[Nord-Pas-de-Calais] Mon Nord-Pas de Calais n°28 nov/déc 2015
[Nord-Pas-de-Calais] Mon Nord-Pas de Calais n°28 nov/déc 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de nov/déc 2015

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Régional du Nord-Pas de Calais

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : Made in Nord-Pas de Calais.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PHOTO DR PHOTO JEAN-LUc cORNU ILS FONT LE TERRITOIRE VÉRONIQUE STOUPY-FLAMENT DIRECTRICE DE L’ECOMUSÉE DE L’AVESNOIS. « UN OUTIL AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT LOCAL » « ce territoire est très touristique. Avec ses quatre musées, implantés sur deux intercommunalités, l’écomusée est un outil de développement local. Nous travaillons différents partenariats techniques et financiers, comme par exemple le programme Interreg, pour obtenir des financements européens. Nous souhaitons construire des liens avec le territoire de Guise dans l’Aisne, avec le musée du verre à Sars Poteries, avec le Louvre à Lens… Nous devons apprendre à travailler ensemble. Nous avons de nombreux projets de développement comme la création d’un workshop avec les écoles d’art et de design de Valenciennes et de Roubaix. Nous souhaitons également commercialiser des produits fabriqués dans les ateliers du verre à Trélon, du textile à Fourmies ou du bois à Felleries et voulons associer les professionnels du monde de l’entreprise au conseil scientifique et culturel de l’écomusée. Notre territoire est magnifique mais malheureusement un peu enclavé. L’écomusée doit (re)devenir attractif pour la population locale et pour le public extérieur. La dynamique est en marche ». MARCEL DEHOUX ANCIEN DÉPUTÉ, ANCIEN CONSEILLER RÉGIONAL ET GÉNÉRAL, ANCIEN MAIRE DE WIGNEHIES « LA THIÉRACHE EST UN VIEUX PAYS ENCORE BIEN VERT ! » « Un de mes prédécesseurs employait cette formule  : La Thiérache est un vieux pays encore bien vert ! Je reprends volontiers ce propos car ici, nous sommes sur une terre d’histoire, et entourés de bocages. Mais, la beauté de la formule s’arrête au fait que j’ai le sentiment que ce territoire reste encore enclavé. Nous sommes au bout de deux départements que sont le Nord et l’Aisne. Les quelques projets qui voient le jour dans le sud du département n’impliquent pas suffisamment tout notre territoire. Le défi de l’attractivité est une affaire quotidienne pour nos espaces ruraux, il s’agit de mobiliser les bonnes volontés et les micro-projets, de valoriser nos atouts, de rester entreprenant et optimiste. » 18 MON NORD-PAS DE CALAIS N°28, novembre - décembre 2015 Paysage de prairies entourées de haies, le bocage a été créé entre le V e et le XIII e siècles pour enclore les bêtes et les protéger du vent. Il favorise aussi le développement d’une faune et d’une flore diversifiées. PHOTO SAMUEL DHOTE Nature Véritable poumon vert, la Thiérache est un territoire à part, à cheval sur le Nord-Pas de Calais, la Picardie et la Belgique. Thiérache, l’or vert du Nord La Thiérache, c’est d’abord une histoire commune entre les départements du Nord et de l’Aisne, avec un prolongement dans les Ardennes et en Belgique. Ce territoire a fait de sa ruralité et de ses traditions des atouts. Grégory Delassus, éleveur de highlands, est arrivé il y a quatre ans à Moustieren-Fagne pour développer cette race de vaches écossaises. « Ici, vous avez un environnement préservé et adapté à l’agriculture biologique, explique-t-il. La richesse de ce territoire, c’est l’herbe, avec ses vallons, ses prairies, ses haies ! Chaque année, pour ma journée portes ouvertes, quand je propose aux clients de ma boucherie lilloise de venir me rendre visite, ils sont totalement dépaysés par la beauté des lieux. » Pays d’élevage et de fromages – entre autres le maroilles qu’on ne présente plus et qui bénéficie de la seule AOC laitière au nord de Paris –, le sud de l’Avesnois reste cependant méconnu. « Il y a souvent une image négative dans l’esprit des gens, mais quand ils franchissent le pas, ils sont très surpris » constate David Petit, directeur de l’office de tourisme local. Transformer des handicaps en atouts Malgré cette image négative et des clichés qui ont la dent dure, le territoire fait preuve d’une réelle volonté de développer son économie, à l’image de la ruche d’entreprises de Fourmies qui a vu le jour au sein du Pôle intercommunal de développement économique (Pide) inauguré il y a deux ans. C’est aussi dans cette ancienne cité textile que l’on trouve EuroCave, spécialiste mondialement connu de la cave à vin, riche de ses quarante ans d’expérience, et Medtronic, une société américaine implantée depuis 1979, qui délivre annuellement plus de 600 000 électrodes de stimulation cardiaque utilisées dans des opérations à cœur ouvert. « On souhaite travailler sur une nouvelle visibilité du territoire, et transformer ses handicaps en autant d’atouts, poursuit David Petit. Quand on me demande où se situe la Thiérache, je réponds  :
