[94] Val de Marne n°371 novembre 2019
[94] Val de Marne n°371 novembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°371 de novembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Val-de-Marne

  • Format : (230 x 285) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 14,0 Mo

  • Dans ce numéro : handicap, l'affaire de tous.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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54 GUSTAVE-ROUSSY MÉMOIRE BOUGER EN VAL-DE-MARNE Institut du Cancer, à Villejuif. 1947. 1939-2019 Le CNRS a 80 ans La création du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) date de 1939. Retour sur l’histoire de ce fleuron de la recherche française, dont de nombreux laboratoires sont installés en Val-de-Marne. il y a 80 ans, très exactement. Le 19 octobre 1939, le président C’était de la République Albert Lebrun appose sa signature sur un décret créant le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Six semaines plus tôt, l’Allemagne nazie a envahi la Pologne et, dans la foulée l’Angleterre puis la France lui ont déclaré la guerre. Le CNRS voit ainsi le jour dans l’odeur de la poudre et est chargé de conduire la mobilisation scientifique. Mais ces circonstances tragiques n’expliquent pas à elles seules sa naissance. Depuis longtemps, l’organisation de la recherche fait débat dans notre pays et la fondation du CNRS marque l’aboutissement de plusieurs décennies de réflexions et de réformes. Les débuts compliqués de l’organisation scientifique Dès le lendemain de la guerre franco-prussienne de 1870, les scientifiques français se rassemblent autour d’un constat  : notre L’éclateur de particules de l'ancien laboratoire de synthèse atomique des époux Joliot-Curie, à Ivry-sur-Seine. pays n’a pas été vaincu sur le champ de bataille, mais devant la paillasse. Louis Pasteur l’exprime avec vigueur dès 1871  : « Les malheurs de la patrie » sont liés, à ses yeux, « à la faiblesse de notre organisation scientifique ». Hélas, si des initiatives sont prises par les pouvoirs publics – réforme de l’enseignement supérieur, hausse des budgets des établissements tels que le Collège de France ou le Muséum national d’histoire naturelle –, voire par les savants eux-mêmes – Louis Pasteur inaugure son célèbre Institut en 1888 –, les leçons ne semblent pas avoir été tirées du désastre. En août 1914 encore, la France aborde la Grande Guerre dans l’impréparation la plus dramatique. Et, au lendemain du conflit, Maurice Barrès peut toujours se ARCHIVES DÉPARTEMENTALES DU VAL-DE-MARNE
ARCHIVES DÉPARTEMENTALES DU VAL-DE-MARNE Gustave Roussy entouré de son équipe, à Villejuif. lamenter  : « La misère de nos laboratoires est quelque chose de prodigieux ». À partir de 1926, le physicien Jean Perrin, qui vient d’obtenir le prix Nobel « pour ses travaux sur la discontinuité de matière », reprend le flambeau. Avec le soutien d’une fondation mise en place par le baron Edmond de Rothschild « pour le développement de la recherche scientifique », il crée à Paris un laboratoire de pointe, l’Institut de biologie physico-chimique (IBPC). L’entreprise est révolutionnaire  : entre les murs de l’IBPC œuvrent des physiciens, des chimistes et des biologistes qui reçoivent pour seule mission de percer « les secrets les plus dissimulés de la Nature » dans la plus grande liberté… il s’agit en somme d’un institut interdisciplinaire, avant même que le mot n’entre dans l’usage. Au même moment, une initiative similaire voit le jour à Villejuif  : le médecin Gustave Roussy vient d’y créer un institut du cancer qui participe d’un rapprochement similaire, en associant la recherche médicale et la pratique clinique, jusque-là très nées. Les chercheurs passent à cloisonl’action. Le Front populaire impulse le développement de laboratoires Grâce au succès de ces entreprises, Jean Perrin parvient à obtenir du gouvernement Herriot la création d’une Caisse nationale des sciences en 1930, puis du gouvernement Daladier, trois ans plus tard, celle d’un Conseil supérieur de la recherche, destiné à donner les orientations d’une politique scientifique en gestation. Mais c’est la victoire du Front populaire en 1936 qui marque surtout un tournant. Léon Blum et Jean Zay, son jeune et visionnaire ministre de l’Éducation nationale, s’engagent résolument en faveur de la recherche. Avec leur soutien, Jean Perrin, désigné à la tête d’un sous-secrétariat à la recherche, peut multiplier les initiatives. Sur le territoire de l'actuel Val-de-Marne en particulier, cette politique volontariste et inspirée conduit à la création de plusieurs grands laboratoires, dont celui de synthèse GUSTAVE-ROUSSY Vue aérienne de l’hôpital Gustave-Roussy. Années 1980. atomique dirigé par Frédéric Joliot-Curie à Ivry, et celui des traitements chimiques piloté par Georges Chaudron à Vitry. Le département est ainsi associé de très près à la genèse aussi bien qu’aux tout premiers pas du CNRS. Pour regrouper l’ensemble de ces structures, l’idée de fonder un « organisme unique », national et ambitieux, est évoquée. Mais la chute du gouvernement Blum et les tensions internationales croissantes de la fin des années 1930 retardent sa création  : le CNRS, enfant posthume du Front populaire, ne voit le jour qu’en octobre 1939, et subit, sept mois plus tard, avec l’ensemble du pays, la débâcle, l’exode puis les difficultés et les persécutions de l’Occupation. Ses deux pères fondateurs en sont eux-mêmes les victimes. Jean Perrin s’éteint en effet le 17 avril 1942 en exil à New York. De son côté, Jean Zay, emprisonné par le régime de Vichy dès 1940, ne voit sa captivité prendre fin, le 20 juin 1944, que pour être lâchement assassiné par des miliciens fanatisés. Seule la Libération permet de relancer la dynamique qu’ils ont insufflée  : fort d’une quarantaine de laboratoires et d’un millier d’employés en 1945, le CNRS est aujourd’hui partie prenante dans plus d’un millier d’unités de recherche en France et à travers le monde, et compte 33 000 chercheurs, ingénieurs et techniciens. DENIS GUTHLEBEN Historien, attaché scientifique et membre du comité pour l’histoire du CNRS MÉMOIRE 55 BOUGER EN VAL-DE-MARNE Jean Perrin. LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT N°371 NOVEMBRE 2019 CNRS



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