[94] Val de Marne n°321 mars 2015
[94] Val de Marne n°321 mars 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°321 de mars 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Val-de-Marne

  • Format : (230 x 285) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 12,7 Mo

  • Dans ce numéro : budget 2015 du département.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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22 REPORTAGE CONSTRUIRE LE VAL-DE-MARNE CINÉMA/EFFETS SPÉCIAUX SolidAnim redonne la vue aux réalisateurs Ivry-sur-Seine. Tout comme les acteurs jouant sur un fond bleu ou vert, les réalisateurs sont amenés à filmer des scènes sans savoir à quoi elles vont ressembler, les effets spéciaux étant intégrés après le tournage. La start-up SolidAnim a trouvé la solution pour redonner la vue aux réalisateurs. La nouvelle a valu une sacrée notoriété à SolidAnim en-dehors des milieux spécialisés. L’un des papes du cinéma à effets spéciaux, le réalisateur James Cameron, a sollicité les compétences de la petite entreprise située à Ivry-sur Seine et sa technologie baptisée SolidTrack pour les futurs Avatar 2, 3 et 4. Dans l’univers très concurrentiel des images de synthèse, ce succès en appelle d’autres et depuis, l’un des trois associés, Isaac Partouche, s’est installé aux États-Unis pour créer une filiale et recruter de nouveaux clients. Jean-François Szlapka, autre associé avec Emmanuel Linot, se souviendra toujours de cette journée très particulière à Los Angeles. « LightstormEntertainment, la société de production de James Cameron, a invité l’année dernière les entreprises de pointe en ce domaine à présenter leurs solutions techniques. Chacun avait son stand et James Cameron passait de La société SolidAnim emploie une dizaine de salariés permanents et étoffe ses effectifs en fonction des commandes. l’un à l’autre pour assister à une démonstration. À l’issue, on était perplexe car il n’avait posé aucune question. Mais son équipe nous a rapidement avertis qu’il avait retenu notre expertise. » Spécialistes de la motion-capture À l’origine de la création de SolidAnim et plus tard du logiciel SolidTrack, la rencontre sur les plateaux de tournage en France et à l’international de nos trois futurs associés qui sont employés alors comme spécialistes de la capture de mouvements. Car si un nombre important de décors fantastiques est mis au point sur ordinateur pour les films à grand spectacle, l’incarnation de personnages et la création de mouvements réalistes ne peuvent se passer d'acteurs en chair et en os. Bardés de capteurs de mouvements, les comédiens sont filmés sous tous les angles et sur un fond SOLIDANIM
A. BONNEMAISON A. BONNEMAISON Bardés de capteurs de mouvements, les comédiens sont filmés sous tous les angles et sur un fond neutre. SolidAnim a également pu placer sa technologie dans des films comme Warcraft ou le second volet de Alice au pays des merveilles. « Dès qu’il s’agit de mêler sur un tournage une partie virtuelle et une partie réelle, nous rendons un vrai service à l’équipe », affirme Jean-Franneutre. « C’est sur la base de ce savoir-faire, la motion-capture, que s’est fondée la société avec la volonté de mettre un pied également dans la création de décors ou tout au moins l’extension de décors, raconte Jean-François Szlapka. Par la suite, nous avons eu l’idée de SolidTrack et on a embauché des développeurs informatiques qui, sur nos indications, ont élaboré le logiciel. » SolidTrack propose un service qu’Isaac Partouche qualifie de révolutionnaire. « Immédiatement, les réalisateurs peuvent voir les effets spéciaux parce que tous les fonds verts et les fonds bleus sont remplacés par des vrais décors 3D avec un aspect réaliste. Pour le réalisateur, c’est un peu comme s’il retrouvait la vue, c’est assez magique. » Les professionnels parlent de pré- visualisation et, au-delà, du confort apporté au réalisateur, cette nouvelle technologie a également un intérêt économique. « Notre prévisualisation ne correspond pas au résultat final projeté devant les spectateurs mais c’est un brouillon de qualité qui va aider à éviter les dépassements de budget, explique Jean-François Szlapka. Car les équipes n’auront plus à retravailler les décors virtuels pour qu’ils soient bien calés sur les mouvements des comédiens. ». En effet, comme le réalisateur voit le décor, il peut donner au comédien des indications sur le tournage afin qu’il corrige son jeu et ses déplacements. « De plus, notre technologie va se perfectionner, assure le dirigeant de SolidAnim, et un jour l’image vue par le réalisateur sera très proche de celle proposée aux spectateurs. » Convaincre les réalisateurs français A. BONNEMAISON REPORTAGE 23 CONSTRUIRE LE VAL-DE-MARNE L’école Méliès conjugue nouvelles technologies et cours traditionnels pour former des « artisans de l’image animée » comme l’explique son directeur, Franck Pettita. Dans ses nouveaux locaux, cofinancés par le Conseil général, l’école abrite une salle dédiée à la capture de mouvements et équipée du logiciel SolidTrack. çois Szlapka. Ainsi, le réalisateur Robert Zemeckis a travaillé avec SolidAnim pour The Walk, un film qui retrace les exploits d’un funambule avec notamment une scène où il déambule entre les tours jumelles du Word Trade Center, aujourd’hui disparues. Si, pour l’heure, les clients sont essentiellement anglo-saxons, les dirigeants de SolidAnim espèrent convaincre les réalisateurs français de faire appel à eux-mêmes si leurs productions sont moins gourmandes en effets spéciaux que les films spectacles à gros budgets. « N’oublions pas qu’il y a de nombreux effets spéciaux qui ne se voient pas, comme par exemple l’extension de décors, avertit Jean- François Szlapka. Notre technologie peut aider à la relocalisation de certains tournages en France, aujourd’hui souvent réalisés dans les pays de l’Est, en concurrençant sur le plan économique les coûts du tournage en extérieur. De toute façon, le mélange du réel et du virtuel, c’est l’avenir. De plus, je suis persuadé que des émissions de plateau et des séries françaises feront également appel très prochainement à notre savoir-faire. » STÉPHANE LE PUILL LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL N°321 MARS 2015



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