[Nord-Pas-de-Calais] Mon Nord-Pas de Calais n°23 sep/oct 2014
[Nord-Pas-de-Calais] Mon Nord-Pas de Calais n°23 sep/oct 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de sep/oct 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Régional du Nord-Pas de Calais

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 11,3 Mo

  • Dans ce numéro : la région soutient l'apprentissage.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOSSIER LYCÉES AGRICOLES Gros travaux en cours dans les lycées Pour accueillir les jeunes dans les meilleures conditions, la Région investit dans les lycées agricoles et réalise d’importants travaux. À Douai, un hall technologique et un hall de vente serviront aux travaux pratiques. Les apprenants en service à la personne de Sains-du-Nord et de Radinghem disposeront d’un nouveau plateau sanitaire et social. Des hangars à même de stocker le matériel agricole des établissements seront construits au Quesnoy et à Tilloy-lès-Mofflaines. Enfin, la construction d’un nouveau bâtiment d’exploitation des bovins sera achevée en fin d’année à Radinghem. Le lycée horticole de Raismes dispense des formations à de futurs jardiniers d’espaces verts, ouvriers et techniciens horticoles ou vendeurs en jardinerie. PHOTODOMNIQUE BOKALO Chaque année, des élèves du lycée horticole de Raismes restaurent un tronçon des fameux pavés de Paris-Roubaix. PHOTO DR 14 MON NORD-PAS DE CALAIS N°23, SEPTEMBRE-OCTOBRE 2014 lycée. « L’objectif était de la commercialiser  : on a dû réfléchir aux aspects nutritionnels, réglementaires, mais aussi au calcul des coûts et à la rentabilité. » L’aspect commercial fait partie intégrante de la formation. Des points de vente directe, installés dans certains établissements, permettent aux élèves de se frotter à cette autre facette de leur futur métier. Qu’il s’agisse de vendre des légumes, des fleurs, des animaux, des fromages, des yaourts fermiers ou de la bière, il faut maîtriser la gestion des stocks et la relation avec les clients, particuliers ou professionnels (collectivités, coopératives, etc.). EXPÉRIMENTER ENCORE, INNOVER TOUJOURS La recherche est un autre aspect essentiel de l’enseignement agricole. La ferme d’expérimentation de PHOTO EMMANUEL WATTEAU TÉMOIGNAGES ANAÏS EN 2 DE CONDUITE ET GESTION DES EXPLOITATIONS AGRICOLES/SYSTÈMES À DOMINANTE ÉLEVAGE AU LYCÉE DE RADINGHEM « J’AIME TRAVAILLER AVEC LES ANIMAUX » Mes parents sont agriculteurs, c’est donc naturel pour moi I de vouloir prendre le relais. J’aime travailler avec les J animaux. Il faut rester calme et ne pas les brusquer. Là, on administre un bolus à la vache. C’est une grosse gélule qui contient des vitamines et des minéraux. Après mon bac, je partirai en Normandie me spécialiser dans l’élevage équin. Cette nouvelle activité dans l’exploitation de mes parents me permettra d’être associée plutôt que salariée. » PHOTO DOMINIQUE BOKALO Tilloy-lès-Mofflaines teste par exemple des méthodes de désherbage mécanique pour réduire l’utilisation de produits chimiques. L’enjeu est de taille dans le Nord-Pas de Calais  : 67% du territoire sont couverts par des terres agricoles, et notre région est la moins boisée de France. À Sains-du-Nord ou à Radinghem, les lycées développent l’agroforesterie, une pratique qui consiste à réintroduire des arbres et des haies dans les paysages agricoles. Outre la production de fruits ou de bois, elle permet aussi de remédier à certains problèmes comme l’érosion et d’enrichir la biodiversité en offrant des habitats naturels à des oiseaux, petits mammifères ou insectes. À Lomme aussi, on veille à la biodiversité. « Il faut absolument diminuer l’utilisation des pesticides, estime Éric Janssens, directeur de l’établissement. C’est possible. On a montré par exemple que des bandes fleuries JULIEN EN BTS « GÉMEAU », SOIT GESTION ET MAÎTRISE DE L’EAU, AU LYCÉE DE DOUAI-WAGNONVILLE « POUR LE CONTACT AVEC LA NATURE » J’ai choisi ce BTS pour le contact avec la nature. L’eau est un élément essentiel de la vie et il faut toujours s’en occuper ! Les stations d’épuration servent à rejeter de l’eau non toxique dans la nature, puis les rivières terminent le travail. Pour moi, le BTS n’est pas évident car j’ai passé un bac STG avant, donc il faut s’accrocher dès le début, mais la classe est très soudée et quand on a les bases, on ne fait que s’améliorer. »
