[92] HDS.mag n°27 jan/fév 2013
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  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de jan/fév 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Hauts-de-Seine

  • Format : (215 x 275) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 15,1 Mo

  • Dans ce numéro : Rodin, côté Meudon.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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l’expo 3 Paul Gauguin, La Fête Gloanec, 1888. ville d’orléans, musée des beaux-arts, cliché françois lauginiea Paul Sérusier, Le Bois rouge, vers 1895. La rupture avec Bernard en 1891 puis le départ de Gauguin en 1894, signent l’éclatement de la communauté. L’École de Pont- Aven jouera néanmoins les prolongations avec Sérusier, jusqu’en 1920, et Émile Jourdan, jusqu’en 1926. C’est pourquoi Hervé Duval, commissaire de l’exposition, a choisi de présenter d’une part, « les années Gauguin, 1986-1995 », d’autre part la postérité de Pont- Aven après le départ définitif à Tahiti et aux Marquises de celui qui, à l’image de Cézanne, se voulait « le primitif d’un nouvel art ». Son élève - « prophète », Paul Sérusier, sera son porte-parole dans les cercles parisiens des symbolistes et des Nabis, ces derniers choisissant comme « talisman » le c.j gorce célèbre petit format intitulé Paysage du Bois d’Amour, peint en 1888 avec la mention : « fait sous la direction de Gauguin par Paul Sérusier à Pont-Aven ». Vive la sintaize ! À Pont-Aven, 1888, est l’année de toutes les audaces. Gauguin a quarante ans, Émile Bernard vingt. L’aîné veut s’échapper de la touche impressionniste, divisionniste et de l’aspect descriptif qui caractérise son travail aux côtés de Pissarro, son maître et ami. Le « Petit » Bernard, lui, a déjà inventé le « cloisonnisme » dans l’atelier Cormon à Paris, La Fête Gloanec, un tableau manifeste En 1888, Gauguin offre, pour la fête de l’hôtesse des lieux, une « nature morte » audacieuse, tout embrasée d’un rouge orangé qui sature l’espace du tableau. Le cadrage privilégie le gros plan sur une composition décentrée, magnifiant ainsi fleurs et fruits abandonnés sur le plateau d’une table. Cette toile traduit bien l’esprit bon enfant qui règne à l’auberge de Marie-Jeanne Gloanec pendant les années Pont-Aven, celles où les peintres dits « frondeurs », en marge de l’art officiel, travaillent avec ferveur autour de Paul Gauguin et d’Émile Bernard. La plupart sont hébergés chez Gloanec ou dans le voisinage et leurs toiles décorent la salle à manger de l’auberge, à la manière des ex-voto, du sol au plafond. Tel un manifeste au ton familier, La Fête Gloanec illustre la nouvelle pensée picturale portée par Gauguin et Bernard. La composition est vue en surplomb, annulant ainsi tout effet perspectif, bannissant l’ombre et le modelé (hormis deux poires et une pomme, un hommage à Cézanne ?). Fleurs, figues et citrouilles sont réduites à des à-plats de couleurs cernés d’un trait noir. Gauguin assigne à son rouge feu la mission de relier, d’unifier les éléments éparpillés de cette « vie silencieuse » … qui pourrait bien masquer une déclaration enflammée ! Présenté par Gauguin sous la signature de « Madeleine B. », comme si la jolie Madeleine, sœur d’Émile Bernard, en était l’auteur, l’audacieux tableau aurait ainsi eu davantage de chance d’être accepté. Noyau historique de l’exposition, La Fête Gloanec est l’un des tableaux emblématiques de l’École de Pont-Aven. ■ A. St-M. avec son ami Louis Anquetin. Aux côtés de Van Gogh, il a peint Les Ponts d’Asnières avec cette technique : la couleur est posée en larges à-plats unis, cernés d’un trait noir comme pour les émaux cloisonnés, les vitraux ou les estampes japonaises. « La ligne, c’est la couleur, vive la sintaize ! », tel sera le credo breton de Gauguin, non comme un but en soi mais comme le moyen d’exprimer sa liberté, son monde intérieur, le pouvoir de « tout oser ». C’est en 1888, à son retour à Pont-Aven, que s’opère le fructueux dialogue entre Bernard et lui : leurs recherches esthétiques sont parallèles, le tableau n’est plus une copie de la nature mais une « synthèse de sensations, l’idée que l’on en garde dans l’esprit ». ■ Alix Saint-Martin www.mairie-rueilmalmaison.fr Catalogue aux éditions Cornet 36|hds.mag|n°27 - janvier-février 2013
