[95] Val d'Oise n°9 jan/fév 2017
[95] Val d'Oise n°9 jan/fév 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de jan/fév 2017

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Val-d'Oise

  • Format : (190 x 250) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 11,1 Mo

  • Dans ce numéro : le choc des dépenses sociales.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L’INVITÉ Jean-François Laguionie Montreur d’histoires
« Ne pas faire une animation qui parte de l’extrémité des gestes, mais au contraire qui parte du ventre. » Jean-François Laguionie est un homme désolant. Au moins pour ceux qui ont des plans de carrière affutés et ceux qui souhaitent des jeunes voulant devenir milliardaires. Voilà quelqu’un qui n’a travaillé que par passion et par plaisir, ce qui ne signifie pas sans difficulté, et se trouve aujourd’hui à la tête d’une œuvre majeure du cinéma d’animation. Voilà quelqu’un qui n’a jamais cherché les honneurs et a accumulé les prix, en commençant par une palme d’or à Cannes pour son court-métrage La traversée de l’Atlantique à la rame (1978). Ce qui comptait pour Jean-François Laguionie, et compte toujours autant, c’est de raconter des histoires ; c’est un peintre d’histoires. De là qu’il a publié presque autant de recueils de nouvelles qu’il a réalisé de films. Louise en hiver, son dernier film, que le festival Image par Image projette, repose sur une nouvelle de 1980, l’histoire d’une vieille dame restée seule dans une station balnéaire. S’il a opté pour le cinéma d’animation, c’est que « l’animation est un art d’une richesse étonnante puisqu’il arrive à mettre ensemble des choses aussi majeures que la musique, la littérature et la peinture. » Mais le cinéma d’animation est aussi un sport de combat. Il arrive que le personnage se rebelle « parce qu’il aimerait avoir une autre tête », que le choix d’un ton de couleur un peu plus clair ou plus foncé modifie son caractère  : « faire vivre un personnage, quelle responsabilité ! » Photographies  : Neway Partners La variété des techniques utilisées n’affecte pas l’unité de son œuvre profondément poétique. On y retrouve des décors surdimensionnés  : « ce qui me permettait de mettre des petits personnages dans un grand décor » qui rend sensible l’absurdité de la condition humaine. Kafka et Beckett ne sont pas pour rien ses auteurs de référence. Rien de mieux alors que de placer ses personnages sur la mer. Ils sont isolés dans l’espace mais aussi dans le temps ; autour d’eux il y a toujours « une épaisseur de temps ». Jean-François Laguionie est un maître du temps. Comme Louise en hiver, perdre la mémoire c’est ne plus être tributaire du temps. Jean-François Laguionie est à l’animation ce que le butô est la danse  : le plus important dans le mouvement c’est la valeur de l’immobilité. Les bords de mer de Jean-François Laguionie Le bois de Cise et les falaises de craie de son enfance Bilingen-sur-Mer la station balnéaire imaginaire de Louise en hiver EN PLUS Jean-François Laguionie au festival Image par Image Pour connaître l’œuvre de Jean-François Laguionie, lisez le livre qui porte son nom, écrit par Pascal Vimenet, et accompagné d’un DVD Le rêveur éveillé (Editions de l’œil/agglo d’Annecy) et retrouvez le au Festival Image par Image où plusieurs rendez-vous lui sont consacrés. L’estuaire du Jaudy en Bretagne où il vit depuis une dizaine d’années Programme sur valdoise.fr Le magazine du Conseil départemental VAL D’OISE.15



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