[94] Val de Marne n°328 novembre 2015
[94] Val de Marne n°328 novembre 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°328 de novembre 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Val-de-Marne

  • Format : (230 x 285) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 16,4 Mo

  • Dans ce numéro : le département se mobilise !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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20 ENTRETIEN CONSTRUIRE LE VAL-DE-MARNE A. BONNEMAISON « Il n’y a pas de frontière entre nos bénévoles et les personnes aidées » Fabien Martin, secrétaire général de la fédération du Val-de-Marne du Secours populaire français 1974, naissance à Boulogne- Billancourt (Hauts-de-Seine). 1995, acteur de l’initiative du SPF « Paris, capitale de l’humanitaire ». 1996, participe à plein-temps à l’activité du SPF en tant qu’objecteur de conscience. 2005, élu secrétaire général de la Fédération SPF du Val-de-Marne. 2007, mission humanitaire au Pérou suite au séisme. Le Secours populaire français fête cette année son 70 e anniversaire. Pour Fabien Martin, c’est l’occasion de rappeler l’origine de ce mouvement et les valeurs qui l’animent  : « Notre raison d’être, c’est d’accompagner les personnes en difficulté et non de faire de l’assistanat. » Le Secours populaire français (SPF) a été créé en 1945 sous l’impulsion d’anciens résistants et déportés. Aujourd’hui, vous signez des partenariats avec LVMH, marque de luxe. Le SPF a-t-il changé ? Pour ce qui concerne le partenariat que vous citez, il concerne le domaine de la culture car notre organisation, depuis son origine, a toujours accordé une grande importance à ce que les personnes en difficulté puissent, elles aussi, accéder aux propositions culturelles et aux loisirs. La journée des oubliés des vacances en été, une de nos actions, très connue du grand public, a par exemple été initiée dès 1979. C’est d’ailleurs à partir de cette époque que le SPF a pris une tout autre dimension dans le paysage et s’est affirmé progressivement comme une grande association capable de porter des événements d’envergure nationale. Et effectivement, le SPF a considérablement changé au cours des trente dernières années. Quel a été le déclencheur ? Pour une large part, cela peut être rapporté à la décision de décentraliser fortement les activités du SPF. La création de comités locaux agissant de manière autonome à l’échelon communal et la recherche de nouveaux partenariats plus qualitatifs ont démultiplié notre action. Le SPF est devenu une véritable association nationale, très connue du grand public, alors qu’auparavant, son audience était plus confidentielle. Ce 70 e anniversaire est l’occasion de faire une pause. L’occasion de regarder en arrière, voir d’où nous venons et réfléchir à la manière dont nous combinons nos valeurs, notre place dans le paysage national, avec toujours la volonté de réunir toutes sortes de gens. Quel fil relie selon vous le SPF de 1945 et celui d’aujourd’hui ? Pour moi, c’est tout d’abord la notion d’engagement. De nombreux dirigeants de l’ancêtre du SPF, le Secours populaire de France et des colonies créé en 1936, lui-même issu du Secours rouge international né en 1923, ont été fusillés ou déportés pendant la Seconde Guerre mondiale. Notre président, Julien Lauprêtre, ancien résistant, incarne cette histoire. En second lieu, c’est la conception que nous nous faisons de notre action solidaire. Elle n’a rien à voir avec l’assistanat. À ses débuts d’ailleurs, l’action du SPF était tournée vers des militants ou leurs familles qui éprouvaient des difficultés matérielles liées à leur
J. PAISLEY Chaque année, au mois d’août, plus de 400 personnes âgées sont invitées par le Secours populaire à passer une journée festive chez « Gégène », à Joinville-le-Pont. engagement. C’était une solidarité qui liait des personnes ayant les mêmes valeurs, partageant les mêmes combats. On était donc très loin de la charité. Dans une société qui change, des valeurs telles que solidarité et engagement sont-elles immuables ? Pour la solidarité, je pense que nous avons gardé l’état d’esprit d’origine et nous faisons en sorte qu’il n’y ait pas de frontière entre les bénévoles et les personnes aidées. Les familles que nous accueillons, nous les accompagnons de telle sorte qu’elles soient actrices de leurs parcours. Nous ne le faisons pas à leur place. De même, pour ce qui concerne nos actions en matière de loisirs ou vacances, nous demandons aux personnes aidées une participation financière symbolique. Notre raison d’être, c’est d’accompagner les personnes en difficulté et non de faire de l’assistanat. Sur la notion d’engagement, c’est plus complexe. Aujourd’hui, les nouveaux bénévoles préfèrent se limiter à un engagement ponctuel, à la carte et il devient difficile de confier des responsabilités permanentes telles que secrétaire général ou trésorier d’un comité local. Quelles conséquences cela entraîne pour vos activités ? Dans le Val-de-Marne, nous disposons de quinze comités locaux du SPF. Nous sommes capables de maintenir cette implantation avec nos 1 800 bénévoles, dont près de 500 peuvent être considérés comme des membres très actifs. En revanche, nous ne disposons pas des forces suffisantes pour créer des comités locaux alors que ce serait indispensable. Par ailleurs, notre démarche d’accompagnement des familles et des personnes, et donc tout le travail autour de l’accès à leurs droits, nécessite beaucoup d’investissement humain. Il faut prendre le temps d’écouter les personnes, leur donner les bonnes informations pour qu’elles ENTRETIEN 21 CONSTRUIRE LE VAL-DE-MARNE fassent leurs démarches seules ou avec un soutien. L’aide d’urgence, c’est avant tout un moyen de faire connaissance. Vous avez été amené à effectuer des missions à l’étranger. Qu’est-ce que cela vous a apporté ? Au Salvador, j’ai travaillé sur un projet qui permet à des familles victimes de la chute des cours du café de se reconvertir dans l’agriculture maraîchère biologique grâce à un partenariat que nous avons établi avec notre partenaire la Fundesyram. Ce partenariat connaît un développement nouveau avec le lycée français de San Salvador - installé sur place - dont les enseignants et les familles d’élèves achètent les produits. Ce qui me frappe, c’est qu’il est plus facile là-bas de favoriser le retour à une certaine autonomie. Ici, la marche est plus haute car elle passe nécessairement par le retour à l’emploi, ce qui est difficile dans un contexte de chômage de masse. PROPOS RECUEILLIS PAR STÉPHANE LE PUILL LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT N°328 NOVEMBRE 2015



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