[93] Seine Saint-Denis n°76 déc 18/jan 2019
[93] Seine Saint-Denis n°76 déc 18/jan 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°76 de déc 18/jan 2019

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : Conseil Général de la Seine-Saint-Denis

  • Format : (195 x 280) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : la Seine-Saint-Denis mérite l'égalité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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affaires concernant très souvent des enfants extrêmement jeunes, que leur situation familiale met en péril  : violences physiques, sexuelles, psychologiques, délaissement parental ! » En matière de justice des adultes, le tableau n’est guère plus reluisant  : au tribunal de Bobigny, pourtant le deuxième de France en volume d’activité, la pénurie de greffiers est ainsi préoccupante  : 14 postes sont complètement vacants et 11 autres ne sont pas présents. « Cela revient à un déni du droit à obtenir réparation pour les victimes ou à être jugé dans un délai raisonnable pour les justiciables », tranche Sophie Combes, magistrate et déléguée locale au Syndicat de la magistrature. Même constat auprès de la protection judiciaire de la jeunesse, où Eric, responsable du syndicat SNPS PJJ, compare des données éloquentes  : « Dans le département de la Côte d’Or, on compte trois ouvriers d’entretien pour trois unités d’hébergement. En Seine-Saint-Denis, ils sont deux pour dix unités ! Résultat  : les locaux sont en très mauvais état » alors qu’ils reçoivent des jeunes qui déjà ont un sentiment de relégation. « En France, les éducateurs suivent en moyenne 25 jeunes mais deux à trois de plus chez nous, alors que nos jeunes ont besoin d’un suivi particulier à cause de l’environnement peu favorable dans lequel ils vivent. » Une bonne nouvelle  : une nouvelle unité a été créée à Saint-Ouen. Mauvaise nouvelle  : elle est toujours sans locaux après un an ! Santé à risques Du côté de la santé, on ne peut pas dire que ce soit mieux. Christophe Prudhomme, médecin urgentiste et délégué syndical CGT à l’hôpital Avicenne, parle de « situation catastrophique. Par exemple, la maternité de Saint-Denis, équipée pour la prise en charge des grossesses à risques, est un à deux jours par semaine en incapacité d’accueillir des patientes. Elle se met en situation de délestage depuis maintenant plus d’un an. Depuis les années 90, Avicenne a perdu la néphrologie, l’ORL, la chirurgie pédiatrique. Leurs professeurs sont partis à Paris et sont non remplacés. Avicenne est un CHU sans ORL, sans neurochirurgie  : quand quelqu’un fait un infarctus, on ne peut pas le prendre en charge ! On l’envoie à la clinique de la Roseraie ou au centre cardiologique du Nord. » Santé, justice, enseignement sont tous des domaines de la responsabilité de l’État. Un État qui doit garantir à l’ensemble des citoyens un même traitement, une même qualité d’accès aux services publics. Y compris pour la Seine-Saint-Denis ! 1 Le prénom a été changé 12 N°76 DÉCEMBRE 2018 JANVIER 2019 SEINE-SAINT-DENIS Véronique Decker directrice de l’école Marie-Curie, classée REP+ dans le quartier Karl-Marx de Bobigny Construire des écoles « Une politique volontariste, ce serait de décider que, dans les zones sensibles, une école maternelle prend 100 élèves, une école primaire 200, un collège 300, et de construire en conséquence. Comme disait Victor Hugo : » Une école qui ouvre, c’est une prison qui ferme ». Mais je peux vous dire que l’inverse est vrai aussi. » Hugo Pontais professeur d’EPS et responsable SNEP Il manque des piscines « La Seine-Saint-Denis manque d’équipements sportifs, de piscines particulièrement. Il arrive, comme à L’Île-Saint-Denis, que des élèves doivent faire 35 minutes de trajet pour se rendre à la piscine, cela pour un cours de 2 heures... »
Lors de la séance du 20 décembre, Stéphane Troussel a présenté un nouveau dispositif  : le compteur de dette de l’Etat. Celui-ci matérialise le montant de ce que l’Etat doit à notre département et à ses habitants. De 347 millions d’euros, l’addition continue d’augmenter encore et encore au rythme de 11 euros par seconde... Florence Jouan médecin généraliste à Aubervilliers Des médecins non remplacés « En 25 ans, j’ai vu les conditions de travail évoluer et, quand même, se dégrader. Le contexte de non-remplacement des médecins qui partent à la retraite crée de la tension, dont l’État n’a pas pris la mesure. Je tourne à une quarantaine de patients par jour, sans rendez-vous, et il m’arrive de refuser des nouveaux patients qui me sont adressés parce que je ne veux pas faire un burnout... » 3 questions à... Stéphane Troussel président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis Vous lancez un cri d’alarme en dénonçant les manquements de l’État à l’encontre de la Seine-Saint-Denis. Que se passe-t-il ? Ce cri, on le pousse depuis de nombreuses années déjà, avec des associations, des élus et des citoyens. Mais cette année, l’ampleur des défaillances de l’État nous a obligés à franchir un cap supplémentaire en termes de mobilisation. D’ailleurs, de multiples études font le même constat que nous  : le rapport de deux parlementaires (LR et LREM) démontrant à quel point les moyens mis à la disposition de la Seine-Saint-Denis sont insuffisants ; le rapport Borloo sur la politique de la ville, pointant du doigt le taux de chômage élevé auquel nous sommes confrontés ; mais aussi le rapport Cnesco sur les inégalités scolaires ou le cri d’alarme lancé par la Procureure de la République et les juges pour enfants de Bobigny. Les inégalités se cumulent les unes les autres... De plus, l’Etat n’a pas remboursé les 347 millions d’euros qu’il doit au Département. Comment cela impacte-t-il votre budget ? En effet, c’est la somme que la Seine-Saint-Denis paie à la place de l’État au titre de la solidarité nationale. Autant de moyens que nous ne pourrons pas utiliser pour développer nos politiques publiques. Nous aimerions faire encore plus pour la transition écologique, l’éducation, le sport, les solidarités ou l’accélération des transformations urbaines. Le 19 décembre, nous avons ainsi déversé 347 millions d’euros en fausses coupures devant l’Assemblée nationale, et le 20 décembre nous avons voté symboliquement un budget dit de l’égalité pour montrer à quel point cette somme pourrait donner de l’oxygène à notre budget départemental. Tradition oblige, quel est votre vœu le plus cher pour 2019 ? Si je devais n’en formuler qu’un, ce serait le vœu de l’égalité. Et je le dédie aux habitants de la Seine-Saint- Denis. Le combat contre les injustices n’est jamais achevé. Malgré les difficultés, on a de l’énergie sur ce territoire ! Que le Premier ministre et le Président de la République arrêtent de faire la sourde oreille. Nous voulons être reçus dans les meilleurs délais. Propos recueillis par Sabine Cassou N°76 DÉCEMBRE 2018 JANVIER 2019 SEINE-SAINT-DENIS 13



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