[94] Val de Marne n°371 novembre 2019
[94] Val de Marne n°371 novembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°371 de novembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Val-de-Marne

  • Format : (230 x 285) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 14,0 Mo

  • Dans ce numéro : handicap, l'affaire de tous.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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20 ENTRETIEN CONSTRUIRE LE VAL-DE-MARNE « Je me battrai toute ma vie » Clarisse Agbegnenou, quadruple championne du monde et vice-championne olympique de judo, Champigny-sur-Marne Bio express 1992, naissance à Rennes, le 25 octobre. 2013, première médaille d'or internationale aux championnats d'Europe (puis en 2014 et 2018). 2014, premier titre de championne du monde (puis 2017 et 2018). 2016, vice-championne olympique à Rio (Brésil). 2019, 4 e titre de championne du monde, qui fait d'elle la judoka française la plus titrée lors des Mondiaux. La même année, elle devient marraine et ambassadrice de l’association SOS Préma, et marraine de l’opération Sport féminin toujours. Clarisse Agbegnenou, 27 ans, a remporté fin août son 4 e titre mondial en judo (-63 kg), faisant d’elle la Française la plus titrée en championnat du monde. Athlète d’exception, licenciée au Red Star club Champigny (RSCC), elle revient sur sa performance, sa quête de titre olympique, avec beaucoup de retenue, et évoque ses autres combats, notamment pour l’égalité femmes-hommes. Vous êtes la judoka française la plus titrée en championnats du monde. Comment le vivez-vous ? Je ne me suis pas rendu compte tout de suite que j’avais marqué les esprits. Après les Mondiaux, j’avais besoin de m’exiler. J’étais fatiguée, la finale a été très éprouvante, psychologiquement et physiquement, onze minutes de combat au total… mais cette victoire que je suis allée chercher, c’est la plus belle. Durant mes vacances, j’ai croisé des enfants qui avaient des étoiles dans les yeux en me voyant. Cela m’a touchée. Cette victoire contre la Japonaise Miku Tashiro, au Japon, c’est une belle répétition à moins d'un an des Jeux olympiques de Tokyo… Cela veut dire que toutes les choses que je travaille vont dans le bon sens. Psychologiquement, je me sens forte. Je pratique le yoga, la méditation, cela m’aide à aller plus loin dans ma préparation. Mais je veux faire les choses progressivement. Je n’ai pas besoin de courir après les points pour me qualifier pour les JO, je les ai déjà. Je vais donc avoir le luxe de choisir mes compétitions. Je les prendrai pour me jauger, plus décontractée, je saurai pourquoi je les fais. Le judo est important, mais pas l’essentiel dans votre vie, comparativement à d’autres sportifs de haut niveau... Je pense que c’est lié à ma personnalité, je veux profiter de la vie. Le judo n’est pas tout pour moi. Ce qui ne veut pas dire que je ne suis pas impliquée à l’entraînement et en compétition ! Au quotidien, je compartimente tout. Je n’ai pas de problème pour mettre le judo entre parenthèses afin de passer du temps avec ma famille et mes amis. Et quand ce sera le moment de m’y remettre, je délaisserai alors un peu ma famille. Cela peut paraître égoïste, mais ainsi, je suis présente partout. Et lorsque j’entre sur le tatami, là encore, je compartimente, je suis en mode guerrière. Des fois, je me fais peur quand je me vois à la télé [rires] ! Vous avez rejoint le RSC Champigny en 2016. Comment vous y sentez-vous ? Ce que j’aime au RSCC, c’est que c’est un club simple, très « famille ». Il me soutient et dispose d’une section féminine de haut niveau, avec un bon groupe de filles, ce qui me va
A. BONNEMAISON Clarisse Agbegnenou  : « Je n’ai pas de problème pour mettre le judo entre parenthèses afin de passer du temps avec ma famille et mes amis. » très bien ! Philippe Sudre, son président, œuvre pour cela, et ce n’est pas rien. J’ai la chance aussi d’être soutenue par le Département. En retour, je me donne à fond sur le tapis pour eux. C’est un échange. En dehors des tatamis, vous êtes marraine de l’association SOS Préma. En quoi consiste votre engagement ? Mon frère jumeau et moi sommes nés prématurés à sept mois. J’ai eu des complications  : problèmes de respiration, malformation rénale. J’ai été opérée, puis suis tombée dans le coma. Les médecins étaient très pessimistes, mais je m’en suis sortie. Cela m’a construite et explique peut-être mon côté battant. Depuis quelques mois, je suis marraine de SOS Préma. Je suis retournée à l’hôpital de Rennes où je suis née. J’ai pu échanger avec des parents d'enfants prématurés qui le voulaient bien, soutenir les mamans, assister à des regroupements avec des infirmières… Quand cela sera possible, en fonction de mon planning, j’aimerais aller davantage dans des hôpitaux de France pour aider. En me battant pour vivre, j’ai développé ce goût pour la vie. Je pense qu’aujourd’hui, je me battrai toute ma vie. ENTRETIEN 21 CONSTRUIRE LE VAL-DE-MARNE Vous êtes également impliquée dans l’opération « Sport féminin toujours » qui milite pour la reconnaissance des droits des athlètes femmes… C’est un sujet qui me tient à cœur. Je veux montrer que les femmes peuvent réaliser de belles et de grandes choses, sur le plan sportif ou professionnel. On est trop souvent lésées parce que femmes. Nous sommes moins bien rémunérées que les hommes, lorsque l’on veut faire une pause pour avoir des enfants, c’est compliqué de revenir, alors que le travail est un droit. Je milite pour que les hommes s’occupent plus des enfants et qu’on échange les rôles. Nous sommes aussi compétitives que les garçons. Le judo est d’ailleurs assez exemplaire en matière d’égalité femmes-hommes  : mêmes primes, mêmes compétitions, même temps de combat, mêmes qualifiés au Jeux olympiques. Dire qu’une fille est moins forte qu’un garçon, c’est faux... Aujourd’hui, on me le dit moins, voire pas du tout [rires]. Que pensez-vous de l'initiative d’une autre Campinoise, Estelle Yoka-Mossely, championne du monde et olympique de boxe, « Boxer les préjugés » ? Ce que fait Estelle, c’est très bien. On a besoin de femmes cadres, qui ont réussi. Elle a eu un enfant et elle est revenue à la boxe. On se connaît, nous sommes allées au Jeux de Rio ensemble, elle était aussi au RSC Champigny. Peut-être qu’un jour, nous ferons quelque chose ensemble dans le Val-de-Marne sur l’égalité femmes-hommes. Pour l’instant, j’œuvre de mon côté pour que les femmes soient plus considérées. Ce sont les choses qui me parlent le plus en tant que femme. PROPOS RECUEILLIS PAR ANTHONY LARCHET LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT N°371 NOVEMBRE 2019



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