[91] Mag de l'Essonne n°134 novembre 2012
[91] Mag de l'Essonne n°134 novembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°134 de novembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de l'Essonne

  • Format : (142 x 189) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,5 Mo

  • Dans ce numéro : sociale et solidaire, l'économie qui profite à l'homme.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Grand angle• le Mois de l’économie sociale et solidaire Ces entreprises qui misent sur l’humain Difficile de joindre Bruno Arasa depuis qu’il est devenu PDG de l’imprimerie Hélio Corbeil. Rendez-vous avec des clients, déplacements, réponse à des commandes de dernière minute... « On est à bloc. Jamais la productivité n’a été aussi bonne », se félicite cet ancien délé gué CGT qui exerçait le métier de technicien de maintenance avant de prendre les comman - des de cette nouvelle Scop. Comprenez : Société coopérative et parti cipative. C’est grâce à ce statut que les salariés d’Hélio Corbeil ont pu racheter et sau - ver l’imprimerie historique de Corbeil- Essonnes, menacée de liquidation judiciaire. Depuis février dernier, 80 d’entre eux sont devenus associés majoritaires de l’entreprise, ce qui la met à l’abri de tout rachat extérieur. Les salariés décident désormais ensemble des orientations stratégiques de la société. Ils ont désigné collectivement l’équipe dirigeante, avec à sa tête, Bruno Arasa. « Une Scop, ce n’est pas un délire d’anarchistes, ça reste une entreprise, avec ses contraintes, ses réalités », tient à souligner le nouveau patron. Et aussi ses projets de développement : Hélio Corbeil ambitionne en effet de devenir la tête de pont d’une réflexion sur un secteur en crise. « Le papier n’est pas à mettre à la poubelle, mais il faut le réinventer. C’est aussi cela l’esprit des Scop. Retrouver une logique de partage, une réflexion sur le sens du travail. » Les coopératives, célé - brées cette année au niveau international, seraient-elles une répon - 10• Le mag de l’Essonne/novembre 2012/n°134 Elles ont un statut de coopérative, d’entreprise d’insertion ou d’association et sont présentes dans tous les secteurs d’activités, de l’industrie aux services à la personne, en passant par les nouvelles technologies et l’environnement. Le point commun de ces entreprises dites « sociales et solidaires » ? Leur moteur n’est pas la recherche du profit mais l’intérêt collectif. Et leur levier d’action, leurs salariés, qui sont associés aux prises de décisions. Exemple auprès de trois structures essonniennes qui participent au Mois de l’économie sociale et solidaire. se à la crise économique actuelle et au chômage ? En tout cas, elles sont devenues un moyen efficace de sauver des entreprises au bord de la faillite et de préserver des emplois. C’est aussi un mode de création d’entreprise à part entière, qui ne date par d’hier : la coopéra - tive de l’Union des forgerons de Méréville par exemple a été créée il y a tout juste 100 ans (lire p.12). Plus récemment, le bureau d’étu des Scoping à Massy a choisi le statut de Scop pour démarrer son activité dans le domaine du bâtiment. Résultat : plus de 350 opérations livrées et 12000 lo gements réhabilités grâce « à des projets innovants avec des salariés actionnaires extrêmement motivés dans l’entreprise », selon son PDG, Jean-Marc Morandi. Changement de décor. Au cœur de la pépinière d’entreprises Apis Déve lop - pement sur le Parc d’activités de Cour - tabœuf, la socié té Mobitic Consulting, conven tionnée « entreprise d’insertion » depuis début 2012, a mis au point un con - cept unique au monde : faire du « cloud compu ting », c’est-à-dire du stockage de données sur Internet, tout en réinsérant des personnes exclues du monde du travail. En d’autres termes, associer nouvelles techno logies et insertion par l’activité économique. « Une partie de la migration de données ne peut être effec tuée que par des êtres humains. L’idée est donc de permettre à des person nes au chôma ge, avec ou sans formation en informatique, de tra - vail ler dans un secteur très porteur qui va les tirer
vers le haut », explique Frédéric Desaunois, le dirigeant de Mobitic Consulting. Cette démarche innovante a séduit les acteurs économiques et politiques du départe - ment, car elle fait évoluer l’insertion professionnelle, trop souvent cantonnée à de la « réparation sociale », vers des métiers « à haute valeur ajoutée ». Côté innovation, l’association Voisin Malin, présente à Courcouronnes, Ris- Orangis et bientôt Grigny, figure elle aussi parmi les « pépites » de l’économie sociale et solidaire en Essonne. Le principe ? Recruter des habitants dans les quartiers populaires, les former et les envoyer sur le terrain faire du « porte-àporte pédagogique » auprès de la population sur des services de la vie quotidienne. Concrètement, ces « Voisins Malins » vont par exemple montrer aux habitants comment fonctionne un détecteur de fumée, traduisent des documents ou leur expli - quent des projets de travaux de la ville. Leurs clients sont des bailleurs sociaux, des collectivités ou des entreprises de service, comme La Poste ou Veolia. Une « solidarité utile entre voisins », qui consiste à « capter la richesse humaine des quartiers, la faire grimper en compétences et lui donner une valeur éco nomique », comme l’explique Anne Charpy, la fondatrice de cette association (lire p.12). Et qui a déjà obtenu deux prix : Créatrices d’Avenir et CréaRîf Entrepren dre Autrement, pour l’originalité du concept et son illustration parfaite de l’entrepre nariat social. Hélio Corbeil, Mobitic Consulting et Voisin Malin : ces trois entreprises emblématiques seront sous le feu des projecteurs le 9 novembre, à l’occasion du lancement du Mois de l’ESS en Essonne (lire p.12). Trois exemples parmi des centaines d’autres. Du bâtiment aux services à la personne en passant par les paniers bio ou l’intérim, l’Essonne compte en effet près de 200 entreprises ESS. Parmi les derniers-nés, le chantier d’insertion Les Potagers de Marcoussis ouvrira prochai - nement une « conserverie » où seront transformés et mis en boîte des fruits et légu mes locaux par des personnes en in - sertion. Et dans le Sud Essonne, le Conseil général vient d’adhérer à la Société coo - pé rative d’intérêt collectif (Scic) Gâtinais Bois Éner gie, première Scic départe men - tale. Objectif : organiser cette filière, de l’exploitation durable des forêts locales à la commercialisation de plaquettes de bois. De quoi se chauffer cet hiver en res - pectant notre environnement, et avec du bois made in Essonne... ess.essonne.fr À Corbeil-Essonnes, les rotatives de l’imprimerie Hélio Corbeil tournent à plein régime depuis le rachat de l’entreprise par ses salariés, en février dernier. Petit lexique de l’ESS Scop : Société coopérative et participative Scic : Société coopérative d’intérêt collectif SIAE : Structure d’insertion par l’activité économique Amap : Association pour le maintien d’une agriculture paysanne Sel : Système d’échange local Sol : Monnaie complémentaire, qui donne une dimension sociale et solidaire à l’économie RSE : Responsabilité sociale des entreprises www.atelier-idf.org Retrouvez les définitions complètes des sigles de l’ESS à la rubrique « Jargonette ». n°134/novembre 2012/Le mag L’Essonne de l’Essonne le mag•1111



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