installation in situ. Exposition Super Asymmetry à La Maréchalerie, centre d’art contemporain de l’énsa Versailles. En partenariat avec la briqueterie Bouyer Leroux. Photo : Aurélien Mole. Courtesy de l’artiste et Galerie Bertrand Grimont. Directeur de la publication Rédacteur-en-chef Patrice Joly. Rédactrice-en-chef adjointe Aude Launay. Rédacteurs Étienne Bernard, Raphaël Brunel, Alexandrine Dhainaut, Patrice Joly, Aude Launay, Marie Maertens, Eva Prouteau, Julie Portier, Mai Tran Relecture Aude Launay, MP Launay Design graphique Mathilde Lesueur, Jérémie Harper Impression Imprimerie de Champagne, Langres Éditeur Association Zoo galerie 4 rue de la Distillerie 44000 Nantes patricejoly@orange.fr Ont participé à ce numéro : Laurence Gateau, Nicolas Hérisson, Vincent Mauger, Bevis Martin & Charlie Youle 02point2 est un supplément gratuit à la revue 02 numéro 64 02point2 bénéficie du soutien de la Région des Pays de la Loire » PAYS DE LA LOIRE sommaire Les artistes 3 Vincent Mauger — Les espaces de l’imaginaire par Raphaël Brunel 8 Bevis Martin & Charlie Youle — Portfolio Les acteurs 15 Entretien avec Laurence Gateau, directrice du Frac des Pays de la Loire par Etienne Bernard 20 Entretien avec Nicolas Hérisson, président de l’association Piacé le radieux, Bézard-Le Corbusier par Eva Prouteau Les rouages 27 Le marché de l’art contemporain en région — Des possibilités en devenir ou des espoirs déçus ? par Marie Maertens 31 La course à l’atelier — par Patrice Joly Les reviews 38 Triops à l’Atelier, Nantes par Julie Portier 38 Si j’avais un marteau au HaB, Nantes par Alexandrine Dhainaut 39 Cécile Bart, Papagayo, à la Galerie de l’École d’arts du Choletais, Cholet par Eva Prouteau 39 Explorateurs, au Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, Les Sables d’Olonne par Mai Tran 40 Art de vivres — MMMMM… ! au Centre d’art contemporain de Pontmain par Eva Prouteau 40 Corrélation au musée des Beaux-arts d’Angers — par Patrice Joly 41 Claude Rutault — commande publique du Lycée International de L’île de Nantes par Eva Prouteau 41 Bruno Peinado — commande publique à l’ICO René Gauducheau, Saint-Herblain par Aude Launay Entretien 42 Entretien avec Alain Gralepois vice-président à la culture et au sport au Conseil Régional des Pays de la Loire par 02point2
Vincent Mauger — Les espaces de l’imaginaire par Raphaël Brunel Dans une vidéo intitulée Sans titre (2010), on découvre Vincent Mauger debout sur une table en train d’en découper chacun des pieds, avec calme et méthode, à l’aide d’une tronçonneuse, jusqu’à rester perché, dans un équilibre prêt à rompre au moindre faux mouvement, sur le dernier d’entre eux. On est d’abord fasciné par la facilité avec laquelle l’outil pénètre le bois et l’entaille, comme s’il s’agissait d’une matière molle, et par cette scène à la fois grave et burlesque qui illustre à merveille l’idée de scier la branche sur laquelle on est assis. Puis on se dit que le contenu de cette courte vidéo – un médium qui semble a priori très marginal dans le travail de l’artiste – pourrait apparaître comme symptomatique d’une façon de faire qui impliquerait autant une forme d’indétermination, liée à la précarité d’une situation frôlant la vanité, que maîtrise, volonté et empathie afin de comprendre comment les choses peuvent malgré tout tenir et, si possible, dans une certaine harmonie. Ce serait ainsi entre ces deux pôles – indétermination et maîtrise – qu’oscillerait la pratique de Vincent Mauger, sans être cependant habitée par une quelconque volonté d’atteindre pleinement l’une ou l’autre. Ce qui marque donc à première vue, et qui le rapproche de certains artistes de sa génération, c’est cet investissement empirique du corps dans la production d’une forme, ce que l’on associe bien souvent au « faire » et au « geste ». Mais nulles revendications ici d’un objet bien réalisé ou d’un savoir-faire perpétué, plutôt un désir d’action, une volonté de travailler de l’intérieur un matériau banal dénué de toute magie, qu’il soit utilisé dans le bâtiment ou accessible au Bricoman du coin, et d’en faire surgir, en exacerbant ses caractéristiques propres, un imaginaire qui en déplacerait totalement l’appréhension. Bien qu’il ait recours aux briques, parpaings, tubes de PVC, palettes de bois, cagettes en plastique ou autres structures métalliques, il ne se dégage pas moins de ses œuvres une esthétique du chantier, un réalisme de la matière que la possibilité d’une projection mentale, d’un transfert du concret vers le virtuel ou, du moins, d’un aller-retour de l’un à l’autre. Le romantisme de la figure de l’artiste en créateur, en façonneur de la matière – mais, on l’aura compris, là n’est pas vraiment la question – pourrait être renforcé par le choix de Vincent Mauger de vivre loin de la capitale et de l’effervescence du petit monde de l’art parisien. Il s’est en effet installé dans un village situé entre Nantes et Cholet, Saint-Germain sur Moine, où il a transformé un ancien garage en atelier qui lui offre tout l’espace nécessaire au développement de sa pratique. Si certaines de ses pièces peuvent y être réalisées ou assemblées, l’atelier constitue avant tout à ses yeux le territoire d’expérimentation de divers systèmes de construction qui pourront prendre corps, selon les cas, en d’autres lieux et s’adapter à une situation spatiale et architecturale singulière. Cette expérimentation passe autant par la manipulation empirique des matières que par un travail de modélisation informatique qui peut donner à ses pièces des airs de prototypes, de maquettes à plus ou moins grande échelle et ancre résolument son travail dans une logique de projet. De l’aspect très construit des œuvres surgit ainsi le paradoxe d’un mouvement, de telle manière que l’on serait tenté d’appliquer à la démarche de Mauger l’analyse de Bernhild Boie sur l’écriture de Julien Gracq qui ne serait que « pur mouvement, prise de possession de l’espace et projection vers l’avenir 1 ». Si le rapprochement semble incongru, 1 Bernhild Boie, « Chronologie », in Julien Gracq, Œuvres I, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, p.LXIII. Mauger et Gracq – au-delà bien sûr de toute tentative de rapprochement de type régionaliste – envisagent tous deux le paysage comme le terrain d’une fiction en attente, qui ne demande qu’à prendre corps, qu’à être habitée. Dans cette logique, la topographie et l’imagerie scientifique ou informatique constituent pour l’artiste des références visuelles autant que des manières de spatialiser les choses ou les pensées qui tiennent une place déterminante dans sa pratique. Son travail pourrait être appréhendé à partir d’une typologie de formes ouvertes à de nombreuses variations. La première d’entre elles concerne les œuvres graphiques réalisées à partir de logiciels informatiques, en couleur ou en noir et blanc, représentant des territoires au relief accidenté ou fortement vallonné, relevés topographiques imaginaires qui semblent correspondre à la première phase d’une potentielle mise en volume. Il a également recours à des 02point2/3 Les artistes



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