[93] Seine Saint-Denis n°75 novembre 2018
[93] Seine Saint-Denis n°75 novembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°75 de novembre 2018

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : Conseil Général de la Seine-Saint-Denis

  • Format : (195 x 280) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : l'insertion, un travail d'équipe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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tion à base de matériau x acheminés en circuit court. Les 12 salariés en insertion que compte Apij Bat ont eu l’occasion de se former récemment sur de beaux chantiers  : l’école des Boutours à Rosny-sous-Bois, réalisée en paille compressée, ou la reconstitution d’une maison préhistorique dans le parc de la Haute-Île à Neuilly-sur-Marne, sur commande du Département. Comme une famille Même impression d’humanité et de concret chez Mode Estime. En quatre ans d’existence, cet atelier d’insertion fondé à l’Île-Saint-Denis par Alice Merle, une passionnée de couture, a su trouver une utilité sociale, à la fois auprès de ses salariés et de ses clients. En remettant sur les rails des gens éloignés de l’emploi et en produisant, entre autres, des vêtements pour personnes handicapées, souvent exclues des réflexions des stylistes. Des salariés racontent comment cet atelier les a aidés à entamer « le premier jour du reste de leur vie »  : Misbahou, Comorien ayant perdu une jambe dans la guerre de son pays et aujourd’hui chef d’atelier, ou encore Victorine, arrivée en mars chez Mode Estime. « Ici, je me sens bien. C’est comme une famille. Ça m’a permis de reprendre pied, après 19 années dans l’hôtellerie qui m’ont bien cassée », explique cette femme qui a rassemblé désormais assez d’énergie pour revenir à son premier secteur d’activité, l’aide aux enfants handicapés. Un café pour un emploi Mais le Département aborde aussi la lutte pour l’insertion par d’autres versants. Au-delà des traditionnels forums pour l’emploi ou des réunions d’aide à la création de micro-entreprises, la Seine- Saint-Denis se met en quête de solutions novatrices. Comme le Café contact pour l’emploi, dont cinq éditions ont déjà été organisées dans le département*. Imaginé par un ancien cadre d’entreprise, passé lui-même par une inconfortable phase de chômage, le concept se veut là encore à taille humaine  : sur une matinée, les demandeurs d’emploi donnent rendez-vous à de possibles futurs employeurs dans un café, pour une prise de contact accordant la préférence à l’oral plutôt qu’à l’analyse de CV. « Je pense que réunir employeurs et demandeurs d’emploi dans une relation plus informelle, ça favorise l’écoute. Et ça fait revenir dans le radar des missions locales des gens qui n’y croyaient plus », estime le fondateur, Paul Landowski. Un pas après l’autre, lentement, mais sûrement. * Un 6 e Café contact pour l’emploi est prévu le 4 décembre à Bagnolet. 12 N°75 NOVEMBRE 2018 SEINE-SAINT-DENIS Abdou en insertion chez Apij Bat, à Saint-Denis Je me sens plus en confi ance « Avant mon contrat en insertion, je désespérais de trouver du boulot  : j’avais un CAP maçonnerie mais sans le permis de conduire, j’étais bloqué. Passer chez Apij m’a remis dans le bon sens. Je me sens plus en confiance qu’avant. » Roxane de Gagny, sur le Café contact de l’emploi Ça me rassure « Cette formule me plaît. J’ai eu plein d’agences de recrutement au téléphone mais on a toujours l’impression de se noyer dans l’anonymat. Là, le fait que la recherche d’emploi passe par le contact, ça me rassure. »
En haut, l’atelier d’insertion Mode Estime à l’Ile Saint-Denis. A gauche, un café contact pour l’emploi, ici à Gagny. A droite, des salariés en insertion chez Apij Bat, sur un chantier en Seine-et-Marne. Alice Merle directrice de l’association Mode Estime, à l’Île-Saint-Denis Reprendre sa vie en main « Chez Mode Estime, on utilise la couture et la création textile à des fins de valorisation et d’insertion. Pour nous, un parcours réussi, c’est quand la personne a repris sa vie en main, qu’elle n’est plus écrasée par une situation sociale ou familiale. Et des parcours réussis, il y en a beaucoup. » 3 questions à... Stéphane Troussel président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis Avec plus de 82 000 foyers bénéficiaires du RSA et un taux de précarité important, le Département est confronté à des défis humain et financier. Comment gérez-vous ? C’est un sujet de mobilisation majeur pour la Seine- Saint-Denis, département le plus populaire de France métropolitaine. Je veux d’ailleurs rendre hommage à l’ensemble des agents des services sociaux départementaux qui accueillent et accompagnent environ 300 000 personnes en situation de fragilité. Mais le mode de financement du RSA, que l’Etat avait pourtant promis de compenser, n’a cessé de se dégrader. Cette année il nous faut trouver 200 millions d’euros dans notre budget, alors que le RSA devrait relever de la solidarité nationale. C’est injuste et inacceptable car la Seine-Saint- Denis a besoin de développer son territoire, de répondre aux besoins de la jeunesse, et de faire son travail d’accompagnement pour les plus démunis. Justement, quels sont vos leviers pour aider toutes ces personnes à retrouver le chemin de l’emploi ? Continuer, et encore continuer à développer nos actions. Même si j’aurais souhaité y consacrer encore plus de moyens, nous mobilisons chaque année entre 25 à 30 millions d’euros pour des projets d’insertion professionnelle, pour élargir la palette des formations, pour ouvrir des chantiers d’insertion, de mise en stage, ou de retour à l’emploi... Nous soutenons l’économie sociale et solidaire qui se fixe pour objectif d’accueillir les personnes les plus en difficulté, mais aussi l’entreprenariat. En dépit de ses difficultés, la Seine-Saint-Denis est en pointe avec la création de 25 000 entreprises en 2017. Vous souhaitez expérimenter le Revenu de base en Seine-Saint-Denis. Avec 18 autres Départements, vous avez déposé une proposition de loi au Parlement. Où en est-on ? Malgré la création du Rmi et du Rsa il y a 30 ans, on n’a pas réussi en France à vaincre la misère. Chez les jeunes de 16 à 25 ans, le taux de pauvreté est deux fois plus élevé que dans la population générale. Un défi de plus pour nous. Avec 18 autres Départements, je propose d’expérimenter un nouveau dispositif de protection sociale, afin de garantir tout au long de la vie un revenu décent. La balle est dans le camp du gouvernement pour nous donner les moyens d’agir plus fort contre l’exclusion. Propos recueillis par Sabine Cassou N°75 NOVEMBRE 2018 SEINE-SAINT-DENIS 13



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