Visionnez notre entretien avec Roberto Calasso sur votre tablette numérique et video.hauts-de-seine.net langue étrangère. C’est un écrivain avec lequel on établit tout de suite un rapport intime. À l’époque de Baudelaire, il n’y a personne de comparable en Italie. Ce qui me fascine, c’est une constellation qui commence avec l’opposition Delacroix/Ingres et qui continue tout au long du XIX e siècle. L’influence de Baudelaire y est omniprésente. livre Reliures rares cg 92/olivier ravoire « Suivre Baudelaire à la trace » Roberto Calasso a remporté le prix Chateaubriand 2012 avec une réflexion sur la « vague Baudelaire » et ses conséquences sur l’art et la littérature. La Folie Baudelaire semble inclassable. Est-ce une biographie ou un essai ? Ni l’un ni l’autre. Ce n’est pas une biographie car l’on passe d’un thème à l’autre sans préoccupation de faire quelque chose de complet. Ce n’était pas mon idée de suivre pas à pas la vie de Baudelaire. Ce n’est pas non plus une étude sur Baudelaire. C’est plutôt une séquence où l’on suit les traces du poète, un chemin qui mène jusqu’à nous-mêmes. C’est un livre où l’élément de narration est essentiel. Il laisse aussi la place à la réflexion, à l’analyse détaillée, ce qui lui donne l’aspect d’un essai. D’où vient votre intérêt pour les artistes français du XIX e siècle ? C’est une passion que j’ai depuis toujours. Baudelaire est le premier poète que j’ai lu dans une En quoi Baudelaire se rapproche de Chateaubriand ? Chateaubriand est l’écrivain qui est au commencement d’un changement majeur dans le système nerveux de la littérature française. Avec lui, on abandonne la sécheresse du XVIII e siècle. Tout au long de son œuvre, on retrouve un style nouveau qui trouve son apogée dans les Mémoires d’Outretombe. Un style de pensée, mais aussi de vie, auquel Baudelaire était très sensible. Finalement, que retient-on de Baudelaire ? Tout. Avec Baudelaire, un nouveau clavier de la sensibilité apparaît qui se propagera jusqu’à nous. C’est ce qu’on appelle la vague Baudelaire. Pourtant, l’auteur a toujours refusé le terme « avant-garde ». Car si le mélange d’éléments dans sa prose est nouveau, le poème en lui-même respecte les formes traditionnelles. Comme l’écrivait Victor Hugo, Baudelaire a donné un « frisson nouveau ». ■ Propos recueillis par Florence Mazet La Folie Baudelaire, Roberto Calasso, Gallimard, 28,50 €. Le premier étranger récompensé Doté de 15 000 euros par le conseil général, le prix Chateaubriand récompense une œuvre de recherche historique ou d’histoire littéraire, une édition critique substantielle ou une fiction fondée sur des travaux historiques. Les ouvrages doivent porter sur la période où vécut Chateaubriand ou sur les thèmes abordés dans ses œuvres. C’est la première fois qu’un écrivain étranger est récompensé. arch. dép. bibliothèque andré desguine/g.vannet. es Archives départementales consacrent pour L la première fois, du 18 février au 23 juin à Nanterre, une exposition à la bibliothèque André-Desguine, Cette collection de 55 000 ouvrages du XV e au XX e siècle donnée au Département il y a tout juste trente ans est l’un des joyaux de sa collection. André Desguine avait « traqué » inlassablement pendant une soixantaine d’années l’édition rare, la contrefaçon devancière, l’exemplaire soustrait à la censure. Cependant, il a su ne pas passer à côté de certaines pièces particulièrement représentatives de l’art subtil de la reliure à travers les âges. Des acquisitions récentes portant les signatures de grands relieurs (René Kieffer, Marius Michel), seront d’autre part présentées pour la première fois. En complément de l’exposition, une présentation inédite de photographies prises chez André Desguine permet de découvrir la bibliothèque telle qu’elle était véritablement « mise en scène » chez son donateur. ■ Plus d’infos sur archives.hauts-de-seine.net janvier-février - n°27|hds.mag|37



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