[95] Val d'Oise n°16 mar/avr 2018
[95] Val d'Oise n°16 mar/avr 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de mar/avr 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Val-d'Oise

  • Format : (190 x 250) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 11,0 Mo

  • Dans ce numéro : sur les chemins de l'insertion.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ÇA FAIT DÉBAT EN PLUS Un peu plus sur Valérie Simonet Vivre en Creuse depuis toujours… c’est possible ! C’est en tout cas le parcours de Valérie Simonet qui a grandi dans son département et ne l’a quitté que pour poursuivre ses études. Élue pour la première fois dans sa commune de Bussière-Nouvelle en 2001, Maire en 2008, adjointe depuis 2015, elle s’est engagée ensuite dans sa communauté de communes et en est toujours Vice-Présidente. Elle fut suppléante d’un des députés de la Creuse de 2007 à 2012, Conseillère générale depuis 2004, et Présidente du Département depuis avril 2015. Elle a présidé, de 2010 à 2015, l’association « Pays Combraille en Marche », et c’est là qu’elle s’est rompue aux démarches d’innovation, initiant, avec des méthodes de design des politiques publiques, un nouveau projet de territoire « La Fabrique des Futurs ». Retrouvez l’interview complète sur valdoise.fr 18. VAL D’OISE Le magazine du Conseil départemental Pourquoi est-il nécessaire de transformer l’action publique ? Gérard Seimbille  : Le monde change et les attentes de nos concitoyens à l’égard de leurs services publics évoluent. Notre collectivité a aujourd’hui l’ardente nécessité de se poser la question de la qualité des services qu’elle rend aux Valdoisiens. Nous devons répondre à leur exigence d’efficacité, de transparence et de rapidité, et adapter nos dispositifs et nos processus de travail en conséquence. C’est une dynamique d’amélioration continue que nous avons engagée, avec nos concitoyens et les collaborateurs du Conseil départemental, avec qui et pour qui nous devons relever le défi de la transformation de nos politiques publiques.Nous devons aussi considérer les contraintes du budget départemental ; nous devons atteindre ces améliorations sans engager de dépenses supplémentaires ! Y a-t-il une différence pour la mettre en œuvre dans « l’hyper-ruralité » ? Valérie Simonet  : L’enjeu majeur en Creuse est de retrouver un dynamisme démographique et économique. Innover, cela semble faire appel à des méthodes moins conventionnelles, qui demandent Utiliser des méthodes de design, créer un labo d’innovation dans le plus petit département de Nouvelle Aquitaine, parmi les plus âgés et les moins peuplés de France, est en soi innovant ! C’est un pari fou, qui inverse les tendances passées et bouleverse les mentalités. Valérie Simonet Présidente du Conseil départemental de la Creuse de nouveaux formats, plus souples, qui s’adaptent plus aisément à l’écosystème local. Un département rural est souvent très homogène, et caractérisé par une densité démographique basse. Ainsi, tout fonctionne en réseau, tout le monde se connaît. Les échanges, les partenariats, sont d’autant plus facilités. Amener de l’innovation dans la déclinaison de politiques publiques, souvent co-construites, devient un nouveau mode de « faire ensemble, avec plus d’intelligence ». Nous sommes en train de diffuser ces idées et pratiques, progressivement ; cela recueille l’assentiment progressif des élus, déjà bien au-delà de mes attentes. Quels chantiers avez-vous engagés ? G. S.  : Depuis 2011, l’Assemblée départementale a initié des chantiers ambitieux, pour lesquels elle a appliqué de nouvelles méthodes de travail, plus collaboratives, où Valdoisiens et agents sont les premiers concepteurs. La Maison départementale des personnes handicapées a été la première à en bénéficier  : accueil bien plus adapté, prise en charge individualisée plus rapide. Même si beaucoup reste à faire, les délais de traitement des dossiers ont diminué de près d’un tiers entre 2011 et 2016, Photographies  : Valérie Simonet Conseil départemental de la Creuse
Les résultats obtenus dans le Val d’Oise en quelques années, dans l’accueil des personnes handicapées comme dans le gaspillage alimentaire, montrent la pertinence des méthodes utilisées. Mesurer l’impact de nos politiques est une condition pour améliorer les services aux Valdoisiens. Gérard Seimbille Vice-Président du Conseil départemental du Val d’Oise alors que les demandes augmentaient dans la même proportion. D’autres projets ont suivi  : sur la santé des jeunes, sur l’accompagnement des allocataires du RSA ; nous avons réduit de 25% le gaspillage de pain lors d’une expérimentation sur deux collèges. Imaginez, à l’échelle des 111 collèges ! Actuellement, nous testons de nouvelles solutions de mobilité pour les habitants du Vexin. Présentez-nous le Projet pour la Creuse V. S.  : « L@ Creuse 2.0\23 » a l’ambition de créer un nouveau modèle pour la ruralité en rompant avec une certaine vision du passé. La proposition du Président de la République est de faire de notre département un laboratoire expérimental pour les territoires hyper-ruraux. C’est assez enthousiasmant pour, enfin, sortir des vieux clichés, et s’engager pour inventer les routes et les collèges du futur, les services de demain, innovants et connectés. Investir et s’investir deviennent deux piliers corrélés, entre acteurs publics et citoyensusagers. La coopération est le pivot de notre démarche  : des lieux, des missions et des moyens financiers fléchés sur des projets structurants et ambitieux. Cet objectif, nous allons le décliner dans la création d’un laboratoire d’innovation publique, fondé sur une gouvernance partagée. À quelles conditions l’action publique peut-elle se transformer durablement ? G. S.  : L’amélioration de services demande d’innover dans la manière de concevoir nos actions. C’est un réel changement de culture. Et cela demande d’accompagner les changements de pratiques professionnelles. Photographies  : Gérard Seimbille Neway Partners Le Département s’est doté d’un cursus de formation interne en ce sens, qui met l’accent sur l’empathie, l’observation, l’écoute, l’excellence opérationnelle, la mesure des impacts et de l’efficacité. Le Département est aujourd’hui reconnu au niveau national pour la dynamique d’innovation qu’il a engagée. Il faut qu’elle se diffuse au-delà. C’est pourquoi nous partageons notre expérience, en organisant chaque année une journée intitulée « Futurs composés – Réinventer les services aux publics », en publiant des livres, en réalisant un MOOC dédié à l’innovation publique et au design, un cours en ligne accessible à tous et gratuit, qui a séduit déjà plus d’un millier d’inscrits. V. S.  : Je suis parfaitement en accord avec cette vision. Il en va d’un changement de culture et de posture de l’administration publique. L’évaluation et le partage d’expériences sont également indispensables. Les actions mises en œuvre par le Département du Val d’Oise sont, à ce titre, exemplaires. L’accent doit être mis sur le management de l’innovation dans nos organisations. Le droit à l’erreur doit être reconnu et la créativité des agents libérée et encouragée. Il faut se donner les moyens de créer ces espaces de « dérivation » bienveillants, et les protéger, car ils sont, par essence, fragiles. Enfin, pour emporter l’adhésion du plus grand nombre, il faut dépasser les effets de communication et apporter les « preuves du concept », par des résultats immédiats et visibles. En somme, convaincre ! À commencer par les premiers garants de cette transformation durable, nous, les élus... Le magazine du Conseil départemental VAL D’OISE.19



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