[93] Seine Saint-Denis n°46 nov/déc 2015
[93] Seine Saint-Denis n°46 nov/déc 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de nov/déc 2015

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : Conseil Général de la Seine-Saint-Denis

  • Format : (195 x 290) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : COP21 pour le climat, tous égaux et responsables !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Ils et elles font la Seine- Saint-Denis La seule chose qui m’intéresse, qui m’obsède  : je cherche le théâtre, celui qui aide la vie des gens. » Marie-José Malis, directrice du théâtre de La Commune à Aubervilliers
* Hile oC ofillog for go Zelogecfeezale Marie-José Malis Le théâtre et la vie Marie-José Malis est à la tête du théâtre de La Commune à Aubervilliers depuis un an. Rencontre avec une passionnée qui fait chaque jour du théâtre pour tous une réalité. Votre première fois au théâtre, c’était quand ? À 12-13 ans avec le collège, j’ai vu un spectacle sur la vie de Molière par une troupe locale itinérante. C’était les années 1980, un peu avant ou après le film d’Ariane Mnouchkine. J’avais été éblouie. Apprenant qu’ils jouaient dans des villages alentour, j’avais pris ma bicyclette. À la troisième représentation du même spectacle, j’avais apporté mon gros magnétophone à cassettes pour l’enregistrer. Je voulais les suivre, en fait. Dans la vie de Molière, il y avait l’idée d’une vie d’aventures. Une vie entièrement sur les routes avec le théâtre, avec l’art. Je me suis mise à y croire. Que peuvent trouver les enfants dans votre théâtre ? On croit que le théâtre est un apport culturel. Mais on se trompe. Il aide à se construire comme sujet, à apprendre à dire « je », à nommer son désir. C’est stupéfiant avec les collégiens. Sur scène, ils sont coincés. On voit tous leurs nouages, leurs difficultés à s’exprimer. Il faut lever tous les nœuds pour qu’ils arrivent à se faire confiance. Qu’ils arrivent à dire « qui je suis ». Quand on assiste à ça, c’est super beau. Et justement avec les collégiens, vous avez des projets ? Les collégiens, c’est un âge de grande détresse. C’est un public très émouvant. On fait des ateliers théâtre dans cinq établissements, on utilise aussi les dispositifs du Conseil dépar- temental (In Situ et Micaco). Et on va créer cette année une alliance avec une classe Segpa. Dans un théâtre, on rencontre des gens passionnés par leur travail, des intellectuels, des techniciens, des artistes. Des gens avec des parcours heurtés. Ils peuvent témoigner qu’ils étaient en difficulté scolaire, en rupture de ban et ont quand même réussi à orienter leur vie vers quelque chose qui vaut la peine. Ils peuvent aider les gamins à prendre confiance. Parlons de 81 avenue Victor-Hugo, une pièce d’actualité sur les migrants jouée par les migrants et soutenue par le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis. Comment est venue cette idée ? On a demandé à Olivier Coulon- Jablonka s’il voulait faire une pièce d’actualité ici. Le critère était de trouver une situation dans Aubervilliers. Il a fait un travail d’enquête qui l’a amené d’abord dans les centres de santé, puis dans les data centers et finalement il a atterri dans un squat au 81 avenue Victor-Hugo. Ils ont assisté à des réunions tenues par les « Le théâtre, c’est apprendre à dire « je », à nommer son désir. » Par Isabelle Lopez Photographie Nicolas Moulard habitants du squat. Le lieu les a beaucoup touchés, l’intensité politique et l’intelligence des gens. Ils ont proposé à ces personnes de faire du théâtre avec nous. Sur les 80 résidents, huit étaient partants. C’était génial à vivre. Que racontent ces migrants ? Ils racontent la route, la Méditerranée, comment on manque de mourir et comment on voit des gens mourir. Et comment est la vie des sans-papiers en France et l’extraordinaire hypocrisie. Le préfet pour l’égalité des chances a vu la pièce lors de la première et il a mis en place un processus sur plusieurs mois pour que les quatre-vingt migrants aient leurs papiers. Trente-six les ont obtenus. Qu’est-ce qui vous guide dans votre travail ? Chercher où est le bon théâtre. C’est la seule chose qui m’intéresse, qui m’obsède  : je cherche le théâtre, celui qui aide la vie des gens. Une grande amitié est d’ailleurs née avec des lycéens d’Aubervilliers… En effet. Après avoir assisté ici à un colloque sur Robespierre. Ces jeunes du lycée Le Corbusier m’ont dit  : « Voilà Madame, vous nous avez parlé d’égalité et nous on a décidé de l’appliquer dans notre classe. On va se donner comme objectif 100% de réussite au bac. Les plus forts aideront les plus faibles et on va mettre en place une véritable politique fraternelle et égalitaire. » Nous les avons aidés. Le samedi matin, au théâtre, on a N°46 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2015 SEINE-SAINT-DENIS 31



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