[93] Seine Saint-Denis n°74 octobre 2018
[93] Seine Saint-Denis n°74 octobre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°74 de octobre 2018

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : Conseil Général de la Seine-Saint-Denis

  • Format : (195 x 280) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 7,7 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre, les spectateurs à l'honneur !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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À Marville, un siècle de sports C’est l’un des plus grands complexes sportifs de la région parisienne. Depuis près de cent ans, des générations de sportifs y ont couru, joué au football, appris à nager… Et avec Paris 2024, ce n’est pas près de s’arrêter ! Avec ses six terrains de football, sa piscine, sa piste d’athlétisme, ses terrains couverts de basket, de beach volley… le parc interdépartemental des sports de Marville Saint-Denis – La Courneuve (mais les habitués disent Marville) est déjà remarquable par ses dimensions. Bien peu sont aussi grands, particulièrement en région parisienne, au prix du foncier si élevé ! Mais ce que l’on remarque lorsqu’on y pénètre, c’est cette tribune. Vaste, elle compte 3 000 places, et surtout, une architecture qui intrigue. On la dirait d’un autre temps, bien ouvragée pour accueillir des spectateurs de football… Elle témoigne du premier usage de Marville  : un hippodrome ! L’histoire remonte à 1907, au moment où celui de Saint-Ouen est voué à disparaître. La Société sportive d’encouragement qui l’exploite 30 N°74 OCTOBRE 2018 SEINE-SAINT-DENIS Par Georges Makowski Photographie Agence photographique Rol.  : BNF cherche alors de nouveaux terrains. Elle acquiert 40 hectares qui sont répartis sur les communes de Saint-Denis et, dans une mesure moindre, La Courneuve. L’endroit est en pleine expansion et bien desservi, en voiture ou en calèche côté Saint-Denis, par chemin de fer et tramway côté La Courneuve. Une tribune d’honneur au confort moderne On fait appel à André Raimbert, un architecte expérimenté qui a déjà dessiné l’hippodrome de Maisons-Laffitte et les tribunes de celui-de Saint- Ouen. Il y a de la place, on voit large  : trois pistes circulaires (pour le plat, le steeple, les haies), une piste en huit et de nombreux bâtiments, avec deux tribunes, dont la fameuse tribune d’honneur qui perdure aujourd’hui.
Les tribunes de l’ancien hippodrome font le plein pour le championnat de Paris de cross-country, très populaire alors. En 1975, ouverture de la piscine interdépartementale, avec son bassin en plein air. En décembre 1913, la revue Le Sport universel illustré ne tarit pas d’é loges  : « La qualité des pistes nous a paru parfaite », « Le pesage et ses grandioses tribunes ont fort grand air », « inspiré es à la fois de Longchamp et de Deauville et surtout du Tremblay, elles sont gracieuses d’apparence, conç ues avec un sens trè s pratique du confort moderne... ». Malgré tous ces investissements, pratiquement aucune course de chevaux n’y fut organisée, pour cause de Première Guerre mondiale et, surtout, d’un terrain trop meuble aux sabots des chevaux. Proposé pour les Jeux olympiques de 1924 Désormais inutilisé, le parc est loué au début des années 20 par une nouvelle association sportive, la Société du parc des sports. C’est à son initiative que Marville fit partie des six sites proposés pour accueillir les Jeux olympiques de Paris 1924, qui finalement se tiendront à Colombes, au stade Yves-du-Manoir. Mais des compétitions de cross se déroulent à Marville, devant un public nombreux. Une grande partie du site reste cependant inoccupée, ce qui va attirer l’attention du Greyhound Club de France. D’hippodrome, Marville va devenir cynodrome ! Venues d’Angleterre, les courses de lévriers ont de plus en plus d’audience et le site s’y prête parfaitement. La piste est aménagée pour les « courses à l’américaine », 500 m avec un lièvre électrique pour motiver les chiens ! Les tribunes sont modernisées et un restaurant est construit, avec parking pour les membres du club. Tout est prévu mais… le Mémoire ministère de l’Agriculture refuse l’autorisation de Pari mutuel, l’indispensable sésame vers la rentabilité. Et, vraisemblablement, il n’y eut pas plus de courses de lévriers que de chevaux… En 1930, le Conseil général de la Seine rachète les terrains et, trois ans plus tard, ils sont répartis entre 28 associations sportives de toute la région parisienne, telles l’Union sportive du Bazar de l’Hô tel de Ville, l’Association sportive des sourds et muets de France, le club sportif Babcock… Nouveaux statuts, nouveaux travaux Sous le gouvernement de Vichy, on prévoit d’intégrer Marville dans un vaste projet comprenant deux grands lacs relié s par une riviè re canotable, un jardin zootechnique, cinq terrains de sports, un camping, des guinguettes et des jeux populaires. Un projet colossal nommé Parc Pétain. Il ne verra jamais le jour. Après-guerre, le site connaitra de nombreux aménagements. En 1968, lors de la cré ation du dé partement de la Seine-Saint-Denis, ce parc prend le statut de parc interdé partemental et sa gestion est confié e au Syndicat interdé partemental des parcs des sports de Paris et de la Seine-Saint-Denis. Il comprend alors un gymnase adossé à la tribune d’honneur, des bâ timents vestiaires-douches, un bassin-école de natation de plein air, 14 terrains de football, un terrain de rugby. La piscine interdépartementale telle qu’on la connaît aujourd’hui a été construite en 1975. Elle comprend un bassin olympique (50 m de longueur) de plein air et, à l’intérieur, un bassin de 25m, un bassin d’apprentissage et une fosse avec plongeoirs. Nouveau centre nautique Marville a reçu de nombreux événements, sportifs ou non. Des championnats de cross de Paris à certains matches du Red Star ou du Flash La Courneuve, en passant par la Fête de l’Humanité, la fête des Bretons, les Jeux des collèges et même un France - Afrique du Sud lors du Mondial des moins de 20 ans de rugby. Le futur de Marville se profile à l’horizon des Jeux olympiques de Paris 2024. Un nouveau centre nautique sera construit pour servir de lieu d’entrainement aux équipes de water-polo. Et ensuite, ce sera à la population de Seine-Saint-Denis de profiter de ces installations olympiques, bel héritage ! Source  : Hé lè ne Caroux, Le parc interdé partemental des sports de Marville, Saint-Denis - La Courneuve. Histoire et architecture d’un hippodrome devenu parc des sports, Département de la Seine-Saint- Denis, Service du patrimoine culturel, 2016. atlas-patrimoine93.fr N°74 OCTOBRE 2018 SEINE-SAINT-DENIS 31



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