[93] Seine Saint-Denis n°76 déc 18/jan 2019
[93] Seine Saint-Denis n°76 déc 18/jan 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°76 de déc 18/jan 2019

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : Conseil Général de la Seine-Saint-Denis

  • Format : (195 x 280) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : la Seine-Saint-Denis mérite l'égalité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Ils et elles font la Seine- Saint-Denis Les gens un peu condescendants qui me disent  : « Ah ! tu es de banlieue… », ça ne m’a jamais touché. Je le revendique d’ailleurs… » Thierry Escaich, organiste et compositeur
Thierry Escaich Complètement musique Académicien, quatre Victoires de la musique classique, ce Rosnéen de toujours a composé plus de 120 œuvres. Il écrit aujourd’hui son deuxième opéra. Propos recueillis par Isabelle Lopez Photographies Académie des beaux-arts/B. EymannQu’est-ce qui a changé depuis que vous êtes académicien ? Rien. Mais à titre personnel, cela m’ouvre sur d’autres arts  : peinture, sculpture, photographie, vidéo. Il y a YannArthus-Bertrand pour la photo, Aymeric Zublena pour l’architecture, Patrick de Carolis pour les médias. On discute et on échange beaucoup. On a aussi un rôle de conseil auprès des politiques. Et on peut aider de jeunes artistes à travers l’attribution de bourses, de prix. Le fait que vous veniez de Rosny vous a-t-il complexé ? Sincèrement, non. Les gens un peu condescendants qui me disent  : « Ah ! tu es de banlieue… » ça ne m’a jamais touché. Je le revendique d’ailleurs. A Rosny, le fait d’avoir quelques arbres dans mon jardin, de pouvoir m’allonger dans l’herbe, je retrouve un peu de mes montagnes pyrénéennes... « La Seine- Saint-Denis est pour moi une sorte de havre de paix… » Êtes-vous attaché à la Seine-Saint-Denis ? J’y suis basé depuis que je suis né. J’en connais tous les recoins. J’ai fait mes études de musique au conservatoire de Rosny puis de Montreuil. Et j’habite toujours à Rosny-Sous-Bois. Oui, j’y suis attaché, c’est évident que ce département m’a structuré. Et même si maintenant je voyage beaucoup, il représente pour moi une espèce de havre de paix. C’est une attache presque sentimentale. Vous avez écrit avec Robert Badinter un opéra sur la condition des prisonniers. Aviez-vous déjà visité une prison ? joué en prison ? J’ai fait les deux avec Robert. C’était très très touchant. Il voulait que je connaisse le milieu carcéral pour en parler dans l’opéra. Il m’a emmené à Clairvaux, où les prisonniers sont assez durement condamnés, avec Olivier Py, le metteur en scène. J’ai aussi joué à la maison d’arrêt de Cergy-Pontoise. Les prisonniers ont travaillé des textes. Et je leur ai montré comment j’improvisais de la musique à partir de leurs écrits. Votre passion pour la musique, diriez-vous qu’elle grandit ? Toute la journée, j’ai improvisé devant mes élèves. Là, avec vous, je suis interviewé sur ma musique. Ensuite, je vais rentrer chez moi, je vais composer. Je vais voyager  : dans l’avion, je travaille, je compose. Je suis pris dans une sorte de folie où je passe d’une œuvre à l’autre, d’un continent à l’autre pour faire jouer cette musique. Elle est d’une certaine manière plus importante que moi  : je cours après, je suis un peu possédé par elle. Adolescent, j’étais passionné mais je pouvais avoir une certaine distance. Maintenant, ma vie est tellement frénétiquement basée sur la musique que je suis moi-même complètement musique. C’est assez curieux. ssd.fr/mag/c76/1844 N°76 DÉCEMBRE 2018 JANVIER 2019 SEINE-SAINT-DENIS 25



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