À Radinghem, les élèves découvrent les différentes facettes du métier d’éleveur. Ils apprennent ici à vermifuger de jeunes veaux. PHOTO EMMANUEL WATTEAU près des cultures attirent des insectes pollinisateurs mais aussi des insectes prédateurs des nuisibles. Plus besoin d’autant de produits phytosanitaires ! » Angéline Huguenin, directrice de l’exploitation de Radinghem, étudie pour sa part les effets de l’environnement sur les vaches  : en analysant différents types de conduites d’élevage, on voit concrètement comment on peut faire évoluer les pratiques professionnelles et notamment améliorer l’efficacité de la traite. DES SECTEURS QUI EMBAUCHENT Dans les secteurs agricole, para-agricole et agroalimentaire, 90% des diplômés décrochent un emploi dans les trois ans. Quand on sait qu’il existe encore 13500 exploitations dans la région et que 40% des agriculteurs âgés de plus de 55 ans n’ont pas de successeur, on mesure le nombre de places à prendre. Puisque les lycées agricoles produisent de bons produits, autant que leurs élèves en profitent ! À Lomme, le chef de cuisine prépare ses menus en fonction de la production de légumes du lycée. À Radinghem, les internes boivent le lait des vaches de l’exploitation au petit-déjeuner… Pour mettre en lumière la diversité des productions, les sites de Lomme et Dunkerque ont créé pendant la semaine des saveurs régionales un repas « 100% lycées agricoles »  : légumes de Lomme et Dunkerque, fromage du Quesnoy, bœuf bio de Sains-du-Nord, pommes de terre et bière de Douai. « Des produits de meilleure qualité et meilleurs tout court si l’on en juge par les assiettes vides à la fin du repas », se réjouit Éric Janssens, directeur de l’établissement. C’est une expérience réussie qui montre que les circuits courts Les circuits courts permettent aux élèves de consommer des produits frais régionaux au restaurant scolaire. PHOTO MATHIEU DROUET Contrairement aux idées reçues, seuls 13% des élèves de lycées agricoles sont issus d’un milieu agricole. Et les filles représentent 43% des effectifs. Les stages obligatoires et la formation en alternance (selon les filières) offrent aux élèves un premier contact avec le monde du travail qui facilite leur entrée sur le marché de l’emploi. Nicolas, en BTS Sciences et technologie des aliments au CFA de Douai-Wagnonville, a choisi l’apprentissage qui lui apporte « une vraie expérience professionnelle et une formation adaptée ». Selon lui, « les débouchés professionnels sont plus faciles quand on est déjà considéré comme salarié ». De son côté, Valentine prépare le même diplôme, mais par la voie scolaire. « Tous les travaux pratiques, stages et modules d’initiative locale et d’innovation intégrés au parcours me permettent de me professionnaliser dès le lycée. » n PRODUCTEURS ET CONSOMMATEURS À LA FOIS peuvent aussi convenir à la restauration collective. « Dans l’avenir, je souhaite conforter ce dispositif et accompagner les collèges et lycées environnants qui voudraient s’inscrire dans la démarche. » Plusieurs lycées de la région sont impliqués dans le projet européen GreenCook qui vise à réduire le gaspillage alimentaire, notamment dans la restauration scolaire. À Tilloy-lès-Mofflaines, « on a mis en place un composteur pour les déchets verts, pris l’habitude de réaliser des smoothies avec les fruits abîmés ou réduit les portions des assiettes en laissant aux élèves la possibilité de se resservir. Résultat, en un an, le gaspillage a baissé de 40% », se félicite Hélène Debernardi, directrice de l’établissement. « Grâce à cela, on a pu développer les circuits courts de qualité pour le pain, les yaourts fermiers, la viande et les légumes bio… » n POURQUOI ÇA ME TIENT À CŒUR JEAN-MARIE ALEXANDRE VICE-PRésIdEnt ChARgé dEs LyCéEs « L’ENSEIGNE- MENT AGRICOLE DOIT S’ADAPTER AUX BESOINS DU TERRITOIRE » Notre région est une grande région agricole. Nous sommes leaders de la production d’endives et très bien placés pour la production de pommes de terre. En agroalimentaire, nous avons des entreprises de pointe comme Lesaffre, Bonduelle ou Roquette. Il est donc très important que les filières de l’enseignement agricole soient adaptées aux besoins spécifiques de notre territoire et qu’elles soient tournées vers l’avenir et la recherche. Un exemple  : grâce à la recherche et à l’engagement du monde agricole, notre région a diminué l’utilisation des polluants. Dans les lycées agricoles, nous favorisons la production bio, les circuits courts, la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui sont des pistes d’évolution. Depuis que l’État nous a transféré les lycées, nous avons entrepris d’importants travaux de rénovation. Notre objectif est d’accueillir les élèves dans les meilleures conditions possibles, mais nous ne pouvons pas rattraper plus de trente ans en quelques années ! » N°23 SEPTEMBRE-OCTOBRE 2014 MON NORD-PAS DE CALAIS 15 PHOTO JEAN-LUC CORNU V U "



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