[95] Val d'Oise n°22 mar/avr 2019
[95] Val d'Oise n°22 mar/avr 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de mar/avr 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Val-d'Oise

  • Format : (190 x 250) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 11 Mo

  • Dans ce numéro : les expertes de la gendarmerie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ÇA FAIT DÉBAT EN PLUS Le SDIS EN CHIFFRES (données 2018) Effectifs  : 2600 personnes soit 900 pros, 1500 volontaires 200 administratifs 105 284 interventions, soit +9% par rapport à 2017 Délai moyen d’intervention hors opérations diverses  : 8 min et 40 sec (délai mesuré entre l’envoi de l’alerte au centre de secours et l’arrivée sur les lieux du premier véhicule de secours) 1 intervention toutes les 5 min 80,2% des interventions concernent le secours d’urgence aux personnes 699 appels reçus chaque jour au centre de traitement de l’alerte Budget 2019 En fonctionnement  : 95,2 millions € dont 67,3 millions € pour la contribution du Département (71%) Subvention d’investissement du Département de 10 millions € 18. VAL D’OISE Le magazine du Conseil départemental Quel est le taux de personnel féminin dans le SDIS 95 ? Luc Strehaiano  : Le taux de féminisation s’élève à 12.7% sur l’ensemble des personnels de l’établissement, alors que la moyenne nationale avoisine les 16%. Lorsqu’on considère les seuls sapeurspompiers professionnels, ce taux chute à 3.4%, ce qui est encore plus faible que la moyenne nationale de 4,1%, pourtant déjà extrêmement basse ! Les sapeurs-pompiers volontaires accueillent quant à eux 12.9% de personnels féminins. Ces chiffres nous invitent à l’action ! Si l’on considère le taux de féminisation de la police (27%), les pompiers ont encore du pain sur la planche ! Pourquoi est-il à ce niveau ? L.S.  : Dans l’imaginaire de beaucoup de nos concitoyens, le pompier incarne encore une forme d’archétype de ce qui est un « métier d’homme », une activité physique et dangereuse de lutte contre les incendies. Si l’engagement des sapeurs-pompiers mérite toute notre admiration, il est toutefois nécessaire de rappeler que les incendies ne représentent que 6% de leur activité et qu’il n’est pas nécessaire d’être un superhéros pour être pompier. L’essentiel de l’activité concerne aujourd’hui le secours En 2018, le nombre de femmes sapeurs-pompiers professionnels du SDIS 95 a déjà progressé de 25% mais nous partons de loin. Luc Strehaiano Vice-Président délégué du Conseil départemental, Président délégué du SDIS d’urgence aux personnes (pour plus de 80% des interventions), missions pour lesquelles les qualités humaines priment sur les exploits physiques. D’autres considérations, comme le rythme de travail, considéré comme difficile à concilier avec la vie familiale, conduisent à un moindre engagement des femmes. Pourquoi avez-vous choisi cet engagement ? Julie Jourdain  : Par vocation. Témoin d’un accident à 11 ans, j’ai suivi l’intervention des pompiers avec tant d’intérêt qu’ils m’ont invitée à visiter leur centre. L’objectif de porter assistance, exercé avec une certaine activité physique, correspondait à mes aspirations. En Seine-Saint-Denis où j’habitais, il n’y avait pas de structure pour les jeunes. Grâce à mes parents, j’ai pu faire ça à Goussainville où je suis ensuite devenue sapeur-pompier volontaire à 18 ans. Bien conseillée, j’ai continué mes études – j’ai un master de management – mais je suis devenue sapeur-pompier professionnelle en réussissant le concours d’officier en 2007. Ceci m’a amenée à exercer 6 ans au Havre, un département avec d’importantes zones rurales et où la féminisation était plus importante. Je suis ensuite revenue dans le Val d’Oise, à Beaumont-sur-Oise, et aujourd’hui chef de centre à Montmorency. Photographies  : Jean-Marie Cras/Neway Partners
Tout le monde peut être pompier volontaire ; c’est une question de motivation et d’apprentissages, pas de sexe ou d’âge. Julie Jourdain Capitaine du SDIS 95, Chef du centre de secours de Montmorency Voyez-vous des différences entre l’activité des pompiers masculins et féminins ? J.J.  : Il y a une dizaine d’années nous n’avions pas le droit de conduire un poids lourd. Pour l’évolution des carrières, les femmes n’étaient pas prioritaires. Aujourd’hui les choses ont changé et évoluent dans le bon sens. Comme officier, je me suis posé la question d’un traitement différencié entre personnels masculins et féminins. Or je considère que les critères de motivation et de compétences priment sur les autres, notamment celui du genre. Mais, par ailleurs il reste des différences comme il y a des différences de générations. Il faut utiliser ces différences comme une force. Pourquoi est-il important de féminiser le SDIS ? J.J.  : Comme je viens de le dire, parce qu’en recrutant des profils différents nous élargissons notre efficacité car nos missions sont très diverses. Par exemple, l’intervention incendie est très technique ; pour le secours à personne, les éléments humains sont plus importants. Encourager l’accueil des femmes, c’est également élargir notre vivier de recrutement et garantir une distribution des secours rapide sur l’ensemble du territoire. Et surtout, les sapeurs-pompiers doivent être à l’image de la population. Pourquoi 50% de celle-ci ne constituerait que 3% des effectifs ? Comment y arriver ? L.S.  : Le SDIS a mis en œuvre plusieurs recommandations du rapport que la direction générale de la Sécurité civile a proposé en 2016 pour diversifier le recrutement des sapeurs-pompiers. Tout d’abord, une campagne de communication importante sur les réseaux sociaux avec une vidéo tournée par les sapeurs-pompiers eux-mêmes. Un second axe, qui ne concerne pas que les femmes, porte sur la mise en place d’une mission unique « secours d’urgence aux personnes ». Les sapeurs-pompiers volontaires peuvent ainsi s’engager pour ne faire que de l’ambulance et ne pas intervenir sur les incendies ou les accidents de la route. Il est également nécessaire que toutes nos casernes soient aménagées de manière à pouvoir accueillir des femmes car il n’est pas acceptable de refuser des candidatures féminines pour des contraintes logistiques. J.J.  : La mission unique doit rassurer les personnes, pas seulement les femmes, qui craindraient les interventions trop physiques ou éprouvantes. Désormais, tout le monde peut être pompier volontaire. J’insiste  : c’est une question de motivation ; pas d’âge. À 45 ans on peut avoir plus de temps à consacrer aux autres qu’à 25. Et le temps disponible est un bien indispensable aux pompiers.L.S.  : J’invite toutes les personnes intéressées par ce bel engagement citoyen à se présenter dans n’importe quel centre de secours du département. En 2018, le nombre de femmes sapeurs-pompiers professionnelles au sein du SDIS 95 a déjà progressé de 25% mais nous partons de loin et ce n’est qu’un début ! Plus d’informations sur sdis95.fr facebook.com/SapeursPompiersduValdOise/Le magazine du Conseil départemental VAL D’OISE.19



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