[95] Val d'Oise n°15 jan/fév 2018
[95] Val d'Oise n°15 jan/fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de jan/fév 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Val-d'Oise

  • Format : (190 x 250) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : le Val d'Oise trace sa route !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ÇA FAIT DÉBAT EN PLUS Un peu plus sur Edouard Dequeker Enseignant et chercheur, il a étudié à l’ENS de Cachan, à l’Université d’Oxford et à l’ESSEC. Ses thèmes de recherche portent sur la géographie économique, l’économie et la gouvernance urbaines, ainsi que la sociologie des entreprises. Il intervient en particulier à la Chaire d’Economie urbaine de l’ESSEC sur le Grand Paris et ses enjeux économiques et institutionnels. Il est également en charge d’un enseignement sur l’Economie des services urbains pour le Master Management Urbain et Immobilier. Sa thèse, en cours au CSO de Sciences Po Paris, porte sur « Paris et Londres  : trajectoires de croissance et gouvernances métropolitaines (1990-2015) ». Retrouvez l’interview complète sur valdoise.fr 18. VAL D’OISE Le magazine du Conseil départemental Pourquoi y a-t-il débat autour de la Métropole du Grand Paris ? Anthony Arciero  : La question de la métropole est venue s’insérer dans le Grand Paris dont les projets avaient été lancés en 2009. Mais alors que ceux-ci étaient porteurs d’un avenir ambitieux pour les Franciliens, la métropole n’est qu’une complication organisationnelle, une intercommunalité monstrueuse  : 131 communes, Paris, toute la Petite Couronne (92,93 et 94) et 7 communes de la Grande Couronne dont Argenteuil pour le Val d’Oise. Edouard Dequeker  : Le découpage territorial de la métropole est aberrant  : elle finit au nord en mordant sur une piste de Roissy ! Son périmètre actuel, c’est le degré zéro de la pensée territoriale. Rappelons que son origine est un pur calcul politique, qui s’est finalement retourné contre ses concepteurs avec les municipales de 2014. Pour dépasser cela, commençons par accepter l’idée que pour un territoire exceptionnel il faut un dispositif exceptionnel. La région parisienne, c’est 1/5 e de la population et 1/3 du PIB du pays. Elle ne peut relever que d’une organisation spécifique, et certainement pas de l’application d’un « modèle lyonnais ». À l’heure actuelle, la Métropole du Grand Paris est trop grande pour devenir véritablement opérationnelle et trop petite pour être une structure stratégique. Je plaide pour que le périmètre stratégique soit régional. Edouard Dequeker Ingénieur de recherche à la Chaire d’Economie urbaine de l’ESSEC Comment cette organisation doit-elle s’articuler avec la Région Ile-de-France ? A. A.  : La configuration, et l’existence même de la métropole, sont contestées depuis l’origine par les élus du Val d’Oise car elle priverait une fois de plus nos territoires de moyens. Pourquoi développer une nouvelle structure, multiplier le nombre de fonctionnaires, quand il en existe déjà qui assurent ces missions ? Il ne peut en résulter que concurrence et cacophonie. La métropole doit fusionner avec la Région pour porter le développement sur tous les territoires, quelle que soit leur distance au centre de Paris. E. D.  : Partons pour une fois du fonctionnement économique et démographique du territoire pour en esquisser son organisation, plutôt que de plaquer un système institutionnel de manière aveugle. L’« aire urbaine » de Paris, c’est-à-dire l’espace des déplacements domicile-travail, incarne bien davantage la réalité « fonctionnelle » du territoire que l’agglomération morphologique – la continuité du bâti – dont la zone dense est l’échelle de la Métropole du Grand Paris. Or cet espace de plus de 12 millions d’habitants épouse assez bien le périmètre administratif de la Région, qu’il dépasse même en particulier au nord. Partons de cela.
Avec le Grand Paris, les Valdoisiens étudieront dans un campus tourné vers l’international, accèderont aux 130 000 emplois nouveaux de Roissy avec un métro automatique et se promèneront dans une nouvelle forêt de 1000 hectares. Anthony Arciero Conseiller départemental chargé de l’Emploi, chargé du Grand Paris auprès de la Présidente La Région serait donc le bon périmètre pour la métropole ? E. D.  : Oui, je plaide pour que le périmètre stratégique soit régional. Mais à mon sens l’institution doit également évoluer dans son fonctionnement interne et devenir davantage une échelle de coordination des strates inférieures. Quelle serait cette coordination intermédiaire entre les communes (la proximité) et cet échelon stratégique ? Les Départements ? De grandes intercommunalités ? Je laisse la question ouverte, même si je note que les Départements franciliens (hors Paris) ont la spécificité d’avoir un même poids démographique, entre un million et un million et demi d’habitants. Et donc une taille critique suffisante pour intervenir à la fois en appui des communes et en même temps assez de distance pour se coordonner à un échelon régional. Les lignes de transports sont importantes pour l’organisation de nos territoires ; or le projet de ligne 17 (Saint-Denis/Roissy) serait menacé. E. D.  : Si le Grand Paris Express est sans doute difficilement finançable dans son ensemble et au calendrier présenté, il serait catastrophique de sacrifier la ligne 17. En particulier si l’argument est celui du Charles-de-Gaulle Express, projet privé de liaison directe Paris/Roissy, mais à 25 euros environ ! Comparer ces deux lignes, c’est réduire la ligne 17 à la desserte de Roissy pour Paris et oublier son rôle de désenclavement des territoires traversés, et donc rester dans la logique séculaire où la ville-centre concentre toutes les richesses et repousse les équipements servant dans ses banlieues. Le Président de la République a sans doute Photographies  : Neway Partners là une bonne occasion de montrer s’il est le « président des riches » ou le « président des pauvres ». A. A.  : Les deux lignes ne sont pas incompatibles ; l’une, la ligne 17 doit servir aux habitants du secteur, aux employés de la plateforme, la seconde concernera les touristes qui arrivent à Roissy et veulent gagner Paris, comme c’est le cas dans tous les grands aéroports internationaux. Mais la première est évidemment la priorité. Les Valdoisiens manquent d’accès à la plateforme aéroportuaire ; ils n’y représentent que 15% des employés. C’est pourquoi Arnaud Bazin, comme sénateur, a fait voter en novembre un amendement contre le prêt d’1,7 milliard d’euros par l’État pour la seconde ligne. L’État ne peut pas d’un côté menacer des projets publics pour des raisons budgétaires et trouver des milliards pour des projets privés identiques. Quel impact pour l’est du Val d’Oise ? A. A.  : Compte tenu de la situation criante des villes au regard du chômage, la réalisation de la ligne 17 est une question de justice sociale avec tous les projets économiques qu’elle conditionne ou permet. En outre, depuis plusieurs années, tous les Franciliens payent une taxe finançant les chantiers du Grand Paris, aussi bien le Parisien que le Valdoisien. La ligne 17 est la seule pour le Val d’Oise. Le Parisien dispose de métros et de bus partout et en permanence, alors que le Survillois que je suis a un RER toutes les demi-heures, pour le même prix. C’est l’illustration exacte de ce que vous décrivez avec pertinence comme une certaine conception du rapport du centre à la périphérie. Et c’est un argument supplémentaire pour comprendre qu’il faut examiner toutes les affaires qui concernent l’Ile-de-France au niveau – et à ce niveau uniquement - de la Région Ile-de-France. Le magazine du Conseil départemental VAL D’OISE.19



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