[92] HDS.mag n°27 jan/fév 2013
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  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de jan/fév 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Hauts-de-Seine

  • Format : (215 x 275) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 15,1 Mo

  • Dans ce numéro : Rodin, côté Meudon.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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38|hds.mag|n°27 - janvier-février 2013 Raphaëlle Delaunay
portrait Avec son solo Debout ! créé pour le festival Suresnes Cités Danse, La chorégraphe se lance un nouveau défi. cg92/olivier ravoire T ee-shirt orange et jogging bleu, Raphaëlle Delaunay s’échauffe avant de commencer les répétitions de sa nouvelle création pour le festival Suresnes Cités Danse. La longiligne danseuse à la coupe afro est déjà en pleine concentration dans la salle L’Aéroplane du théâtre Jean- Vilar de Suresnes. À 36 ans, l’interprète et chorégraphe originaire de Levallois a déjà une carrière bien remplie derrière elle. D’une formation de ballerine au hip hop, Raphaëlle n’a pas hésité à prendre des risques pour évoluer dans le métier. À l’âge de neuf ans, elle intègre l’école de danse de l’Opéra de Paris en qualité d’interne, puis est engagée dans le corps de ballet à quinze ans. « Je ne me suis jamais dit que c’était ça que je voulais faire de ma vie, explique la jeune femme. C’est venu en faisant. J’aimais la danse, la représentation et ça n’a fait que se confirmer avec le temps. » À l’aube de ses vingt ans, son chemin semble déjà tout tracé : elle se trouve dans la voie royale pour devenir danseuse étoile. Mais à l’occasion d’une représentation du Sacre du printemps, elle fait la connaissance de la chorégraphe allemande Pina Bausch. Et prend la difficile décision de quitter la prestigieuse institution. « C’était assez violent de rompre un fil tiré dans une seule et même direction, devenir danseuse étoile. À l’époque, je ne sais pas encore que ce n’est pas un renoncement, juste une bifurcation. » Elle part vivre en Allemagne et plonge dans l’inconnu en rejoignant la compagnie de Pina Bausch. Après trois ans d’un travail très théâtral, porté sur l’introspection, la danseuse a de nouveau des envies d’ailleurs : « Je me sentais limitée dans mon approche du mouvement. J’étais comme un cheval fougueux qui avait besoin de se défouler. » S’ensuit alors un passage par le Nederlands Dans Theater dirigé par Jiri Kylián, une référence en terme de danse néo-classique. « Encore un autre répertoire, d’une grande diversité qui participe à mon évolution. » En rejoignant la compagnie d’Alain Platel, elle amorce un nouveau virage. « Alain Platel est un accoucheur. Il nous donne les clés de la création en nous aidant à nous révéler, à nous autonomiser. » « Le programme Cités Danse Connexions organise des moments privilégiés de rencontres. La notion de déplacement me paraît importante. Sortir de nos théâtres et studios pour aller à la rencontre des jeunes générations, leur expliquer notre démarche, leur parler de notre métier, c’est comme cela que l’on forme le public de demain. Il faut qu’ils viennent nous voir aussi. Et que le théâtre soit accessible à tous. « C’est le début de sa carrière de chorégraphe. « Après trois grandes institutions, c’était la suite logique, s’exclame-t-elle. Je n’allais pas passé ma vie de compagnie en compagnie ! » Classique, moderne, néo-classique, et pourquoi pas hip hop ? « Le festival Suresnes Cités Danse est associé à ma rencontre avec le hip hop, confie l’ancienne ballerine. C’est en travaillant sur la pièce Hots Dogs puis Bitter Sugar que je commence à découvrir cette danse. Dans ma démarche, le passage d’un vocabulaire à un autre est vraiment lié au projet en cours. » Et pour perfectionner sa connaissance, la chorégraphe part en stage intensif. « Je rencontre des danseurs de qualité, le déclic se fait. Jusqu’à présent, j’avais toujours pratiqué le hip hop avec une certaine distance. Là je m’élève à un autre niveau. » Avec une discipline quasi militaire, Raphaëlle fait ses gammes. Et découvre un nouveau style : « Ce qui a particulièrement retenu mon attention, c’est la house. J’y jette mon dévolu et c’est désormais dans cette direction que je veux travailler ». Cette musique imprègne d’ailleurs le solo qu’elle prépare pour la 21 e édition de Suresnes Cités Danse. Après deux pièces de groupe au festival, la jeune femme ressent le besoin de se concentrer à nouveau sur sa danse. Debout ! est un spectacle enlevé, « un mélange de house-clubbing et de danse classique ». Un aboutissement ou une simple étape ? « Il y avait l’idée de regarder dans le rétroviseur pour essayer de se souvenir de ce que j’avais fait mais aussi de penser au présent, et de se projeter dans l’avenir. D’une certaine manière, ce solo me permet de faire le point. » Pour la suite de sa carrière, Raphaëlle n’est pas inquiète. « Le métier de chorégraphe englobe beaucoup de choses de nos jours. On est à la fois interprète, créateur, directeur artistique de nos structures, manager... » Même après plus de vingt ans en tant que professionnelle, c’est toujours la passion qui la guide. « Si j’avais vu la danse comme un métier, je me serais déjà arrêtée. » Seule dans la salle de répétition, elle répète inlassablement les mêmes gestes nouvellement assimilés. Raphaëlle Delaunay n’a jamais choisi la facilité. Et ce n’est pas prêt de changer. n Florence Mazet janvier-février - n°27|hds.mag|3



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