À Maroilles, la Maison du Parc naturel régional de l’Avesnois marie la brique et la pierre bleue. PHOTO BARBARA GROSSMAN ‘‘Entre Maroilles et Chimay ». Et normalement, les papilles gustatives se mettent en marche. Les visiteurs ne viennent plus seulement de Lille, mais aussi de Bretagne, de Normandie. Pour les Belges et les Néerlandais, nous sommes souvent une terre de passage. Notre axe de travail, c’est de trouver comment faire pour qu’ils s’arrêtent ! » Pour Bruno Blucheau, directeur de la station touristique du Val Joly, « porte d’entrée » de la Thiérache comme il aime le faire remarquer, la réflexion est similaire. « On essaie de constituer une offre globale avec les différents acteurs du territoire, afin de gagner en attractivité. Il faut les mettre davantage en avant en s’appuyant sur notre terroir, car nous sommes tributaires de la météo, insiste-t-il. Il faut qu’au cours de l’intersaison, le client puisse avoir des activités autres que celles proposées en plein air. Toute la cohérence est là. Notre public ne veut plus seulement consommer, il veut partager. » n Jean-Baptiste Allouard La Thierache est célèbre pour ses vaches… et son maroilles au lait cru. PHOTO DR La forêt fait partie des richesses du territoire de Thiérache. PHOTO DR legtik* AISNE Calais Montreuil Saint-Omer _.4 ; Dunkerque Béthune Lens Arras LES CHIFFRES CLÉS 140 000 nuitées vendues par le parc du Val Joly en 2014 dans ses 180 cottages, 30 chalets et 150 emplacements de camping. 35 000 visiteurs en 2014 à l’écomusée de l’Avesnois (sur les quatre sites). 4 166 tonnes de maroilles produites en 2014 (Nord et Aisne) dont 6% de maroilles fermier au lait cru. Lille Douai Cambrai Avesnessur-Helpe St-Amandles-eaux Valenciennes Maubeuge Boulognesur-Mer BELGIQUE Thiérache PHOTO DR PHOTO DR ALEXANDRE GRAVEZ PRODUCTEUR DE MAROILLES ET CO-GÉRANT DE LA FERME DU PONT- DES-LOUPS À SAINT-AUBIN « ICI, ON SE SERT DE LA NATURE POUR AVANCER » « Avec le Val Joly à proximité, la Thiérache a des atouts touristiques indéniables. Malheureusement, elle n’est pas assez connue, même pour les Nordistes qui sont surpris par les beautés de ce territoire. Nous ne sommes pas bien desservis par les infrastructures routières, mais le potentiel est là. Ici, on se sert de la nature pour avancer. Notre point fort ce sont les pâturages propices à la production de lait et à la transformation des fromages, notamment le maroilles qui représente le Nord un peu plus que les autres. Le maroilles est la seule Appellation d’origine contrôlée (AOc) laitière au nord de Paris. à la ferme du Pont-des- Loups, nous produisons seize fromages différents. Au sein du magasin, où nous vendons des produits locaux, nous avons souhaité mettre en place un couloir de visite qui permet aux clients de découvrir les différentes étapes de la fabrication du maroilles. » GUY HARBONNIER TAILLEUR DE PIERRE ET ARTISAN D’ART À WALLERS-EN-FAGNE « SAVOIR CONSERVER CE LIEN AUTOUR DE NOTRE SAVOIR-FAIRE TRADITIONNEL » « Ici, vous êtes sur un territoire qui tire sa richesse de sa végétation, de son bocage, mais aussi de sa pierre. La Thiérache possède un patrimoine bâti remarquable, à l’image du village de Wallers-en-Fagne et de ses maisons en pierre bleue typiques. On a les pieds dans notre passé, et tout l’enjeu dans les années qui viennent sera de savoir conserver ce lien autour de notre savoir-faire traditionnel. Aujourd’hui, on critique souvent les jeunes, mais ici, sur le territoire, ils sont nombreux à perpétuer ces métiers d’autrefois. Un exemple tout bête  : l’artisan d’art que je suis ne peut pas exister sans le forgeron ou le souffleur de verre. Dans notre volonté de relancer la filière de la pierre bleue locale, nous avons intégré récemment des nouveaux bâtiments à proximité des carrières exploitées par la ccM (comptoir des calcaires et des matériaux). La ccM, c’est 10 000 tonnes de pierres en concassage par jour. Notre but à nous, c’est de pouvoir extraire nos blocs sur des endroits non dynamités. » N°28, novembre - décembre 2015 MON NORD-PAS DE CALAIS 19



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