[95] Val d'Oise n°20 nov/déc 2018
[95] Val d'Oise n°20 nov/déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de nov/déc 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Val-d'Oise

  • Format : (190 x 250) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 6,0 Mo

  • Dans ce numéro : le Val d'Oise à l'ère du numérique 3.0.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 18 - 19  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
18 19
ÇA FAIT DÉBAT EN PLUS Un peu plus sur Olivier Romain Professeur des universités en électronique et computer sciences à l’Université de Cergy-Pontoise depuis 2011. Ses propres activités, dans le cadre du laboratoire ETIS (Equipe Traitement de l’Information et Systèmes) portent sur la conception de systèmes embarqués pour la santé et les télécom. Vice-Président de l’UCP en charge de la valorisation et des relations entreprises, il pilote l’axe « Risque, Sécurité et Société » retenu dans le programme national d’excellence I-Site. Retrouvez l’interview complète sur valdoise.fr 18. VAL D’OISE Le magazine du Conseil départemental Qu’est-ce-que la sécurité globale ? Olivier Romain  : Le concept de sécurité globale est né aux États-Unis après les attentats de 2001. C’est l’aptitude à assurer aux territoires et aux citoyens un niveau suffisant de prévention et de protection contre les risques et les menaces de toute nature. Il englobe donc beaucoup de domaines au-delà de la protection des personnes à laquelle on pensait d’abord. Je citerai la sécurité économique, financière, informatique, les centres vitaux... Voyez par exemple la multiplication récente des attaques contre les systèmes d’informations des grands groupes. Gilles Menat  : Le Département a suivi la réflexion que vous décrivez. Nos dispositifs d’aides aux communes avaient intégré le domaine de la sécurité depuis une vingtaine d’années. Nous finançons les investissements des communes, par exemple pour l’installation de la vidéosurveillance ou des polices municipales. Pour rester aux 3 dernières années, cela représente près d’1,5 million d’euros apporté par le Département. Mais plus récemment, 2016-2017, nous avons soutenu la création de Security Systems Valley qui prolongeait l’initiative du CEEVO et de Pays de Roissy de fédérer les entreprises de ce secteur. Et là on passe à des actions conçues explicitement en termes de sécurité globale. Nous voulons que notre campus international devienne, dans le domaine de la sécurité, un véritable terrain d’expérimentation pour tester nos recherches en partenariat avec des entreprises. Olivier Romain Vice-Président de l’Université de Cergy-Pontoise en charge de la valorisation et des relations entreprises Comment caractériser Security Systems Valley (SSV) ? G. M.  : C’est un cluster qui a l’ambition de coordonner les divers acteurs de la filière sécurité, car nous avons la chance de réunir sur notre territoire aussi bien des entreprises de toutes tailles, du grand groupe à la startup, que les laboratoires et des chercheurs universitaires engagés dans de multiples domaines de la sécurité. Car la sécurité doit traiter aussi, par exemple, la santé ou l’eau – comme président d’un syndicat des eaux je sais l’importance du sujet – et pas seulement la cyber sécurité. Une originalité du cluster est de partir des grands utilisateurs  : la SNCF, dont le secrétaire général préside SSV, la Poste, les grandes banques… pour définir les besoins et faire travailler ensuite les entreprises sur les outils adéquats. Comment l’université s’inscrit-elle dans cette chaîne ? O. R.  : C’est une image qui convient. Il s’agit bien pour nous de complémentarité entre les différents acteurs. Nous abordons la question du point de vue fondamental de la recherche mais avec un transfert immédiat, avec un programme d’accompagnement, vers les entreprises du cluster. L’Université capitalise sur le rapprochement opéré depuis 3 ans avec le Pôle judiciaire de la Gendarmerie nationale (PJGN) installé à Pontoise. Photographies  : Neway Partners
Dans le domaine de la sécurité, le Val d’Oise dispose à la fois des compétences académiques et d’entreprises de pointe. Il y a là les ingrédients d’un pôle d’excellence. Nous travaillons à le développer. Regroupés avec les autres établissements de Cergy-Pontoise au sein de Paris Seine Initiative, nous avons été lauréats du programme d’excellence I-Site (Initiatives Science, Innovation, Territoires, Economie). Or parmi les 3 axes stratégiques présentés, il y avait « Risque, Sécurité et Société » Nous voulons que notre campus international devienne par ailleurs un véritable terrain d’expérimentation pour tester nos recherches en partenariat avec des entreprises, dans ce domaine. Quels projets sont-ils en cours ? O. R.  : On aborde la question en décloisonnant sciences humaines et sciences expérimentales. Par exemple, pour étudier les phénomènes de radicalisation sur les réseaux sociaux, les sciences expérimentales qui travaillent sur l’intelligence artificielle vont se mettre au service des SHS (sciences humaines et sociales). Pour comprendre les langages qui cachent la radicalisation, il faut la compétence de linguistes. Une dizaine de thèses sont en cours en lien avec la sécurité au sens large  : toxicologie, diagnostic rapide sur des scènes de crime… G. M.  : Oui, il est important de ne pas se focaliser sur la technologie au détriment de l’aspect humain. C’est notamment pourquoi, dans notre conception de la sécurité, nous plaçons, et finançons, les actions qui relèvent de l’accès au droit et l’aide aux victimes, de la prévention de la récidive. Nous savons qu’il est plus difficile de trouver le financement de thèses de SHS que d’un outil technologique. Dès 2016, le Département a ainsi décidé de cofinancer deux thèses, à hauteur de 40 000 euros par an pendant 3 ans, dont l’une sur ce thème de la lutte contre la radicalisation. Photographies  : Neway Partners Gilles Menat Conseiller départemental en charge de la sécurité Finalement, le Val d’Oise apparaît très actif dans le domaine de la sécurité O. R.  : On a toute la chaîne de valorisation au sein du Val d’Oise. On part de la recherche qui permet de comprendre les phénomènes, ensuite on les traduit en outils, et on forme les personnes destinées à les utiliser. Souvenez-vous qu’aux JO de Londres il y avait pénurie de techniciens de sécurité, il faut mieux préparer ceux de 2024 à Paris. L’université met en place de nouvelles formations, diplômantes et certifiantes, dans ce domaine en pleine expansion. Nous avons aussi des structures qui donnent des avantages aux entreprises pour les financements, mais elles ne sont pas suffisamment connues du tissus industriel. Il y a dans le Val d’Oise de quoi faire un pôle d’excellence comparable à ceux qui existent en Bretagne et à Lyon. G. M.  : C’est d’autant plus légitime que du point de vue économique l’Ile-de-France est la première région dans ce domaine. Elle concentre près d’un tiers de la filière avec plus de 400 entreprises et quelque 130 000 emplois. Une étude prospective est en cours pour définir les besoins et les métiers de demain dans la filière pour permettre à notre population d’y accéder. On trouve dans le Val d’Oise les leaders du secteur  : la filiale de Safran, Idemia, qui regroupe depuis 2017 Morpho et Oberthur Technologies, spécialisée dans la sécurité digitale, Thales, Sagem Défense Sécurité… SSV permet à des démonstrateurs de tester sur notre territoire des solutions innovantes à l’échelle de grands équipements et infrastructures. Le Val d’Oise met bien tout en œuvre pour assurer la sécurité des citoyens et attirer l’investissement économique dans un « territoire de confiance ». Le magazine du Conseil départemental VAL D’OISE.19



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :